‹ Essai sur l'architecture militaire au Môyen âgeChapitre 32 sur 34 · A R (J H I T E CT U R E M I LIT AIR E · texte numérisé non relu

A R (J H I T E CT U R E M I LIT AIR E

distance on creusa des puits permanents dans le terre-plein des bastions, pour de là pousser des rameaux de contre-mine au moment du siège, et lorsque l'on était parvenu à reconnaître la direction des galeries des mineurs ennemis, direction qui était indiquée par une observation attentive, au fond de ces puits, du bruit causé par la sape. Quelquefois encore des galeries de contre-mine furent pratiquées sous le chemin couvert ou sous le glacis; mais il ne paraît guère que ce dernier moyen ait été appliqué d’une manière régulière avant l'adoption du système de la fortification moderne.

Ce ne fut que peu à peu et à la suite de nombreux tâtonnements qu’on put arriver à des formules dans la construction des ouvrages de défenses. Pendant le cours du xvic siècle on trouve à peu près en germes les divers systèmes adoptés depuis, mais la méthode générale fait défaut; l’unité du pouvoir monarchique pouvait seule conduire à des résultats définitifs : aussi est-il intéressant d’observer comme l’art de la fortification appliqué à l’artillerie à feu suit pas à pas les progrès de la prépondérance royale sur le pouvoir féodal. Ce n’est qu’au commencement du xvii" siècle , après les guerres religieuses sous Henri IV et Louis XIII, que les travaux de fortification des places sont tracés d’après des lois fixes, basées sur une longue observation; qu'ils abandonnent définitivement les derniers restes des anciennes traditions pour adopter des formules établies sur des calculs nouveaux. Dès lors les ingénieurs ne cessèrent de chercher la solution de ce problème : Voir l'assiégeant sans être vu, en se ménageant des feux croisés et défilés. Cette solution exacte rendrait une place parfaite et imprenable; elle est, nous le croyons du moins, encore à trouver.

Nous ne pourrions , sans entrer dans de longs détails qui sortiraient de notre sujet, décrire les tentatives qui furent faites depuis le commencement du xvir siècle pour conduire l’art delà fortification au point où l’a laissé Vauban. Nous donnerons seulement, pour faire entrevoiries nouveaux principes sur lesquels les ingénieurs modernes allaient établir leurs systè-

DU MOYEN AGE

nies, la première figure du Traité du chevalier De A ille 1 . « L’exagône, dit cet auteur , est la première figure qu’on peut « fortifier, le bastion demeurant angle droit; c’est pourquoi « nous commencerons par celle-là, de laquelle ayant donné la « méthode, on s’en servira en même façon pour toutes les autres

« figures régulières (74). On construira premièrement une

« figure régulière, c’est-à-dire, ayant les costez et les angles « égaux , d’autant de costés qu’on voudra que la figure ait des

« bastions Dans cette figure nous avons mis la moitié d’un

« exagône , auquel ayant montré comme il faut faire un bastion, « on fera de même sur tous les autres angles. Soit l’angle « R HL de Hexagone sur lequel il faut faire un bastion. On « divisera un des côtés II L en trois parties égales , et chacune « d’elles en deux, qui soient H F et HQ de l’autre..., qui « seront les demi-gorges des bastions; et sur les points F et Q « soient élevés perpendiculairement les flancs FE, QM égaux « aux demi-gorges ; d’une extrémité de flanc à l’autre soit mené « EM, soit prolongé le demi-diamètre SH..., et soit fait IA « égal à l E ; après soit mené AE, AM qui feront le bastion « QMAEF rectangle, et prendra autant de défense de la cour-

1 Les Fortifications du chevalier Antoine De Ville. 1640. Chap. vm.

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