CADOC ET SES ROUTIERS
souvent justifiée par les excès auxquels ils se livraient1. Il avait rang de chevalier- ; il était châtelain de Gaillon dès 1196, lorsqu'il défendit cette place contre Richard Cceur-de-Lion et le blessa lui-même au genou d'un trait d'arbalète;!. En 1203, au siège du Château-Gaillard, il plante le premier sa bannière sur une tour de cette forteresse*. Il était donc chevalier banneret ; c'est ce qu'atteste d'ailleurs la liste des chevaliers bannerets, que renferme le Registre A de Philippe Auguste'1 : car on y voit figurer le châtelain de Gaillon.
Quoiqu'il fût lui-même banneret, Cadoc avait sous ses ordres, non des chevaliers, ni des sergents à cheval, mais des fantassins0 : les routiers, comme les Brabançons du comte de Boulogne à la bataille de Bouvines,
1. H. Géraud, Les routiers au XIII' siècle, Bibl. de l'Ecole des Chartres, 1" série, t. III, p. 417 et suiv. Guillaume le Breton, qui célèbre souvent la valeur de Cadoc et de ses routiers, reconnaît qu'ils étaient impitoyables (Philippide, VIII, 274, Cumque sua niilli rupta parcente Cadocus).
2. Cadoc se qualifie lui-même de chevalier (Ego Lambertus Cadulcus miles) dans l'acte de 1227, où il rappelle que Philippe Auguste l'a fait emprisonner pour dettes et s'engage à servir fidèlement Louis IX et Blanche de Castille, qui l'ont gracié (L. Delisle. Cartulaire normand, a" 363). Cadoc ne mourut donc pas en 1213, comme l'a supposé Géraud, oiwr. cité, p. 419.
3. Guillaume le Breton, Philippide, V, 262 et suiv. (dominas castri... Cadocus). Anonyme de Béthune, édition I.. Delisle, Recueil des Historiens de France, t. XXIV, II, p. 758 : « Li rois Richars... avoit pluisors routes, par qoi il damagoit molt la terre al roi de France, l'n routier i ot que on apeloit Markadé, qui molt fu de grant renom en celé guerre ; non porquant si le desconii sovent uns sergans le roi de France, que on apeloit Cadoc, qui autresi menoit route. Celui Cadoc fist puis li rois de France chastellain de Gaillon por son service et por sa grant proece. dont plains estoit, et si estoit il petis. » — Cadoc eut plus tard le titre de bailli de Pont-Audemer. Voir Recueil des Historiens de France, t. XXIV, I, Préface, p. 130.