‹ Essai sur l'armée royale au temps de Philippe AugusteChapitre 107 sur 201 · Ibid., n* 21. Voir Xotes critiques · texte numérisé non relu

Ibid., n* 21. Voir Xotes critiques

Chevaliers 9.511 1. 17 s.

Sergents à cheval .... 4.013 1. 11 s. 1 d.

Arbalétriers à cheval. . . 2.19(5 1. ô s.

Arbalétriers à pied. . . . 1.71!) 1. 18 s. 2 d.

Sergents à pied 10.394 1. 1 s. 5 d.

Totai 27.835 1. 12 s. 11 d.

La proportion est donc la suivante :

Chevaliers environ 34 pour 100.

Sergents à cheval .... 14 — —

Arbalétriers à cheval. . . — 8

Arbalétriers à pied ... — 6 — —

Sergents à pied — 37 — —

D'après cela, la garnison de Driencourt pouvait comprendre environ 100 sergents à pied. De même, celle de Pacy, dont la solde journalière est en moyenne de 706 deniers1, pouvait comprendre environ 30 sergents à pied ; celle de Grossœnvre, dont la solde journalière est en moyenne de 1.042 deniers-, pouvait comprendre environ 50 sergents à pied ; celles de Bourges et d'Issondnn, dont la solde a été de 535 1. 11 s. 4 d. pour 77 jours:i, c'est-à-dire de 1.669 deniers par jour, pouvaient comprendre environ 80 sergents à pied.

Philippe Auguste parait donc avoir entretenu, pendant l'année 1202-1203, environ 2.000 sergents à pied, c'est-àdire un nombre quatre fois moindre que celui auquel

1. La iolde de Pacy. du 15 septembre 1202 au l'.i juillet 1203 (Pièces justificative!;, VII. n" 8,'.). IN. 27. :,2, 711). est eu t. .ut de 903 1. K3 s. G d. (ou 21G.918 d.) pour Ôl 7 jouis, c'est-à-dire de 70 d. par jour un moyenne.

2. La solde Grossœuvre, du 15 septembre 1202 au 19 juillet 1203 (Ibid., n" 13-16,

22. 21, 2(i. 51, 69) est en tout de 1.332 I. '.) s. (5 d. (ou 319.7R8 d.) pour 307 jouis, c'està-dire de 1.042 d. par jour en moyenne. ..'), Pièces justificatives, X. n" 2.

correspondaienl les contributions versées }ir<> servientibus

par les communes, les villes et les abbayes1, mais pendant une durée quadruple, ce qui revenait au même pour la dépense et répondait mieux sans doute aux besoins du moment.

Il y a lieu de majorer un peu aussi, à ce qu'il semble, les totaux indiqués plus liant pour les autres catégories d'hommes d'armes. D'après la solde journalière de Driencourt, Pacy, Grossœuvre, Bourges et Issoudun et suivant la proportion indiquée ci-dessus pour les différentes armes, ces garnisons pouvaient comprendre 22 sergents à cheval, 15 arbalétriers à cheval et 18 arbalétriers à pied. Si l'on ajoute ces nombres aux totaux du tableau précédent, on trouve : 257 chevaliers, 2(i7 sergents à cheval, 86 arbalétriers à cheval et 133 arbalétriers à pied, soit en tout 74.'? hommes en dehors des sergents à pied. D'autre part, la garnison de Lyons-la-Forèt, dont le Compte général nous fait le mieux connaître la composition, comprenait en moyenne 1(>7 sergents à pied sur un total de 234 hommes : le nombre des sergents à pied y formait donc les 71 centimètres de l'ensemble"2. D'après

1. 24.165 livres pour 8 055 sergents. Voir ci-dessus, p. 28. Le total général des soldes en 1202-1203 est d'environ 60.000 livres. D'après la proportion que nous venons d'indiquer (p. 118). la part revenant aux sergents à pied aurait été de 22.200 livres. Le trésor royal a réalisé, à ce qu'il semble, une légère économie sur ce chapitre et surtout sur la dépense annexe des charrettes. Voir ci-dessus, p. 91.

2. En 1231, d'après le compte publié dans le Recueil des Historiens de France, t. XXI, p, 220 et suiv., l'armée royale était ainsi composée :

Chevaliers 131

Sergents à cheval 142

Arbalétriers à cheval 21

Arbalétriers à pied 86

Léquillons 44

Sergents à pied 1.600

Total 2 024

Les sergents à pied en formaient donc les 78 centièmes, c'est-à-dire plus des trois quarts.

cette proportion, à 2.000 fantassins correspondraient environ 800 hommes des antres armes.

Tout compte fait, on peut estimer qu'en 1202, l'armée à la solde de Philippe Auguste comprenait en moyenne de 2.700 à 2.800 hommes. C'est bien peu en comparaison de l'effectif de notre armée actuelle. Et cependant c'était beaucoup que d'avoir pu entretenir ainsi des troupes d'une manière régulière : c'était là une innovation d'une importance capitale, qui permit à Philippe Auguste ;de conquérir la Normandie et d'établir solidement la domination française dans cette province.

Ces troupes ne consistaient pas surtout en routiers : sans méconnaître les services que rendit Cadoc1, on remarque que sa bande ne formait qu'environ la neuvième partie de l'effectif en 1202-. Philippe Auguste, qui, au commencement de son règne, avait pris à sa solde des mercenaires étrangers, des brabançons allemands, avait compris qu'il ne pouvait faire grand fonds sur leur fidélité et les avait renvoyés1. Il jugea, avec raison, prérable d'organiser des troupes régulières avec des éléments indigènes, sur le dévouement desquels il pouvait compter. Les hommes d'armes, que cite le Compte général de 1202 comme recevant une solde du roi, ont tous des noms français, non seulement les chevaliers, comme Pierre Mauvoisin et Simon de Poissy, les sergents à cheval, comme Renaud de Cornillon et Guillaume de Beau-

1. Noir Anonyme de Béthune, Recueil des Historiens de France, t. XXIV, II, p. 7.J8 (passage cité ci-dessus, ]> 111, note :i) ; Guillaume le Breton, Philippide, VIII, 272 (Cadoc prend Angers avec Guillaume des Poches) L. Delisle, Recueil des Historiens de France, t. XXIV, I, Préface, p. 130 et suiv.

2. La somme attribuée à Cadoc et à ses routiers n'est qu'environ la 13' partie du total général des soldes.

3. Roger de Hoveden, éd. Stubbs, t. II, p. 31.") (ruttam braibancenorum Teutonieam... ejecil , .

mont, les arbalétriers à cheval comme Pierre d'Argères et maître Etienne, mais aussi les capitaines de sergents à pied, comme Jean le Grand, Ernand de Malicort, Pierre de Vailly. Un bon nombre des sergents à pied venaient de la région de Béthisy. Cadoc lui-même était bien français ; son nom suffit à le prouver', et rien n'oblige à supposer que ses routiers fussent des étrangers.

Philippe Auguste réussit donc à constituer, dans les limites où le lui permettaient ses ressources, une véritable armée nationale, attachée à la grandeur de la monarchie, et ce fut entre les mains de ce roi de génie un instrument précieux, dont il sut se servir pour donner à la France une puissance toute nouvelle.

1. En 1192-3, le doyen de l'église Saint-Aignan d'Orléans s'appclnit Cadoc. !.. Delisle, Catalogue, n' 373.

La prisée des Sergents Prisia servienluma

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