‹ Essai sur l'armée royale au temps de Philippe AugusteChapitre 66 sur 201 · Pièces justificatives, VII, n ,">2. Voir Notes critiques · texte numérisé non relu

Pièces justificatives, VII, n ,">2. Voir Notes critiques

Philippe Auguste, au folio 6, ne signale pas l'existence d'arcs ni de flèches, même à Pacy-sur-Eure : il n'y est question que d'arbalètes à étrier (baliste ad estiïf), c'està dire d'arbalètes à main ordinaires, d'arbalètes à deux pieds (baliste ad duos pedes) et d'arbalètes à tour (baliste ad tomum), c'est-à-dire de grandes arbalètes à main spéciales pour les sièges et la défense des places1.

Cet état paraît antérieur à la conquête de la Normandie : car il n'énumère que des places qui appartenaient au roi avant 1204. On trouve dans le Registre A, au folio 90 v°, un état analogue, qui est postérieur à 1204- : car il mentionne en tète Poitiers, qui fut conquis en 1204. Il n'y est question aussi que d'arhalètes à étrier, à deux pieds ou à tour, et non d'arcs ni de flèches3.

1. Cet état a été publié par Léopold Delisle, Cartulaire normand, n° 214, d'après le Registre 13 de Philippe Auguste. Nous le donnons ci-dessous, Pièces justificatives, XV, d'après le Registre A. — Sur ces différentes sortes d'arbalètes, voir Kohler, Die Entwickelung des Kriegsivesens. III, 1, p. 174 et suiv.

2. Léopold Delisle a publié (ibid.. n" 215) une partie de cet état, d'après le Registre B : il n'a reproduit cpic les articles relatifs aux places de la ^Normandie. Nous le donnons in e.vtenso ci-dessous, Pièces justificatives, XVI, d'après le Registre A.

3. M. Berger (Histoire de Planche de Castille, p. 305) pense qu'une partie des sergents à pied étaient armés d'arcs. L'ordonnance rendue par Henri II, dans les derniers jours de 1180, après Noël, au sujet des armes que devait avoir chacun de ses sujets, dans ses Etats continentaux, suivant sa fortune, attribue, il est vrai, à ceux de la dernière catégorie un gamboison (wambasiam), un chapeau de fer, une lance et une épée, ou un arc et dos (lèches (Roger de Hoveden, éd. Stubbs, t. II, p. 253 ; Gesta régis Henrici secundi, éd. Stubbs, t. I, p. 270). et le chroniqueur anglais, qui nous fait connaître cette ordonnance, ajoute que Philippe Auguste suivit l'exemple de Henri II et ordonna que ses hommes fussent armés d'une manière semblable. Mais, si l'arc faisait parfois partie de l'équipement des fantassins à la fin du xii' siècle, il ne semble pas qu'il en ait été souvent de même dans la première moitié du xin'. Déjà en 1181, l'assise des armes pour l'Angleterre ne mentionne pas l'arc et les flèches (Roger de Hoveden, t. II, p. 2G0, Gesta régis Henrici secundi, t. I, p. 278) : Omnes burgenses et Iota communa liberorum hominum habeant wambais et capelet ferri et lanceam.

De toutes les catégories de troupes mercenaires, la plus nombreuse était celle des sergents à pied (servientes pedites) ; mais c'est aussi celle dont la solde était la moins élevée.

Dates Nombre Durée Solde Total

id. 9 d. 21 1. 5 s. 3 d.

1. Pièces justificatives, IV, n" ô. — D'après la dépense totale, qui est de 53 1. 4 d. pour 1.G04 journées, la solde moyenne est un peu inférieure à 8 d. par journée : on peu! supposer que la plupart des journées ont été payées 8 d.et quelques-unes (108) 7 d. seulement.

2. Ibid., n' 10. — La solde totale est intérieure de .S d. à ce qu'elle serait, si les 88 sergents recevaient 9 d. par jour pendant 7 jours. On peut supposer que 8 d'entre eux ont reçu 8 d. pour 1 jour et 9 d. pour les autres.

Page 1