DE LA SEPTIÈME ÉDITION
Fidèle aux habitudes de toute sa vie, M. Droz , prévoyant la prochaine réimpression de YEssai sur l'art d'être heureux^ avait revu avec beaucoup de soin la sixième édition de cet ouvrage de sa jeunesse. C'est sur Texemplaire corrigé de sa main que nous publions cette nouvelle édition. L'auteur se proposait de la faire précéder d'observations assez développées sur la philosophie et sur la religion ; la mort est venue interrompre ce travail, dont nous imprimons les fragments inachevés. On lira avec intérêt, nous n'en doutons pas , ces dernières pages inspirées par un esprit toujours ferme, mais écrites d'une main défaillante ^
La famille de Tauteur a été secondée dans les soins qu^elle
M. Migiiet a bien voulu nous autoriser à publier, en tète de YEssai, la très-remarquable Notice quW a lue à l'Académie des sciences morales et politiques, dans la séance du 3 avril 1852. Les amis de cette belle littérature, qui rendait si doux les jours de M. Droz , partageront notre reconnaissance. Comme nous, ils seront heureux et émus d'entendre raconter avec tant de charme la vie si pure, si simple et si digne de l'homme de bien, du moraliste, de l'historien, dont M. Guizot a pu dire avec Téloquence qui naît de la vérité :
a C'est un beau mérite et un grand honneur que « de faire retentir d'avance, au milieu des orages de « son propre temps, la voix des honnêtes gens de la « postérité.
« Quand on a ainsi vécu sur la terre, on entre « avec confiance dans l'éternité ; mais on laisse der-
« rière soi un grand vide et de longs regrets. La gé- (( nération qui s'agite maintenant dans le monde « avec tant d'efforts, et au sein de si profondes lé- « nobres, a besoin d'avoir sous les veux des carac- « tères tels que celui de M. Droz. C'était une âme « rare, dans un état parfaitement sain* Il avait à la
a donnés h cette ôdition par M. Emile de Bonnechose. M. Droz avait une haute estime pour ses travaux littéraires, et lui por« tait depuis plus de vingt ans une afTection presque pater* nelle.
« fois peu d'ambition et beaucoup d'espéraûce; point « de fièvre et point d'abattement. 11 était modeste a pour lui-même, exigeant et fier pour Thumanité. « Sa mort n'est pas seulement un grand malheur ce pour sa famille et une perte douloureuse pour l'In- « stilut ; il était pour le pays un bel exemple moral « qui lui manquera '. »
* Discours prononcé anx funérailles de M. Droz, le mardi 12 novembre 1850.
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