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Essai sur l'art de la navigation par la vapeur

Le but qu’on se propose d’atteindre , en rédigeant cet écrit , est assez indiqué par son titre même , pour qu’il ne soit pas nécessaire d’entrer à ce sujet en aucuns éclairdssemens ; seulement on croit devoir donner, avant tout , quelque idée de l’ensemble du système de connaissances , dont on développera successivement les diverses parties. *

L'Art de la Navigation par la vapeur exige l’application de plusieurs vérités fondamentales , qu’il faut extraire de diverses branches des sciences physiques et mathématiques, rendues à ce haut degré de perfection où nous les voyons de nos jours ; aussi , les principes élémentaires qui lui servent de base et dont il est formé •par la combinaison nouvelle qu’on en a faite , sont-ils eux-mêmes très-compliqués. En effet , quels sont les arts , les sciences dont il réclame l’emploi particulier ? la théorie et la pratique des machines , en ce qu’elles ont de plus relevé } la physique des gaz et vapeurs ,

ij AVANT-PROPOS.

science toute nouvelle , dont es progrès -font tant d’hon-

neur à ses premiers investigateurs ; la pyrotechnie , ce mot pris dans sa véritable acception; enfin la construction des bâti mens flottans , qui demande une étude

profonde des hautes mathématiques et la parfaite connaissance d’une foule d’arts ingénieux.

Cependant quelque étendu et compliqué que paraisse au premier coup d’œil ce tableau , on doit le fixer sans étonnement , car la suite montrera comment oa peut descendre de ces * spéculations élevées à une pratique simple et facile, qui mette un art si éminemment utile à la portée du commun des artistes , et rende ses applications absolument usuelles ; tels sont quelques autres arts dont la théorie est plus abstraite encore, s’il est possible : il suffit de citer le pilotage.

sont qu'apparentes, on va passer à l’exposition de la division du travail , pour entrer immédiatement en matière. On donnera , dans le Chapitre premier , l’histoire

analytique de l’Art, depuis sa découverte jusqu’à cette époque , suivie d’une description des machines et bateaux à vapeur actuellement en usage. Le Chapitre second , contiendra le corps de doctr ine et quelques applications particulières à la marine militaire de France.

avant -Propos. • üj

Chaque Chapitre est suivi de notes , dont quelquesunes sont liées essentiellement au sujet , et dans lesquelles on a placé tout ce qui est expressément dû

ressort des sciences de calcul.

Ce mémoire, dont l’impression a été retardée par diverses causes indépendantes de la volonté de l’auteur, a été adressé à l’Institut dès le mois d’août 1818 : à cette époque il eût pu être d’un plus grand intérêt pour le public, car on s’occupait encore en France de l’introduction de la navigation par la vapeur; et, quoique cette branche d’industrie paraisse maintenant abandonnée dans ce pays, on peut assurer, cependant, qu’elle doit y trouver quelque jour une heureuse application; si les tentatives faites sur la Seine ont été infructueuses, on n’en doit rien préjuger contre l’art en lui-même, ni sur la possibilité d’employer avec succès, sur tout autre point, ce nouveau mode de navigation.

La marine du roi peut aussi en. retirer de grands avantages; et l’auteur garde en réserve, sur cette matière , quelques idées qu’il fera connaître à l’occasion.

Enfin, ce petit ouvrage a été lu à l’Académie des Scienèes par un de ses membres, M. C. Dupin, qui a été chargé de faire un rapport, dont cette assemblée a

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it . J^TAMT-faOPOS.

approuvé les conclusions , et que cet habile ingénieur ter* mine, en disant que ce travail est jugé digne de l'approbation de l’Académie , et qu’elle doit engager l’auteur à continuer ses recherches sur ce sujet.

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