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1. Quint. -Curt., VIII, i4- Voy. sur la Copis l'article du Dictionnaire des antiquités, de Daremberg et Saglio, où l'auteur ne réussit pas absolument à distinguer cette
arme de la Machozra.
a. Voyez les figures de l'article Copis, dans le Dictionnaire des antiquités, et les figures 3O9 à 378 du livre de M. Cartailhac.
fût reliée à la garde par une tige ; la poignée était ainsi fermée (Fig. ^27). Ce détail nous rappelle que nous avons déjà vu une disposition semblable dans les curieuses fibules du type au Jinete, fabriquées ou du moins trouvées à Palencia, et c'est l'occasion de se demander si la tête de cheval n'a pas été choisie justement en honneur de ce Jinete, ce héros cavalier qui devait être une divinité guerrière. Peut-être même est-on en droit de supposer que ce sabre était plus particulièrement un sabre de cavalerie.
On le portait sans doute à la taille, comme le montre le fragment de statue d'Elche dont j'ai donné l'image dans un autre chapitre (T. I. fig. 0*07). Cette sculpture, comme un autre fragment trouvé au Cerro de los Santos (T. I, fig. 2Ô2) prouve d'ailleurs que tous ces copides n'étaient pas aussi richement façonnées, et que la poignée pouvait en être très simple, et partant plus solide et plus pratique. Le fer aiguisé était protégé par un fourreau, sans doute en bois. Le sabre que représente la figure 425, a encore trois anneaux aplatis jouant autour de la lame1. Deux d'entre eux ont à l'arrière un anneau de suspension, ce qui prouve que l'arme ne se portait pas toujours passée dans la ceinture, à la mode des Turcs, et à la mode des personnages du Cerro que je viens de rappeler.
Mais ce qui nous intéresse le plus, c'est la décoration que portent plusieurs des glaives d'Almedinilla, aussi bien sur la lame qu'à la poignée.
Sur la lame, il peut y avoir simplement une série de lignes très menues et très finement tracées qui figurent comme un second glaive dessiné sur le premier; telles sont les lames de Madrid numéros 10^97 (Fig. ^2^) et io/(68 (Fig. 425)2. Mais exceptionnellement, le décor devient plus riche. C'est le cas du n° 10/181 (PI. X):!, peut-être le plus intéressant, quoique n'étant pas le plus beau de la série.
Ce sabre nous est parvenu bien mutilé, et c'est pour cela sans doute qu'il n'a pas attiré l'attention. En effet, la moitié au moins de la poignée a été brisée, et la lame, très oxydée, est ployée en deux. M. Cartailhac a remarqué le même fait pour des épées trouvées en Portugal, dans la nécropole
1. Le n° 10^71 a aussi conservé deux 2. Ajouter les nos io468, 10470, 10^71,
douilles, dont une est munie d'un anneau de 10472, io473, io474i 10476, 10478.
suspension. 3. Inédit.
Fie. 426 et 427. — Sabres d'Almedinilla. (.Musée de Madrid.)
d'Alcacer : «AAvezac1, dit-il, les armes étaient presque toutes déformées de la même manière, et l'on a supposé qu'elles n'avaient pu être mises en cet état qu'après avoir été passées par le feu, et alors qu'elles étaient encore rouges. Le fait est qu'elles sont généralement associées à des torques et autres objets en bronze à demi fondu ; d'autres fois, elles ont été soumises aune destruction intentionnelle, et brisées en plusieurs morceaux2 ». Le sabre en question n'est pas un exemple unique pour la station d'Almedinilla ; j'ai déjà parlé d'un poignard (Fig. 4i8) et j'ai noté encore les sabres nos i8/i3q et 18/1/40 de Madrid qui sontpliés unefois, et le n° 10080 replié trois fois, en forme d'S3.
Quoi qu'il en soit, et malgré l'oxydation de la lame, on voit que la soie est décorée d'un très fin lacis de traits gravés par une menue pointe, et ce lacis n'est pas banal ; il reproduit exactement le dessin de l'une des célèbres lames de poignards d'or de My cènes, sauf les petites rosettes qui agrémentent le nœud des spirales entrelacées \
Ce décor mycénien se poursuit sur la poignée, ou pour parler plus justement, ce sont encore des dessins empruntés à l'art de Mycènes qui ornent l'encolure du cheval, du moins ce qu'il en reste. Une guirlande de spirales courant l'une après l'autre borde la garde et le côté intérieur de la poignée ; contre la lame, en travers, il reste trois zones, l'une décorée d'une ligne de zigzags, la seconde, plus large, enfermant une sorte de grecque aux bords arrondis, et la troisième un rinceau horizontal d'enroulements.
Le glaive n° 10A75 (Fig. A27 et PI. XI, à droite)5 ne porte sur la lame d'autre ornement que des lignes très fines, analogues à celle des figures l\o.[\ et 425. Mais la garde et la poignée sont aussi décorées dans
1. Avezac (Hautes-Pyrénées) où l'on a au musée d'Alcacer do Sal (0 arckeologo fouillé un antique cimetière. Voy. Bulletin português, I, p. 78, fig. 1). C'est celui, sans de la Société des antiquaires de France, doute, dont parle M. Carlailhac.
1880, p. 120 (cité par M. Cartailhac, op. 4. Perrot et Chipiez, Histoire de l'art dans
laud., p. a5o). l'antiquité, VI, pi. XVIÏ, n° 2. La lame
2. Cartailhac, Ibid., p. 252. d'Almedinilla n'est pas décorée sur toute sa
3. M. J. Leite de Vasconcellos a donné le largeur ; deux grosses nervures en relief l'or dessin d'un poignard dont la lame a été ainsi nent du côté opposé au tranchant, reployée, et qui provient d'une nécropole 5. Inédit.
pré-romaine de l'Alemtejo. Il est conservé
le style géométrique mycénien. J'ai déjà dit que cet objet appartient à la catégorie de ceux dont la poignée est composée de métal découpé à jour faisant transparent sur une matière différente, engagée par derrière. La tête même du cheval a beaucoup souffert ; elle est fort indistincte ; mais la partie métallique de l'encolure est mieux conservée. Sur la courbure extérieure on suit aisément une gracieuse cascade de spirales en forme d'S allongées, accrochées l'une à l'autre, qui simulent une crinière frisée. Sur la partie plate qui est conservée au bas du col de l'animal, je trouve autour des deux petites ouvertures nettement découpées une série de chevrons et de spirales, et, par dessous, une petite frise horizontale le long du joint de la lame, laquelle porte gravée une suite de petites palmettes réduites à deux volutes opposées, et à une feuillette dans l'angle convexe que forment en s'écartant les spirales.
Je crois ces détails, auxquels, je. pense, je suis le premier à prendre garde, d'un intérêt capital. Ils me semblent un des arguments les plus probants que j'aie encore rencontrés de l'influence de l'art mycénien en Espagne. Du reste, une fois de plus, il est bon d'affirmer que cet art a eu de longues survivances, et peut-être ces sabres ne sont-ils pas d'une très lointaine antiquité. Mais peu importe, l'essentiel est actuellement d'établir, avant de fixer une chronologie certaine, que l'art ibérique, dans ce qu'il a de meilleur, a de profondes racines hors d'Espagne, jusque clans la Méditerranée orientale1.
Il reste à parler d'un dernier glaive d'Almedinilla, dont la lame est de décoration très commune, de simples lignes accentuant la forme de la soie, comme nous en avons déjà vu; mais la poignée diffère absolument de style, comme de motif, et elle trouble tout d'abord celui qui l'étudié (Fig. 4 26 et PI. XI, à gauche). C'est le numéro io/iGo de Madrid: il est utile d'affirmer qu'il a bien été trouvé avec les autres, et fait partie du même lot. Ici, la tête de cheval est remplacée, à l'extrémité du pommeau, par un protome d'animal ailé, une sorte de panthère dont la gueule est largement ouverte, dont les oreilles sont dressées, dont le cou est percé de points noirs figurant le pelage d'un fauve, dont les ailes
1. Je rapprocherai volontiers ce décor des dron dont j'ai parlé au chapitre précédent
sahres andalous des dessins de l'anse de chau- (fig. 378).
éployées sont striées de nervures qui les font ressembler à des feuilles. La partie droite, contre la garde, est une sorte de grille àjour, qu'occupe, dans un cadre surmonté d'une palmette légère, un très élégant rinceau. A première vue, il semble que l'on soit transporté fort loin de l'Ibérie. Le dragon ou la panthère a un faux air de monstre arabe ou persan ; le rinceau fait pensera quelque ingénieux travail de la Renaissance. Cependant l'œuvre est bien authentique et espagnole, et il faut ajouter, antique, rien ne permet d'en douter. En effet le monstre, comme le rinceau, est en fer, peut-être seulement ce fer a-t-il été doré ' ; l'ajoura ge du métal pour laisser voir une autre substance disposée par-dessous pour servir de fond, est un procédé technique qui semble exclusif aux ateliers d'Almedinilla; enfin, ces ornements sont à coup sûr contemporains de la lame, faits pour elle, et cette lame est absolument de la même forme que toutes les autres, et ornée de lignes exactement semblables à celles du plus grand nombre. De toute nécessité il faut donc admettre que cette arme de luxe est de la même fabrique que toutes les autres ; que le dragon est une imagination ibérique du décorateur, que le rinceau est inspiré par quelque beau rinceau grec ou romain, de même que la jolie palmette. Et l'œuvre est une de ces œuvres composites, mais toujours originales, fruit d'une longue pratique des modèles grecs, telles qu'en ont exécutées aux heures bonnes de leur inspiration les armuriers aussi bien que les architectes, les sculpteurs, les joailliers et les céramistes2.
i. La remarque est de M. Cartailhac, qui du reste n'est pas affirmatif.
3. J'ajoute pour mémoire que les armuriers ibères ont connu les procédés de l'incrustation métal sur métal, procédés qu'ils avaient peut-être empruntés aux Mycéniens. En effet, M. Cartailhac signale une longue lance d'Almedinilla (Musée d'artillerie, à Paris, Cartailhac, op. Laud., p. 25o, fig. 36),
dont la douille est ornée de filets en bronze incrustés et M. Salazar, d'Alcalâ-la-Real, en possède une autre, de même provenance, tout incrustée d'argent. J'ai recueilli moimême, au Cerro de l'Amarejo, un tout petit fragment, d'arme probablement, où sur deux faces parallèles se voit un bout de rinceau d'argent incrusté dans le fer. Je l'ai donné à M. le P1' Canovas, de Lorca.
uand on étudie l'architecture, la sculpture, les industries de la terre cuite et du métal de l'Espagne primitive, on trouve, sans beaucoup chercher, des monuments qui semblent nés d'eux-mêmes dans le pays, sans l'intervention d'aucune influence étrangère, que les indigènes ont conçus et fabriqués d'instinct, cédant aux appels de la nécessité matérielle, sociale ou religieuse, et qui reflètent sincèrement l'état de leur âme enfantine et barbare.
Il n'en est pas de môme pour la numismatique ; on peut dire, quoique l'affirmation ait quelque chose de paradoxal, qu'il n'y a pas de monnaies ibériques; j'entends que les Ibères, à l'enfance de leur civilisation, n'ont pas eu l'idée de battre monnaie métallique. Sans doute le commerce a pu et dû se faire à l'origine au moyen d'échanges en nature ; mais ce procédé trop primitif n'a certainement pas duré longtemps, et les Ibères ont eu de bonne heure des monnaies, au sens le plus général du mot, c'est-à-dire des objets fiduciaires représentatifs de valeurs déterminées ; il est même probable que c'étaient de pclites barres d'argent ou de bronze fondu, comme certaines populations du centre en faisaient encore usage au temps de la conquête romaine, et même deux siècles plus tard, selon le témoignage de Strabon que confirment d'assez nombreux spécimens retrouvés '. Mais l'idée ne leur semble pas être vomie de donner à
i. E. Hiïbner, Arqueologia de Kspana, p. 201.
leur argent ni à leur bronze la forme et l'aspect de pièces, ni de les orner de ces signes distinctifs qui en sont la marque et la garantie. Le plus ancien monnayage de l'Espagne est phénicien et grec. L'industrie numismatique est tout entière d'importation, et d'importation assez récente. C'est un point que les études et les recherches des savants espagnols, Delgado et deBerlanga, ou étrangers comme Lorichs, AloïssHeiss, Boudard, Zobel de Zangronitz, ont établi avec la dernière évidence.
Les plus anciennes monnaies frappées en Espagne sont celles d'Emporia?. Les numismates ont facilement démontré qu'elles appartiennent au système monétaire de sa métropole Marseille, comme celles de Marseille appartenaient au système de sa métropole Phocée. Les petites pièces d'argent, grosses comme des lentilles, avec ou sans légende, que la colonie a mises d'abord en circulation, sont du système dit phocéen ; puis les drachmes, de forme plus régulière, de plus grand diamètre, les divisions de la drachme qui vinrent ensuite en usage, sont du système attique1. Rhode, l'autre comptoir grec du golfe de Rosas, à l'embouchure du rio la Muga, peut-être plus ancien que le comptoir d'Emporiœ2 (s'il est vrai que des colons de l'île de Rhodes touchèrent avant les Phocéens marseillais la côte de l'Ibérie), Rhode n'a que des monnaies du système attique, et par conséquent n'a battu monnaie que quelque temps après Emporiœ. Enfin le monnayage de la troisième ville certainement grecque de la côte, de Dianion, plus récent encore, est du même système. Or le système attique, introduit ainsi en Espagne, a été, comme il était naturel, accepté par toutes les cités qui, à l'exemple des colonies grecques avec lesquelles elles étaient entrées en relation, voulurent avoir leurs monnaies. Je ne parle pas seulement des très nombreuses cités qui conclurent des accords monétaires avec Emporiœ et lui empruntèrent purement et simplement ses types avec ses coupures3, cités
i. Pour les monnaies d'Emporiae, voyez en 3. Voir au sujet de ces monnaies, toutes
particulier la monographie que M. Botet y de bronze, Delgado, Nuevo metodo, III, pi.
Sisos a écrite de cette ville. CXXX, nos 130-189. Toutes les légendes de
2. Voyez sur son histoire Delgado, Nuevo ces monnaies sont en caractères ibériques, et
metodo de clasificacion de las medallas c'est pour cela que les attributions n'ont pas
autonomas de Espaha, III, p. i32 et s. encore été clairement établies. (Gelestin Pujol y Camps).
que par malheur on n'a pu jusqu'à présent identifier avec certitude, mais de toutes celles qui eurent des monnaies autonomes, et dont les types ont été maintes fois reproduits, par exemple dans les ouvrages devenus classiques de M. Ileiss, Delgado, de Lorichs et Zobel de Zangronitz.
Les colonies phéniciennes n'ont eu des monnaies autonomes qu'après les colonies grecques, lors de la conquête carthaginoise ; ce furent Cadiv et Ebusus qui donnèrent l'exemple; mais, conséquence très rationnelle de l'importance qu'avait eue le monnayage des villes grecques, ces monnaies hispano-phéniciennes, ou plutôt hispano-puniques appartiennent au système attique ; c'était du reste le système que les Carthaginois avaient eux-mêmes introduit en Sicile, ce qui lui a valu quelquefois
Fig. A28. — Chrysaor sur des monnaies d'Emporife.
le nom de punico -sicilien. Le seul point où l'influence des conquérants se fait sentir, est que les Emporitains modifient légèrement le type de revers de leurs monnaies courantes ; à Pégase, symbole trop purement hellénique, ils substituent un cheval ailé dont, par un caprice bizarre, la tète est formée par le corps d'un enfant, un petit Eros sans doute, qui se plie en deux, de façon que sa main vienne saisir le bout de sa jambe tendue (Chrysaor) (Fig. /128). Mais seules les effigies des monnaies d'Ebususont quelque chose de phénicien ; c'est un Cabire, comme on dit d'ordinaire, ou plutôt un démon oriental, une sorte de Bès difforme et grotesque qui occupe le droit de la pièce, tandis que le revers est orné d'un taureau marchant. Quant aux efïigies de Cadix, elles sont purement grecques.
Ainsi les Ibères ont connu le monnayage, et peut-être aussi la monnaie, grâce aux Grecs et aux Phéniciens. Leur ont-ils demandé des leçons, et en ont-ils bien profité?
Le premier point n'est pas douteux, bien qu'il y ait intérêt à l'établir rigoureusement ; le second problème demande quelque discussion.
D'abord, s'il est certain que le plus grand nombre des monnaies d'Emporiae et de Rhode, et beaucoup des monnaies des villes qui conclurent avec Emporiae une alliance monétaire sont de facture purement grecque, il est certain qu'à Emporiae même, je ne dis pas seulement dans la ville sœur, dans la ville indigène d'Indica, mais dans la ville grecque, si l'on veut dans la région où les Emporitains étaient maîtres au point de vue numismatique, il y eut des ateliers où travaillèrent des graveurs indigènes sous la direction des graveurs grecs.
Delgado a insisté en termes pressants sur ce fait que toutes les monnaies emporitaines à légende grecque n'ont pas été frappées à Emporiae, et qu'il suffit pour s'en convaincre d'examiner quelques séries. Ainsi, ditil, « depuis la troisième période1, nous voyons les Indigènes2 frapper des monnaies d'argent imitées avec plus ou moins de goût artistique des drachmes emporitaines au type du cheval au repos, et introduire en plusieurs de ces copies la légende grecque plus ou moins altérée. La frappe ibéro-grecque continue pendant la troisième période, traverse la quatrième avec des œuvres relativement correctes, comme sont les numéros 83 et 84 trouvés à las Ansias, et finit avec la fin du monnayage d'argent emporilain, ajoutant au type différents symboles. Les observations que nous avons faites depuis dix ans sur ce terrain, partout plein de souvenirs de la cité morte, nous ont tellement convaincu de l'existence de divers centres de fabrique de drachmes grecques dans la province de Gérone, qu'à observer seulement le dessin de quelques-unes
i. Delgado a divisé le monnayage d'Em- mière guerre punique,
poriae en dix périodes. La troisième va de 2. Habitants d'Indica.
l'an a3o avant J.-G. jusqu'au début de la pre-
des monnaies de la dernière époque, nous devinons souvent sur quel territoire elles ont été trouvées. » Par exemple la monnaie n° 89 dont la tête de Diane, par le style caractéristique de son dessin, ne peut être confondue avec une autre, n'a pas été frappée à Emporiœ. « Il est possible que quelques-uns de ces centres de monnayage aient été des ateliers helléniques établis en divers lieux d'exploitation de notre riche montagne ; mais quoi qu'il en soit, au simple examen de beaucoup de drachmes emporitaines à légende grecque se révèle clairement leur fabrication ibérique ' » .
On peut s'en rapporter sur ce point à un numismate si bien informé, et qui a fait, pièces en main, une étude très approfondie et très complète du monnayage emporitain. Il est du reste facile de comparer les plus belles drachmes de la ville, celles qui sont au type d'Aréthuse, ayant au revers Pégase et la légende EMI10P1TQÎN en tous petits caractères2, avec celle qu'il désigne lui-même 3, pour voir que la tête exquise de la nymphe, de pur profd grec, largement et grassement modelée malgré la fine délicatesse des traits du visage et de la riche coiffure, est devenue, sous la gouge maladroite d'un copiste, sèche, dure, presque grimaçante, une ligure de femme vulgaire, sans élégance de traits ni de parure. La même comparaison, peut s'établir entre diverses monnaies de Rhode.
Il faut ajouter qu'à Emporne même, ou du moins dans la ville ibérique conjointe, à Indica, il y eut un atelier indigène qui peut-être fut un de ceux où l'on s'adonna à copier les types grecs, mais, où, dans tous les cas, on fabriqua des monnaies ibériques. Suivant Delgado, cette frappe ne date que de la quatrième période — celle dont datent justement les plus belles drachmes grecques d'Emporiae. Ces monnaies sont de bronze, du module qu'on est convenu d'appeler moyen bronze, et, comme toute la monnaie ibérique, elles semblent appartenir au système de poids et de valeurs qu'avait adopté la république romaine. Pour moi, et malgré l'opinion de M. A. Ileiss4, j'estime que ces bronzes sont de main ibé-
1. Delgado, Nuevo melodo, III, p. 192. 3. Delgado, 0/>. laud.,n°8g.
3. lbid., 80, 81, 8a. Cf. A. Heiss, Descrip- 4- M. Ileiss, Op. laud., p. 97, dit: « Les
tion générale des monnaies antiques de bronzes d'Empori.c à légendes celtibéricnnes
l'Espagne, pi. 1. sont incontestablement de fabrique grecque. »>