‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 3)Chapitre 26 sur 80 · Ibid , tîg ."iâ'j · texte numérisé non relu

Ibid , tîg ."iâ'j

LA SCULPTURE lOI

ses doigts, réduits à trois à chaque main, ont la forme des doigts d'une grenouille: sa tête est indécise, comme celle du prisonnier qui marche les mains hées, et dont le corps est monstrueux. Bref le bijou est ici d'une exécution rapide et molle, qui contraste fâcheusement avec celle de l'autre face.

Quoi qu'il en soit, voici un problème qui se pose. Sinon par le style, du moins par les procédés de la technique, par les dimensions des figures, la pendeloque a une unité corlaine : ce n'est point un hasard qui a conduit un orfèvre à accoler dos à dos ces deux petites rondelles : l'objet est le produit d'une pensée réfléchie, d un travail raisonné. Mais l'ouvrier, de quel art se réclame-t-il ? Est-ce un Mycénien, comme nous le dirions certainement si la feuille aux ibex s'était seule conservée:^ Est-ce un Phénicien, comme le prouverait, si elle était seule, la feuille au Pharaon? Je crois qu'il faut s'en tenir à celte dernière solution, car il est dans l'habitude des artistes phéniciens de prendre leur bien où le trouvent ; s'ils interprétaient souvent leurs modèles, se livrant à des mélanges et des hybridations qu'on a pu expliquer sans les excuser, ils copiaient aussi souvent sans vergogne. Pourquoi les Mycéniens, qui apprirent certainement beaucoup à leur contact, ne les auraient-ils pas instruits à leur lour.^ Pourquoi, après avoir emprunté, n'auraient-ils pas rendu .^ Ce serait ici un nouveau phénomène d'action en retour, comme ceux qu'a si bien mis en lumière M. Heuzey. Mais, dans le cas actuel, il semble que le Phénicien se soit seulement donné la peine d'estamper quelque superbe intaille ou chaton de métal gravé, et c'est ce qui explique la franchise du style et la délicatesse du travail, toutes qualités auxquelles les monuments jusqu'ici connus nous avaient peu habitués.

Je crois d'ailleurs qu'il est possible de préciser mieux l'origine de l'objet et de l'attribuer à un orfèvre carthaginois. En effet, le R. P. Dela ttre a trouvé dans la nécropole punique de Douïmès à Carthage, et donné au Louvre, en 1897, un petit bijou similaire '. C'est aussi une pen-

I. Publié par le R. P. Delallro, dans les Tobjol |>orlo le mimcro «rinvcntaire AO 8028

Mémoires de la Société des antiquaires cl m'en envoyer un excellent moulage. II se

de France^ 6' série, l. VI, p. 281, fig. l'i trouve dans une vitrino de la salle où sont

(La Nécropolo punique de Douïmès à Car- conservés les sarcophages de Claxomène. thage). M. E. Polticr a bien voulu médire que

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delociue ronde, ayani 17 mllllm^lres de diamètre, par conséquent un peu plus petite que celle de M . \'ives el munie de la même bélière en forme de petit luJ>e. Elle est en argent doré et n'est décorée que sur une face, où l'on voit d'alwrd le distiue ailé égyptien, au-dessous un croissant renversé, el en las une sorte de Iwse ou de tertre (>» accosté de deux gros uneus dressés. La réunion de ces symljoles hétéroclites est particulière à l'imagerie carlhaginoîse. Il n est donc pas étonnant de trouver l'assemblage d'éléments égyptiens et mycéniens, aussi bien que d'éléments égyptiens el phéniciens, dans un produit analogue de l'orfèvrerie.

Si d'ailleurs j'ai longuement disserlé surce petit monument, c'est qu'en dehors de l'intérêt propre qui s'y atlache, il a le précieux mérite de nous apprendre, par un exemple typique, comment les élèves ont pu s'initier aux styles d'art et d industrie étrangers. Ce son! de menus objets du genre de ce bijou, aisément voyageurs, qui, [tassant de mains en mains, forment la vue et éveillent les idées: ils sont, par excellence, les véhicules des influences lointaines.

A ce titre, j'attache aussi de l importance ù un ornement de bronze que j'ai photographié à Elche, dans la superbe résidence des marquis de Lcndinez, la Calahorra, et qui représente deux espèces de chimères héraldiques accroupies face à face. S'il y a une grande maladresse dans la disposition des pattes de devant et du poiti-ail, due à ce que l'artiste n'a pas su donner aux monstres l'altitude tournante qui eût permis de présenter lavant-corps de face el l'arrièretrain de profil, du moins la courbure symétrique des deux échines, l'enroulement des queues, l'opposition des deux tctcs barbues et cornues qui se retournent et se dressent, le slylc de ces listes d'une heureuse fantaisie, la fmesse de la fonte, dénotent un art ingénieux et assez maître de lui. Il est. je crois, plus que malaisé de délcrminer exactement quel était l'usage de cet ornement. La forme de l'accessoire qui surmonte les tètes des chimères n'csl pas une

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indication suffisante et permet seulement d'affirmer qu'il ne s*agit pas d'un objet d'applique; d'autre part les découpures de la queue de l'un des animaux fantastiques semblent indiquer que le groupe était relié par en bas à l'ustensile auquel il servait d'accessoire décoratif: peut-être faut-il y voir un débris d'anse de vase. (Juoi qu'il en soil, l'objet n'est pas ibérique, et cela ressortira nettement de l'élude que je ferai plus loin des bronzes sûrement indigènes: il est pbénicien et peut-être cartbaginois: le motif héraldique des animaux affrontés, dont j'ai parlé tout à Ibeure à propos du bijou de .M. Vives, le type conventionnel et fantaisiste des tètes et des corps, la facture même, aisée et banale, tout rappelle l'industrie courante dont les produits ont été semés sur tous les rivages de la Méditerranée

(t'ig- 79)-

On voit en somme que dans ces produits la part n'a pas été faite bien large à l'Espagne, où pourtant les Phéniciens, ces intrépides voyageurs, ces grands commerçants, ces courtiers habiles avaient quelquesuns de leurs plus importants comptoirs ; ou du moins les archéologues n'ont pas encore mis la main sur beaucoup de dép(jts.

Les Grecs, au contraire, lorsqu'ils se sont établis sur les cotes de l'Ibérie, ont largement répandu dans le pays les vases, les figurines de bronze et les bijoux précieux. Des premiers la nécropole phocéenne d'Emporiaî était pleine ; les collections particulières et les Musées de Catalogne, et même ceux de toute l'Espagne et de l'étranger, se sont constamment alimentés et s'alimentent encore des dépouilles de cette mine inépuisable. Castillon de Ampurias, Figueras, Gérone, Barcelone, Vich possèdent une inappréciable série de vases grecs de toutes époques et de tous styles, et ce n'est là certainement que la très minime portion des richesses déterrées, car les paysans avides qui ne cessent de saccager cet admirable champ de fouilles ont longtemps détruit sans pitié tout ce qui n'était pas du métal précieux. Leur principal objectif était de trouver de l'or et de l'argent, et les bijoux qui en très grand nombre ont été recueillis dans lés tombes ont péri chez le changeur et sous le mar-

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teau de l'orfèvre ambulant, ou se sont dispersés à travers TEspagne et l'Europe même, sans qu'il soitdésormais possible d en retrouver la trace. Il en est de même pour les (puvres d'art proprement dites, dont je ne pourrais pas citer un seul spécimen de pur style g^c.

Si d'Emporiaî Ton redescend la cote vers le Sud, en recherchant les emplacements des anciennes colonies helléniques, on rencontre Sagonte, dont l'origine ibérique doit être admise par les historiens, mais qui reçut de bonne heure des habitants venus de Zakynthos : il semble que la domination romaine ait détruit dans cette ville célèbre jusqu'aux derniers vestiges de l'époque grecque, car je n'ai pas connaissance d'un seul monument, statue, petit bronze ou même vase qui porte vraiment la marque de l'art grec. J'ai plusieurs fois, avec une grande attention, parcouru l'intérieur de l'Acropole de Murviedro ol fait le tour des remparts, et parmi des milliers de tessons de toutes les époques, je n'en ai pas vu un seul qui provînt dune fabrique liellénirpie. Le consciencieux historien de la ville, le D*^ Clliabret, ne signale pas un seul débris de ce genre. Il est vrai que l'on n'a pas encore, je crois, retrouvé la nécropole de Sagontc où peuvent être enfoiiis l<»s documents qui nous manquent; mais je crains que dans celte illustre cité la civilisation des Romains ne se soit complètement substituée aux civilisations précédentes et n'en ait fait table rase.

Le cas n'est plus tout à fait le même pour l'antique Ariemision, que les Romains ont appelé Dianium. et qui a conservé ce nom jusqu'à nos jours sous la forme de Dénia. L'Artémision, on le sait, était une colonie phocéenne au même titre qu'Emporia». Le culte de l'Artémis éphésienne s'y développa brillamment, mais, par une sorte de fatalité, du temple célèbre il ne semble pas qu'il soit resté depuis des siècles pierre sur pierre, et l'emplacement même en est douteux (Fig. 80-81). Comme à Sagonte, les Romains ont tout détruit des édifices grecs : pas plus qu'à Sagonte je n'ai pu découvrir sur l'Acropole ni au pied des murailles qui l'enserrent un seul débris de céramique grecque. L'historien de Dénia, D. Roque Chabàs, chanoine à la cathédrale de \ alence, n'en cite pas un seul spécimen dans son livre. Mais en revanche on a trouvé à Dénia un certain nombre de statues et de fragments dont l'origine hellénique est possible. D. Marco

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^Mlonîo Palau annonçait la découverte, sur l'emplacement présumé du temple d'Artémis. d' « une statue de marbre très blanc, d'exécution admirable et plus graude que nature ; son vêtement et ses seins montrent que c'est une femme: elle est sans t^le ni mains, et ces parties étaient probablement de métal, parce que l'on voit sur le marbre les trous (l'encastrement ' ». Lîi encore ont été trouvées peu d'années auparavant trois statues aussi de marbre, et aussi sans tête ni bras, deux de femme

^^^h. 80. — U promoiilnire el les baie» de r\rle>u>»on. (pèah iiiDderne et Mn Culilk.)

et une d'iiommc : le costume paraissait plutôt grec que romain... Les jurais de Dénia firent monter la première de ces statues au Castillo, et c'est celle que l'on a prise communément pour la statue de la Diane grecque; mais elle ne tient pas d'insignes de chasseresse '.

En l8i8. autres fouilles, d'où sortent entre autres objets une tiMe de marbre el deux tf-tes de bronze. La première seule est connue': plus

1 1) K™ine Clisbil.. nhlwin (!•■ rti-wi. 1 llnd . p. 17.

Io6 LA SCULPTURE

récemment encore * , de nouvelles recherches ont amené au jour une petite statuette en bronze de Neptune et une tc^te casquée de Minerve*. Ne connaissant tous ces objets, sauf cette dernière U^te, que par les dessins médiocres de riiistoire de Dénia, je ne puisaflîrmer absolument s'ils sont grecs ou gréco-romains "*; cependant, la tcle diadéniée tout au moins et le bronze semblent de très beau type et de style classique, et je les nommerais volontiers non pas Junon et Neptune, mais Héra et Poséidon. Quant à la tête de Minerve que j*ai vue, grâce à la complaisance de D. Roque Chabas, elle est d'un travail habile et fin, mais elle est assez banale et me paraît plutôt romaine. Du reste il y avait à Dénia un temple de Minerve élevé par Caton.

Sur les deux autres établissements massiliens que Strabon dit avoir été fondés entre rembouchurc du Sucron et Carthagène, aucun n'est connu avec certitude ; il faut descendre jusqu'à Adra, l'antique Âbdera, pour mettre le pied sur un terrain vraiment grec ; mais par malheur nulle part la dévastation romaine, si je puis dire, ne s'est plus cruellement exercée. Il ne reste absolument rien de la population première, et Ton ne peut conserver qu'un bien léger espoir de jamais en retrouver quelque chose; c'est qu'ici la nature a fait une œuvre néfaste pour l'historien ; les ravages du rio Adra ont enfoui le sol primitif sous une couche profonde d'alluvions.

Il faut d'ailleurs se consoler un peu, en ce qui concerne l'étude que je fais ici, de cette pénurie de monuments trouvés dans les villes grecques du littoral. Car les objets recùeilhs dans ces colonies étaient probablement la propriété des colons et faisaient partie du mobilier qu'ils avaient apporté de la mère patrie. Bien plus intéressants pour nous sont les objets, vases ou bronzes, qui proviennent des villes de l'intérieur et que l'on a retrouvés mélangés à des produits indigènes.

Pour moi, par exemple, j'attache une importance exceptionnelle — et j'y insisterai au chapitre que je consacrerai à la céramique — aux

I. l). Roque ChaMs ne donne pas la date 3. La >lalue citée plus haut, si vraiment

exacte. En nuestvos dias, ditil. et son livre la tète et les mains étaient en bronze, avait

a été imprimé en 1S7V toutes les chances d'ôlrc d'époque romaine.

a. IhiJ., p. 39, pi. 2, n" 3.

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menus et rares tessons grecs que j'ai recueillis parmi des milliers de tessons ibériques à Redobdn, au Cerro de VAmarejo, à Meca, dans la région du Cerro de los Santos; au Llano de la Consolaciôn, à côté même de ce Cerro; à Montenijudo et à VAlberca de Murcia: à ceux de Cabrera de Matarô. lîncorc cette céramique est-elle assez récente. Les vases deftedobân, qu'a vus et signalés M. Artliur Engel avant moi ', sont du IV' ou du ni* siècle, et les fragments que j'aî ramassés dans la région

du Cerro de los Santos ne sont pas plus anciens : je n'en ai pas trouvé de style archaïque, et comme ces documents sont m»^lés partout à des documents de l'époque romaine, on pouirail soutenir qu'ils ont été introduits en Espagne les uns el les autres vers le même temps.

Au contraire, l'attention doit se fixer tout entière sur une autre catégorie de monuments dont je juge l'importation en Ibérie très ancienne : ce sont des figurines de bronze de pur style grec archaïque, antérieures

. Bévue artkiologiifue, 1896, p. 383.

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aux guerres médïques. Je crois important d'en donner la liste aussi complète que j'ai pu jusqu'à présent la dresser : elle es! encore bien courte. mais cela lient cerlainemenl au peu de soin qu'on a pris de noter exactement les trouvailles de ce genre :

1* Idole féminine, haute de o^.io, conservée au Musée de Madrid, oîi elle est passée avec l'ancienne collection de la Hibliothèquc nationale, ce qui indique à peu près sûrement qu'elle a été trouvée dans le pays'. C'est une petite femme ilcitoul, les deux pieds joints. De la main gauclie.

fiG. 83-83. — SUlueUe grecque archaïque. (Miisvc de Madrid.)

qui est ramenée un peu devant la taille, elle tient un vase à parfums, un bombyle. à moins que ce ne soit une grenade, et de la main droite — le bras est moins plié au coude et tombe le long de la cuisse — un objet indistinct, unpeulon^. quipeutt)trela tige d'une Heur: .M. E. Hiibner

I . Dans ie catalopuo du Miii décrite c(>Ri(iie une sacerilolis n" aoaj. et |>rend pUcp dans la »éri>' de:

bronzes ég^i'llens. KUe fît ivsti'e ilaii- li-s ti Irines de la mHp ^pipliciiiie juM|ii'à ce ijiii M. Mclidt ait reconmi IVrreur faile |>ar w.i.re dên»»eiir9. Le K'dactPurducatalogiii'^Vitauw ■bii»' en disant cjiip le iicrM)mia);e u eiilu mnno derechit llet-a tl eatilo o làlamii. /irufiri,

M df /(is nscribat siifrados.r en In i^iiietda

le un %iisila que ijaiza piiede considerarsf

et (omu lïnleni ■>, Celle méprît esl la consé.

<i- qiieiiee de la première. Le eaUlogue est de

lie tSS3:iinS(ij \|. K. lliibneravaittrii biendé.

rrit cl clasié la ligiirine dans ?e9 Aalilte Bild-

lerif. p 3UI, no JiS (SaiHinlung der na-

•ionul llibliothei).

dît un sceptre et une pomme. Elle est \Hue d'une tunique sans manches, ajustée au torse et à la taille et descendant jusqu'aux pieds, étroite comme une gaine. Par devant Tétoffe est tout unie et lisse; mais par derrière elle est plissée, du moins depuis la taille. Les cheveux se divisent sur le front en bandeaux qui ondulent vers les tempes : deux longues papillotes tombent sur chaque épaule, s'étalant sur la gorge et ne s'arrêlant qu'à la ceinture. Par derrière, la chevelure tombe en une lourde masse très régulière jusqu'à la naissance des cuisses : l'oreille reste bien dégagée. La tête est ornée d'une couronne qui semble composée de grosses perles. Si l'on excepte les pieds, qui sont gros cl lourds, et les mains, qui manquent de finesse, comme il arrive dans ces petites figurines, le style est d'une réelle élégance: le torse, la taille, les hanches sont harmonieusement rythmés : les cheveux sont délicats, et le visage même, malgré le peu d'expression des yeux gros et saillants, dénote un art habile : c'est une œuvre très charmante de l'archaïsme avancé. Les figures connues auxquelles on peut la comparer sont une statuette de femme trouvée à Eleusis, un fragment de Délos, et les statues du type samien, surtout les statues en forme de xoana trouvées sur l'Acropole d'Athènes. Ce n'est point ici le lieu de discuter s'il faut l'appeler liera, Kora ou Aphrodite (Fig. 82 et 83).

2° J'ai photographié au Musée provincial de Grenade une jolie figurine de bronze brillant à patine verte que je crois inédile \ La provenance n'a pu m'en être donnée par le très obligeant conservateur de la collection, M. Francisco de Gongora. Mais tous les objets réunis là ont été recueillis peu à peu dans la région.

C'est une petite femme, haute de o",ii, que son attitude et son costume font rentrer dans l'importante série des statues drapées debout,

I. En 1(^97. M- MéliJa se plaignait à juste litre du mépris extrême que les autorités de (irenade montraient pour le Musée proxirtciaL réduit à un aflreux magasin dans une salle de l'Ajuntamiento. Les cullections ont été transportées dans une belle maison anciennv' de la Calle de las Arandas (n" 1 1).

Mais lors de ma visite les objets n'étaient pas

encore installés. Ils doivent l'être aujourd'hui. La nomination à (îrenade. en qualité de bibliothécaire, du savant académicien M. (fuillén Uobles, ancien secrétaire du Musée de reproductions artistiques de Madrid, semble faire présager que le Musée va désormais se développer plus rapidement. Le bronze dont je parle ici porte le n<* ii44 à Tinventaire.

les mains tendues pour porter des offrandes ou des symboles, dont les plus connues sont celles de Délos et de l'Acropole d'Athènes, et que les fabricants de petits bronzes ont si fréquemment et si heureusement imitées. Celle-ci offre des variantes qu'il est intéressant de noter. Ses vêtements se composent de la longue tunique et du manteau ioniens; mars la disposition de ce dernier est assez nouvelle. Le robe est étroitement

Slaluetle greajue grchitqiie. (Mutée de Grenade.)

appliquée contre la chair et modèle par devant et par derrière toutes les rondeurs du torse, du bai^slii et des jambes, sauf (|u'elle forme quelques plis entre les jambes, dont la gauche est légèrement avancée ; cette disposition n'a rien qui ne soit connu : mais le manteau ne tient aux épaules que par deux pans étroits symétriquement plissés qui sont simplement rejetés en arrière, de sorte que toute la nuque et tout le milieu du dos sont d découvert. Par devant l'étofTe couvre tout le lorse jusqu'à la taille et se divise là en deux nappes drapées à petits plis qui tombent à droite et

sans doute du casque autour du front et des (empes, et par derrière ils tombaient en une longue nappe jusqu'au milieu du dos.

F;c, 86. — AlUenu Proinsclios, slaiiiellc grecque arcliaïquc. (Gsbinel Viies à Msdrid.)

Les figures similaires sont très nombreuses. Le style est le pur style arcliaïque de la fin du vi* siècle' (^l*"ig. fiC< i-l S-).

. Cf. Salomon Hciiiacli, l'tiir

• d,- i„>che. 11. |.. aS3. i (Cortoiie) ; a8i, C (P«r

i° De tvpo moins connu csl riinportaiit Centaure archaïque que M. Eulogio Saavcdia a léytit' en 181)7 ^" Musée archéologique de Madrid ;

Tic. 87. — Alhcn» l'romaJ..ii, stalncllo (;rpc<|iK

labilu-l \iv<v,i MKlnd.)

la provenance en est connue ; c'est Uollos, près de Caravaca. dans la

bliolhù<]UG nationale): K (AiIk-iics): -jHfi. 1 (Atliînci); 5 (Bibliolhi-quc iistioiiaU-J- — KidJer, Bronzes de l'Acropole d'Alhéii

I I 4 LA sr.lI.I>TLHE

province de Murcie. M. Mélida s'en est fait Ipilileur avec sa conscience accoutumée ' . Le bronze est fondu sans retouche au burin : la patine est sombre, usée par places. Il représente un centaure du type le plus primitif, c'est-à-dire un homme" auquel sont accolés le ventre et l'arrière- Iraîn d'un cheval. Les quatre jaml>es sont par dis^jrilce brisées au-dessus des genoux ; le bras gauche a été coupé près de l'épaule. Le monstre est en marche, mais il retourne ses épaules et âa t^le vers la droite. Sa main

droite allongée vient s "appuyer sur sa croupe. 11 e.'il probable qu'il tenait de cette main une branche d'arbre, car on a trouvé en Grèce plusieurs centaures dans la même allitude, qui tous portent cet attribut '. Le style est très particulier ; tandis que la croupe et les cuisses du cheval sont maigres et fuies, quoique fortement musclées, que la taille de l'homme ei^t mince et longue, ses épuules, ses bras, ses cuisses sont au contraire gros et trî-s i.'harnu.s ; sa ti^lc est massive, ayaiil les traits obtus,

|.. O9S. IJ- '(, (1, - llr Hiddcr. Bronzes l'Acropole d'Aihéiies. ii" /pg, 43o, 65, j

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