‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 3)Chapitre 29 sur 80 · L-vi-I^- u.t il · texte numérisé non relu

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aussi plusieurs fois, en particulier dans une figurine trouvée à Amyclées, de valeur beaucoup moindre'. (Fig. 90).

Voilà des restes bien modestes de l'importation grecque en Ibérie ; comme ils datent de l'époque arcbaïqne, malgré leur petit nombre ce sont des documents précieux. (iCS œuvres expliquent tout un C(^té de l'art indigène et marquent nettement rinilucnce qu'il a subie.

Cette influence, nous essaierons de la déterminer : mais il en est une autre, l'influence orientale, dont les traces ne sont pas moins nettes, et qui, s'étant exercée concurremment, ou par l'intermédiaire même de la Grèce, doit être étudiée en même temps.

Assez nombreux déjà sont les monuments ibériques qui révèlent l'imitation ou, si Ton préfère, l'inspiration orientale '. Le plus connu, il est du reste le plus important, est la Vicha de Balazotc, un monstre à corps d'animal et à tête humaine (PI. IV et fig. 92). Balazote est un triste

I . De Ritider, Bronzes de la Socit'té archéologique d Athènes, ii" S40, pi. II l. (^f. aussi la terre cuile d'Klalcc au Musée du Louvre, que j'ai publiée dans Elatée, pi. Il et III, p. 55.

a. Je tiens à signaler, du moins dans une note, un petit objet que M. de Berlanga a vu et décrit sans décider s'il est ibérique ou phénicien, mais dont je ne connais [)as d'image. Il a été trouvé aux environs des fameux dolmens de la Cuevade Menga près d'An tequera (Mâlaga). C'est un morceau de marbre blanc, long de ao centimètres et épais de 5, travaillé en forme de deux cônes assemblés par la base ; sur la surface ronde et polie on voit représenté en traits accentués un visage de face, avant tous les caractères d'une idole ibérique. L'objet est entré dans la collection Canovas del Castillo (M. R. de Berlanga, Descubrimientos arqueologicos en el Tajo montero, dans Revista de Archivos, 190a, p. la du tirage à part). Peut-être faut-il admettre que ce petit marbre est ibéro-phénicien. Dans cette

catégorie, je signale encore deux objets (jue je n'ai pas vus, et qui sont, je le crains, perdus; rinlérèt en est pourtant considérable, car ils sont ou bien des objets fabriqués en Pbénicie pour être exportés en Ibérie, ou bien fabriqués en Espagne à Tiniitation directe de modèles phéniciens ;

I" In cachet de quartz entouré d'or, découvert à (^adix en 1878. Le champ est divisé en deux, horizonlalement En haut on voit un cabire entre deux oiseaux de proie, en bas un disque ravonnant d'où sortent des serpents (?). Au-dessous du premier tableau et au dessus du second se lit une inscription où deux caractères ibériques (^ et ^) se mêlent à des caractères phéniciens. Delgado qui l'a publié (.V^evo método, p. cxxxi) dit que le monument « suppose une épo(|ue antérieure à la domination phénicienne à (ladir, et peut-être contcmj)oraine de la colonisation syrienne. »

a" Petit bijou publié par M. Gescnius (JScripturx Ungussque phenicix monu-

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village à trente kilomètres au Sud-Ouest d'Albacetc ; je l'ai visité au mois de septembre 1899. Moins heureux que M. Arthur Engel, qui, en 1891, a pu examiner le champ d*0!i fut extrait le monstre de pierre, je n'ai réussi à obtenir de personne le moindre renseignement ni sur la découverte de la curieuse sculpture, ni sur aucune autre trouvaille d'antiquités dans ces parages'. Un morne oubli et une morne indiflférence semblent s'être appesantis avec le soleil de feu sur ce pays déshérité. Il est vrai que le jour où j'abordai celte rive inhospitalière, il y avait loros à Albacele et que la population avait émigré en foule. Quoi qu'il en soit, sans renoncera l'espoir que M. Engel fonde sur des fouilles bien conduites, la Vicha de Balazote, d'abord transportée à la Dipulaciôn provincial d'Albacele, on elle courait plus d'un danger, est définitivement sauvée, car elle se trouve aujourd'hui en place sûre au Musée archéologique de Madrid.

Plusieurs images en ont été publiées, par M. Rodrigo Amador de los Rfos \ par M. Engel \ et récemment par M. Léon Heuzey ^ Le nom seul du dernier éditeur dit assez l'intérêt de ce taureau à tête humaine, qui mérite d'être minutieusement décrit. Ce n'est pas absolument une œuvre de ronde-bosse, ou, pour mieux dire, « bien que sculptée en rondebosse, conmic s'exprime M. Heuzey, ce n'était pas pour cela une figure indépendante. On y remarque les restes d'une plaque de fond, taillée

menta (p. 221 et pi. XWIII, Gg. 67 bis).

On Y voit de part et d'aulre d'un arbre un sphinx ailû et un animal cornu debout, et

ai^'

Fio. 91. — Bijou ibéro-phénicien (?).

(D'après Lorichs.)

derrière eux deux personnages faisant un signe d'adoration. Au-dessus, dans le champ, le disque solaire ailé. Lorichs a reproduit lobjcl

à la planche LXXVll, n» 10. de ses Recherches numisma/if/ues. parce qu'il se trouve dans le champ une inscription dont les caractères sont identiques aux types des médailles cellibériennes : 4iTp. Le T, en particulier, se retrouve sur le monnayage d'Obulco.

1. A. Engel, Rapport, p. 196: « Je vis le champ d'où l'on avait retiré la vicha , et qui ne présente aucun vestige antique à premièTe vuo ; mais il touche, fait signifîcatif, à un vaste despohlndo (terrain semé de substructions anti(pies) qui s'étend derrière le village actuel. »

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