‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 4)Chapitre 24 sur 83 · Ibid., pi. ai, n · texte numérisé non relu

Ibid., pi. ai, n

i3. Ibid., pi. 3o, noô'i.

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LA CERAMIOUE

Enfin je n'ai pas trouvé de dessin ressemblant à celui du vase de lAmarejo que reproduit en partie la figure /ji, ou des fragments de coupes de Meca ou de lAmarejo (Fig. 70, 72) ; mais j'ai noté sur des tessons mycéniens une sorte de natte de même style', et sur un vase géométrique d'Italie la même disposition, saui" que les cercles intérieurs sont remplacés par des traits sinueux placés horizontalement ^

J'ai besoin d'insister davantage sur les nombreux fragments où sont peintes des spirales : j en ai recueilli 25 exemplaires principaux. On sait quel rôle joue cette forme dans la décoration mycénienne. On l'a remarquée sur des vases provenant de toutes les parties de l'Europe orientale et de l'Asie où s'est répandue la culture dite mycénienne, en ïhessalie, en Troade et en Carie ou en Crète aussi bien qu'à Tirynthe et à Mycènes même. Trois particularités la caractérisent : tantôt les Mycéniens l'ont employée à l'état solitaire, pour remplir un vide, tantôt ils en ont groupé une série de manière à former un ornement courant, tantôt ils l'ont employée comme partie intégrante de véritables sujets décoratifs \ Or il est très intéressant de noter que les potiers espagnols ont tiré de la spirale les trois mêmes partis. Le même enroulement en forme d'S que le sculpteur des stèles funéraires de Mycènes a placé dans les parties vides de sa pierre, au-dessus, au-dessous, à côté des personnages, je le retrouve sur un fragment de Meca, servant aussi de remplissage, peut-être même sous le ventre d'un quadrupède (Fig. 200), et les exemples, pour être rares, n'en ont pas moins de valeur \

Plus fréquemment, les spirales se succèdent à la suite l'une de l'autre, en-ornement continu, rapprochées, et pour ainsi dire accrochées ensemble de manière plus ou moins heureuse ; je citerai des dispositions élé-

I . Mykciiischc Vasen,^\. XXXIV, n" 3/|2 ; pi. XWVII, n" 38o. Cf. encore Alhcnische Mitleiliingeii, XXVIII, Beilagc XXVII, no 3.

a. E. Potlier. Vases (tnliifues du f. ouvre, pi. 3i, n" 81.

3. Voici quelques exemples caraclcrisliqucs que j'ai notés horstle Mécènes cl dcTyrinthe; je les ai choisis parce qu'on peut rapprocher de tous ces dessins des dessins ibériques. Troie : Dœrpfcld, Troja und lUos, I, fig. 171, 17G,

177, 179. 180, 181; Beilage 39, n" III. Thcssalic : Sara. Wide, iVachleben inj-^icuischcr Ornainente, dans Athenischc Mitleilun^en, XXII, p. 245, fig. i5; XIV, pi. IX. Carie: Athciiische Milteilungen. XII, p. a3o. Crète (Cnossos) : Journal ofhellenicstudies, 1908, p. 191. fig. 9. Voy. aussi Furlwirngler et Lœschckc, Mykenische Thonge/'xsse, pi. VI, n» 34; pi. VII, no 43; pi. XI, no 56.

4. Voyez encore pi. I, au-dessous des pattes de derrière du carnassier.

LA CERAMIQUE

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mentaires : spirales en S alignées bout à bout(Fig. 91, et une assiette de Saragosse) ; rinceaux simplement alternes de part et d'autre d'une, deux ou trois lignes ondulées (Fig. 169, 170, 171, 172), et des dispositions déjà plus compliciuées, où tantôt la symétrie est recherchée et le motif reproduit avec une régularité parfaite, comme on le voit dans de jolies lignes de crosses (Fig. 175, 176) ; où tantôt, au contraire, le pinceau du décorateur s'est abandonné à une fantaisie plus Ubre (Fig. 92, 128, larg, 1 35-1 39). Dans cette dernière série il faut signaler comme particulièrement heureuses les crosses juxtaposées dont j'ai relevé d'importants spécimens, en particulier sur la petite urne sans anses trouvée à Meca (Fig. 173), sur le vase semblable à un pot de fleurs de Saragosse (Fig. 178, i), sur le débris de lAmarejo dont j'ai reproduit le dessin ligure i34 et sur plusieurs fragments de grandes jarres de même provenance (Fig. i3i, i32). Quelques-uns de ces derniers débris appartiennent d'ailleurs à la troisième catégorie, celle où la spirale ne se suffît plus ù elle-même, mais joue son rôle dans des motifs quelquefois assez complexes ' .

Il serait trop long d'analyser même les principaux de ces riiotifs, et les dessins que j'en ai pris (Fig. 87, 88, 89, 90, 120, 121, 180, i83,2, etc., etc.) me dispensent d'entrer dans le détail. Mais je dois insister sur un point qui a la plus haute importance, à savoir que ces dessins surtout permettent d'établir la parenté des vases ibériques où sont peintes des combinaisons de ce genre avec les vases mycéniens ; c'est que seule jusqu'ici, si je ne me trompe, la céramique mycénienne a présenté des dispositions analogues ". Il serait facile de multiplier

1 . (Jf. lies crosses sur une pciiilurc murale du palais deTirvnlho dans Sclilicmann, Tirynthc, pi. V i. J'ai iiolé aussi, conune ajaiit des analogies inlcrcssanlcs avec les crosses ibériques, les motirs suivants : Journal of hellenic studies, i()ui. D. G. Ilogarlli and F. li. \Nelcli, Primitive painlcd i)nlti'r\ in Crcli'.Cig. lo; M. Mayer, Cpiainica di-li Apulia precl- Icnica, dans /{(rmisc/if Mitleitun^'eii, Ml, fig- «9.

2. Je ne prôlonds pas, nalurcllemcnl, que la spirale ou la crosse n'aient pas tenu leur

place dans la céramique en dehors des produits mycéniens; mais c'est Ik seulement qu'elles se rencontrent en abondance comme uu ornement primordial du décor. Kn parcourant l'al- ' bum des Vases antiques du Louvre de M. Potlier, je la rencontre sur trois \ases étrusques (pi. ali, C, ^1 ; pi. -i^, C. 55i ; pi. 28, C. 60 '1 (crosse fort semblable îi celle de la petite lasso de .Moca (lig. iô3), du vu" ou w" s. après J.-C), et sur un vase de style corinthien trouvé en Italie (pi. 5o, E, ti.'t2). Mais ce dernier vaso (vi^' s.) est déjà une œuvre appartenant à la

encore, ici ou dans des notes, des comparaisons entre les documents mycéniens et les nôtres, mais cet étalage d'érudition facile serait fastidieux, et de plus sans grande utilité, tant les faits parlent clairement'.

La spirale entre, à Mycènes, pour une large part dans lornementation végétale ; l'élégance naturelle des vrilles enroulées à donné sans peine l'idée du rinceau. En Espagne il en est de même. Des fragments d'Elche (Fig. 87, 88), de TAlberca (Fig. 90) et surtout de l'Amarejo (Fig, 89, i3o, i3i, i33), sans oublier Meca (Fig. 1 36- 139, etc.), en montrent l'exemple constant, et les dessins où apparaît la spirale sont ceux qui donnent surtout à la collection entière l'impression dinlluence mycénienne. Au premier rang il faut placer les restes des grandes jarres de l'Amarejoque j'ai décrites (Fig. i3o-i33), où le mélange des crosses, des vrilles, des spirales, des enroulements en forme d'escargots est si original, mais évoque tant de souvenirs de l'Orient'.

Si l'on considère d'autre part les dessins végétaux où l'enroulement ne joue pas le principal rôle, on est aussi frappé des nombreux rapprochements qu'ils éveillent avec l'ornementation mycénienne. Cinq tessons espagnols montrent la plante copiée d'après nature, dans sa forme réelle (Fig. 93, 94, 99, 100 et surtout 101 (Tarragone) \ Notre figure 99

Grèce classique ; un rang de spirales décorant la naissance de la panse n'est qu'un ornement très secondaire, une simple bordure. Il en est de même pour les vases d'Egiiic publics par M. L. Pallat dans les Athenische Milteilungen, XXII, 6g. a5, 3o, 33, 4o. Ce simple relevé sufTit à assurer ma thèse.

1. Voyez cependant Schliemann, Tirynthe, fig. !ii; l!^6 a cl ù. Il faudrait y ajouter les peintures murales, pi. V et suivantes; Mykenische Vasen, pi. XXIX, n"* a55, 261; XXXY, no 357; XXXVI, no^Se.'i, 370, 371, 874, etc.

2. Il suffit de comparer à nos figures les quelques dessins suivants : Schliemann, Tirynthe, p. 333, fig. I '16 ; Duncan Mackenzie, The potlery of Knossos, dans Journal of hellenic sludics, igoS, p. 177, fig. 4 ; pi- V ; pi. VII, n" 17 (abstraction faite do la couleur);

Dœrpfeld, Troja und Jlios, I, fig. 171, 180. Pour les spirales à forme d'escargot, voy. supra, p. 78, et note. Je signale particulièrement quelques débris mycéniens trouvés à Rhodes, et conser\és au Louvre (E. Pottier, Catalogue des vases antiques de terre cuite, I™ partie, p. iSg, n°* 377 k 385). Quelquesuns de ces tessons ont reçu une décoration florale avec des spirales ; ce sont les plus semblables que je connaisse aux tessons ibériques pour la couleur de la terre et de la peinture, et pour le style.

3. La figure 96 rappelle de très près la plante figurée sur un vase de Cnossos publié par M. Duncan Mackenzie (Journal of hellenic studies, 1908, p. 178, fig. 5). C'est une sorte de fougère ou de scolopendre. Bien entendu je parle seulement de la forme, la technique étant loutedilîérente. Dans le même

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(Elche) ressemble d'assez près à un fragment de peinture murale de Tirynthe'; c'est la même plante qui est dessinée Figure gS (Elche) et sur un vase de l'Acropole d'Athènes ■, et quant aux vrilles de la figure 9^ , c'est par dizaines qu'on leur trouverait des similaires dans les albums de MM. Furtwiengler et Lœschcke. Au contraire, je ne trouve rien que rappelle le dessin de notre figure 100 (Amarejo) où sont représentées sans doute des grenades. Je ne sais si le grenadier était indigène sur la côte orientale de l'Espagne ; si oui, il y aurait là un fait d'observation notable, parce que l'invention ni la copie de la nature ne semblent des qualités bien développées chez les Ibères. Les fleurettes du fragment de ïarragone représenté par la figure loi semblent aussi originales ; on ne retrouve, chez les Mycéniens, les marguerites que stylisées.

Les exemples de fleurs ou de plantes stylisées sont d'ailleurs nombreux et je les ai décrits plus haut ; je me borne à rappeler les figures io/i à 116. Les seules qu'on pourrait essayer de compléter donneraient des images très voisines de celles qui décorent, par exemple, la panse dun beau vase d'Ialysos ^ et de deux beaux vases de Mycènes *.

Comme il était facile de le prévoir, un certain nombre de dessins ne rentrent dans aucune des catégories précédentes, et néanmoins se rattachent à une ou à plusieurs d'entre elles. Je les ai naturellement groupés avec les motifs qui me semblent avoir le plus d'analogie avec eux'.

Quelques-uns ne manquent pas d'intérêt. Ainsi les figures 87 et 88 font songer au décor de certaines peintures murales de Tirynthe, où l'on dirait représentées de grandes ailes d'oiseaux, de sphinx oude griffons ^ Si les figures ^9 à 54 ne font que nous montrer un ornement courant très répandu, des S alignées parallèlement ou feignant de se pourtravail quelques uii>'dc!>dc!>sinsquicorisii(uent . .Mykcnische Thonge fasse, p\. Il = Perrot la figure II montrcnl d'ailleurs des copies de et Chipiez, Histoire de l'art, Grèce primi-

feuillcs nalurcUes Irailces exaclcniciil comme tis'e, pi. Wl.

ii's peintures do nos lc^so^s ibériques. Ce rap- 5. Fig. 'jg, ôo (Elche); 5i à 5.'j (Meca) ; 27,

ftorl osl très uolable. 3 (Lorca); aa (Amarejo); 37. 1 (Elche); i4o,

I. Schliemann, Tirynthe, fig. i3tj, i^o. 1/45 (\marojo); 199 (Meca); ija (Meca);

;i. Mykenische I'asph. pi. WI, n" lo'i. 117, 119 (Vmarejo); a6 (Amarejo); 17^

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