‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 4)Chapitre 47 sur 83 · I. Corpus InscripUonum tatinarum, II, a, n · texte numérisé non relu

I. Corpus InscripUonum tatinarum, II, a, n

LES FKÎURINES DE BRONZE aSl

employé à quelque usage pieux , dans une chapelle ou chez un dévot, et c'est alors qu'il a été marqué du signe chrétien. Il y a bien des exemples de ce genre et pour ma part j'ai vu, dans le trésor de la célèbre abbaye de San Domingo de Silos, près de Burgos, une tête de femme en bronze, d'époque romaine, qui, détachée d'une statuette paicnne, a été longtemps vénérée sous le liom d'Idole de Caraco, et sur le haut de laquelle, au moyen-âge, on a fixé une jolie colombe eucharistique.

Le second cheval dont je veux parler, trouvé à Lyon ', est exactement conçu de la même manière; la silhouette de l'ornement est très semblable, et il y a des détails qui se reproduisent de l'un à l'autre comme la tige placée contre le cheval, le tenon posé sous un des sabots relevés, comme les cous de cygnes formant le support de la figurine. Mais le type de l'animal est différent, et le style est tout autre ; aussi sommes-nous peut-être en droit de dire que l'un a été exécuté en Espagne, celui qui est au Musée de Madrid, et l'autre ailleurs. Mais peu importe; l'essentiel est d'établir la parenté plus ou moins proche de ces bronzes avec le Jinete de Palencia, pour en prouver l'antiquité.

Pour toutes ces raisons, je regarde le Jinete de Palencia comme une œuvre ibérique, de l'époque romaine sans doute, et jusqu'à nouvel ordre comme le chef-d'œuvre indigène de l'industrie des figurines de bronze dans la Péninsule.

Parmi toutes les figurines de bronze que je viens de passer en revue, il y en a plusieurs où j'ai reconnu autre chose que des ex- voie ou des idoles; par exemple de petits couverts de vases onde boîtes (Fig. 323, 3a4, 320); une poignée d'ustensile, casserole ou miroir (Fig. 358) ; des couronnements d'enseigne ou despointe^de limon (PI. V n° G, fig. 376), etc., etc. C'est une preuve que l'industrie employait souvent le bronze comme ornement, et produisait parfois en ce genre des objets de quelque valeur.

I. JoscphSirzygowsV'i. Bronzeaufsalzatis chen arch. /nsiituls in Wien, IV, p. aoi,

Lyon, dans lahreshefte des a'sleneischi- fig. 319.

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C'est dans cette catégorie qu'il faut faire entrer un assez grand nombre

FiG. 37O. — Vltaches d'anses en bronze. (Musée de Madrid.)

de petites plaques de bronze découpées en rond au-dessous d'un anneau,

Fie. 877. — Attache d'anse en bronze. (Musée de Madrid.)

et dont la surface est grossièrement façonnée à coups de lime en forme de tête humaine.

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Les exemplaires que j'ai pliotographiés au Musée de Madrid, et qui proviennent, je crois, du legs Saavedra(ils auraient donc été trouvés dans la région de Murcie-Alicante) nous montrent, dans leur rude naïveté, ce qu'était cette décoration populaire appliquée à de modestes objets de ménage. Ces objets sont en effet, selon toute vraisemblance, destinés à être appliqués au bord des lèvres des chaudrons, pour en soutenir l'anse dont les pointes recourbées en boucles passaient à jeu libre dans les anneaux. Il y a là une fantaisie barbare, et une stylisation tout ingénue du visage humain qui ne manque pas d'intérêt (Fig. 876, 377).

Fie. 378. — Attache d'anse en.bronze trouvée en Galicio.

Du reste, ce motif n'est pas le seul, et je me plais à rapprocher de ces anneaux de suspension un autre anneau analogue, mais de conception et de style tout différents. La décoration formée de traits en relief rappelle de façon curieuse la décoration de cercles concentriques, de spirales et

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de rinceaux qui caractérise une très ancienne époque de la céramique espagnole, et en fait remonter les modèles jusqu'à la civilisation mycénienne (Fig. 378). Ce fragment est tout ce qui reste d'un chaudron en bronze trouvé en Galicie, à Ghao de Ghurras, dans la paroisse de Alage y Budian, et réduit en 1871 en petits morceaux \

I Villa-Amil, Museo espanol de Antigûedades, IV, p. 68, n° i/i.

ART IBÉRiaUE

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