A. Engel, art. cité, p. 216 (p. i5 du tirage à pari
LA CÉRAMIQUE lû
rendu à Monteagudo : « Je pus constater, dit-il, que Lozano n'avait pas exagéré l'importance archéologique de cette localité. Même après cent ans écoulés et les rafles périodiques des antiquaires, les trouvailles continuent, moins abondantes qu'autrefois, naturellement, mais encore intéressantes. J'en pourrais relater beaucoup, dont m'ont parlé les gens du village... En me promenant au-dessus du village, je reconnus, dans une tranchée faite en vue d'extraire de la terre, plusieurs énormes urnes sphériqucs, déjà cassées ou écrasées, mais encore cri place. Quelques coups de pioche suffirent pour extraire la moitié d'une de ces urnes, qui mesurait 5o centimètres de diamètre. Au fond se trouvaient des ossements humains qui ne semblaient pas avoir subi l'action du feu ; puis venait une couche de terre, et une autre de cendre fine. Le terrain adjacent était semé de morceaux de charbon, d'os hum.ains et de tessons de poterie : il s'agit évidemment d'un lieu de sépulture fort ancien. Ces urnes, à peu près sphériqucs, épaisses de i centimètre i/7i, d'une argile arénacée noire, ressemblent beaucoup aux urnes-cercueils découvertes par les frères Siret dans la province d'Almerîa, à El Arç/nr notamment : ces urnes recevaient le squelette replié. Monteagudo fournit également des poignards en bronze semblables à ceux trouvés par les frères Siret ' . »
A mon tour je puis confirmer la véracité des récils de Lozano, et contresigner l'enquête de M. Engel. Comme lui je suis d'avis que des fouilles à Monteagudo seraient exceptionnellement fécondes. J'ai examiné en particulier les gisements céramiques, et surtout les débris d'urnes funéraires que les paysans ont abandonnées au bord des tombeaux dont ils ont ouvert un très grand nombre, sur le flanc Ouest de la montagne. J'ai reconnu que celte station était exactement semblable à celle de l'Alberca, mais plus importante. J'y ai retrouvé les spécimens idenliques de toutes les poteries déjà signalées. 11 est profondément rcgrel table que les paysans, n'attachant d'importance qu'aux trouvailles de bijoux ou de monnaies qu'ils font assez fréquemment dans les urnes, ne se soucient aucunement des urnes elles-mêmes qu'ils brisent, ou dont ils éparpillent les morceaux, il est fâcheux aussi, bien qu'assez naturel, que les faussaires