I. Fig. 440. Dcigado, Libia, pi. CLV
Fig. 447- Id.s Italica, n" 10.
Fig. 448. Id., lessona, n" 5. Localité in-
détermincc (.\. Heiss, Description, p. Ii3). Fig. 449- /d., Celsa, n» i.
Fig. 4Ô0. Id., Sésars, n" a.
398 LES MONNAIES
D'ailleurs, bien que les monnaies au Jinele ne soient pas d'une grande beauté, les Ibères ont été assez bien inspirés lorsqu'ils ont gravé ce type qui a du mouvement, de la vie, et fait songer aux bonnes monnaies romaines, sinon aux grecques. Au contraire, certaines effigies dont ils ont certainement emprunté l'idée leur ont fort mal réussi. Il me suffira de citer cette espèce de sphinx qui orne des monnaies d'Iliberis et d'Urso.
FiG. 45 1 et 453. — Monnaies d'Iliberis.
Sur la première, l'être fantastique a un corps extraordinaire, qui a peutêtre la prétention d'être un corps de cheval ; il semble agenouillé sur le genou de sa patte gauche de devant; l'autre pied de devant est posé sur le sol, r arrière-train, qui est resté debout, se trouve ainsi très relevé; le mouvement est faux et forcé. La tête, trop grosse, sans aucune finesse, est coiffée d'un bonnet conique ; sur le dos se dresse une aile très dentelée, qu'il faut beaucoup de bonne volonté à reconnaître. Sur la seconde, le type est différent; le corps est celui d'un animal héraldique, très mince aux pattes et à la croupe ; le cou très long est surmonté d'une tête humaine qu'un mouvement très disgracieux rejette en arrière. Cette tête porte un chapeau rond à tout petits bords, où est piqué tout droit, au
Fig. 45 1 et /|52, Iliberis, de Lorichs, Eecherches numismatiqites, pi. XVI, n"» 5 et 10.
La figure '|53 représente une monnaie de TarracoGosé où l'on voit un cheval, et sous sa tète une tête de bœuf vue de face. Cela fait songer, naturellement, aux Pibules au Jinele. Le détail se reproduisant souvent sur les monnaies espagnoles, il me semble que le rapprochement s'impose. Ce ne peut être par hasard que le bucrane serait toujours ainsi
placé, s'il n'était qu'une marque d'atelier (A. Heiss, Description, pi. XVIII, n° a).
Fig. 453 — Monnaie de Tarraco-Cosé.
LES MONNAIES
ceiilre, un plumet jaidc. L'aile plantée sur l'échiné est informe. La queue est formée d'une ligne de petites boules, laquelle se prolonge le long de l'échiné, ainsi que nous l'avons vu pour les chevaux des bandeaux de Caceres. L'exécution n'est pas mauvaise — la monnaie, du reste, est de l'époque romaine — mais le type est tout à fait bizarre et d'une conception maladroite, 011 se devinent sans hésitation le goût et la pensée d'un médailleur du pays (Fig. 454, 455)'.
FiG. 454 et 455. — Monnaies d'Iliberis et Urso.
Un autre exemple curieux de cette maladroite adoption d'un type grec est fourni par quelques monnaies d'Iliberis. On connaît ce bizarreassemblage de trois jambes humaines que les numis-
mates ont désigné du nom de Triskelis, et que l'on voit sur des monnaies de Sicile, peut-être d'Eubée, sur des statères d'Egine, à Hiérapytna, en Lycie (Phaselis), en Pamphylie (Aspendus, Etenna)^ Malgré son étrangeté, ce symbole a paru trop simple au monnayeur de l'antique Grenade, et il l'a compliqué, il faut le dire, de façon plus que fâcheuse. Il a interposé entre
les trois cuisses un globe sur lequel se détachent des yeux, un nez, une bouche, une grosse tête en up mot. On ne peut rien rêver de plus ridicule sans compter que le style du coin n'est pas des meilleurs (Fig. 456) \
FiG. '|5G. — Triskelis sur une monnaie d Iliberis.