E. Pollicr, Vases antiquts du Lou
3, Ihid.. pi. lo. n<» aCO, j86.
FiG. 5o.-Eld.r.{ColloclioiiP. Ibaira.) l'ir,. 'y,. — \hc3
Fie. 53. — Mec». Fio. Ji. — Meci.
l'Italie'. Enfin une petite cruche conservée à Madrid, el heureusement intacte a pour principal décor une métope quadrillée (Fig. 55).
Que les zones soient ou non divisées en cadres carrés ou oblongs, elles reçoivent ^d'ordinaire, comme je l'ai dit, une décoration soignée dont les cléments sont très variables. Les plus intéressants motifs que j'ai notés sont, sur des tessons trouvés à l'Amarejo, et dont j'ai pu recoller ensemble quelques-uns, des signes semés dans le champ et où l'on reconnaît des swasticas ou croix gammées, des soleils Fin. j-'i. - Muscc Je Mailrîii. formés d'un cercle et de lignes rayon-
nantes, el une sorte d'astre dont
une spirale ornée de crêles forme la tête, et qui se termine en queue
Fie. Ml. — Amarejo. (Must'c du Loinre.)
. E, Pollier, Va«<Mai.liqueidiil.oi..rc. j.l- 3i. Cf. Gooll. SécropuU de Vaki, PI. I, n» 7
serpentante; c'est peut-être la représentation fantaisiste d'une comète. Ces symboles, si ce sont là des symboles, courent entre une ligne supérieure de coins disposés en dents de scie (je parlerai plus bas de ce motif) et une ligne d'arceaux en ogives qui s'entre-croisent et dessinent un treillis (Fig. 56).
Une autre grande jarre de l'Amarejo, dont j'ai recueilli plusieurs morceaux et que j'ai déjà signalée (Fig. 4i ). est divisé par zones. dont les rubans de séparation sont bordés soit de demi-cercles concentriques accostés, soit de simples traits obliques ; le champ est divisé en
l''ic. 57. - Alborcadc Mi.rc
métopes par des groupes de lignes ondulées, verticales ou horizontales, ou de simples bâtonnets.
C'est du reste le cercle qui fournil le plus souvent les éléments de la décoration des zones.
Quelquefois, comme nous venons de le voir, cl comme on peut le voir encore dans un fragment de l'AIberca de Murcie, cl un autre de Meca, il y a simplement une succession de cercles concentriques dont le centre est marqué par un point (Fig. â~, 58), mais ce modèle semble encore assez rare.
Au contraire très fréquemment apparaissent des groupements varié» de demi-cercles concentriques. Ils s'appuient sur les plates-bandes
FiG. Ci. IJ5 et 66. — Alberca ds Murcic, Eldio.
horizontales qui leur servent de cordes, et se juxtaposent, tantôt tangents, tantôt nettement séparés ^
Un vase qui s'est conservé intact, et qui est passe de Montealegre, probablement du Cerro de los Santos ou du Llano de la (iOnsolacion, au collège des PP. Escolapios d'Yecla, est décoré d'une zone de ces demicercles opposés de part et d'autre d'un ruban circulaire sur lequel est marqué le centre commun* (Fig. 28).
Mais la disposition la plus intéressante se trouve sur un fragment d*Elclie et un autre de TAlberca de Murcie : deux rangées de ces demi-cercles concentriques sont placées de part et d*autre d'un ruban entourant la panse, de telle sorte que le centre de chaque groupe supérieur, par exemple, corresponde aux points de contact de deux groupes inférieurs. 11 y a donc opposition alternée, etTaspect général de l'ornement courant est celui d'un serpent sinueux (Fig. 64 et 65). On retrouve ce motif sur un fond de coupe appartenant à M. P. Ibarra(Fig. 66), et sur un assez volumineux fragment de vase cylindrique trouvé à T Amarejo, où ce méandre est aussi dessiné : mais chaque élément n'est formé que de quatre cercles concentriques (Fig. 67).
A Elche encore je trouve ce joli dessin : des demi-cercles concentriques complets se continuent par une série de demi-cercles concentriques interrompus, de manière a réserver comme des coins : l'ornement ressemble au plan d'un théâtre antique avec des gradins en cunei (Fig. 68). Un autre spécimen d'invention non moins ingénieuse (il provient aussi d*Elche) montre les demi-cercles flanqués de quarts de cercles concentriques qui sont disposés en dents de scie circulaire (Fig. 69).
L'urne déjà mentionnée de TAmarejo, dont j'ai pu recoller ensemble six fragments, offre sur une de ses zones une disposition spéciale : il n'y a plus de rangées de demi-cercles, mais une ceinture de groupes de demi-cercles se recouvrant en partie les uns les autres, suivant un dessin très régulier * (Fig. /|i).
I. Fig. aS (Amarcjo); a.') (\lbcrca dv \a lieyue archéolof;iffU(\ iS^fi, H, p. aa.*),
Murcie); 36, ^|i (Amarejo) ; fxj, 60, 61 (W- ou pour mieux dirn M. Kiigcl a pris noli>
bcrca de Murcie); 6a, 63 (Mcca); l'i (Acadc- de deux vases de ce t)f>o; je n'en ai retrouvé
mie do THiBloire), etc. Les n<*» 6a et 63 qu'un seul,
représentent les deux faces du m^mc tesson. 3. La figure ne donne qu'une partie de
a. Ce vase t été signalé par M. Engcl dans Tornement courant.
C'est à ce genre de décor qu'il faut rattacher une disposition assez
Fie;. 07. — Amarejo.
heureuse, bien que très simple : de petits cercles non tangents, dont les
V\<:. (iS et r.y, — lOlflic,
centres sont MtULs «ur une ini'mc ligne, sont enveloppes de cercles con-
LA CÉHAMrQUE 5^
ceniriques à plus long rayon, de telle façon que chacun de ces derniers
Fie, 70. — Araircjo.
îit en même temps tangent aux deux petits cercles voisins. Les grands
rote>eiô<
•i.'S'AîS'^i*
Fio. 71 et 7a. — Amirejo et Meca.
cercles se rccoupcntalors, Tormant de jolis secteurs curvilignes (Fig. 70,
FiG. 73 cl 74. — AmBrejo.
Artiarejo). Assez souvent le peintre n'a figuré que la moiti<! ou les deux
60 I.* CÉBAMIQLE
tiers de l'ornement, ijui s'appuîe sur un ruban ; la disposition rappellt alors d'assez près ces cordons de cerceaux que l'on plante en bordure dans les jardins (Fig. 71. 72, Araarejo et Meca). Les cercles peuvent aussi se recouvrir en partie les uns les autres, ou être Bimplemcnl,J tangents (Fig. 73. 74. Araarejo).
Knfin il faut ajouter que les deux systèmes de décor rectaliniîaïre el curviligne peuvent s'amalgamer l'un à l'autre, comme en font foi la plu-
Fin, 75, — Colkclion P. Ibarrs. (Elclia.)
part des Bgures jusqu'ici données. Ces images me dispensent d'un description qui pourrait être fatiguante. Je crois pourtant devoir altin l'attention sur un petit plat de l'Alcudia d'Elche (collection Pedroï Ibarra), où la liaison des triglyplies qui forment la première zone, prè0,4 du pied, avec les demi-cercles de la zone suivante dcssïnc une sorte crosse assez ingénieuse (Fig. 70). On te retrouve, mais indiqué aveol une mollesse maladroite sur la grande urne qui a passé de Saragosaas au Cabinet de l'Académie de l'Histoire, à Madrid (Fig. i!\).
LA CÉH\MIQUG 6l
J'ai gardé pour le décrire en dernier lieu le plus fréquent peut-être
Fio. "0, 7", 78. — Aiiian-jo.
des ornemcnls géométriques, celui qui prtîtc, daus la poterie que j'exa-
Fio. 79, 80, 8(, 8». — Ccrro cic r\maTCJi>.
mine, aux groupements les plus variés. Il s'agit d'un véritable coin
Ca, LA céhamioue
lormé dun secteur de cercle daiis lequel sont enfci mes des segments d circonférences concentriques. Ce coin s'applique d'ordinaire par un deî ctMés de l'angle sur un autre ornement: quand il s'a[ipui(' Hur l'un de^ rubans qui dt'termincnl les zones, et cela est fréquent, il a donc deu: eûtes curvilignes, -le n'ai pas constaté qu'il fût jamais employé ÎsoIn ment, Picsque loujouis il y en a des s('rics disposées en <lenls de sciel
i.i.ltTojar. (Must^e Je Madiirl )
(Fig. i3. n" .7',. i4. a/i, 38. 3f, ,^3, 5(i, dti. 63. 70, 7(î. 77. 78,, ygij 80. 81, 82. 83, 8i, Ki. 8(i).
On l'a trî'H souvent fait servir à la décoration de fonds de coupes, l'intérieur, au revers ou sur les bords. Quelquefois les deux bords d'ui m^me zone en sont garnis (Fig. 8()) et quelquefois encore ils (lanquei
I, l''ig. i3, ((;armon*); i^, (ArsE): aj (Elche); aS (Y^cIb) ; 33. 33 (Madrid); 56 (Amerejo) ; 6a, 63 (Mm«) : 70 (Elclio) ; 76, 77, 78 (\anrojo)-, 79 (Alberca do Murcîu); 80. 81. 8a {Amtrejo): 83 (Focnle-Tojar- Madrid); 8S (Elche): 85, 86 (Allwrrs de
M,.rcio).
I.c Pire Lotano. dan^t son Histoire t Jiimitla (pi. Il" 1111) donno, comme je t'a dit, lo dotsiD d'une œnochoi^ trouvée k \g chena. prts de Mtircie : es motil c\ principtl o
les rubans qui séparent deux zones, et courent de chaque côte dans un sens opposé (Fig. 24, 62); on les voit aussi groupés trois par trois, chaque groupe étant séparé du suivant par un intervalle (Fig. 28).
Il peut y avoir du reste des complications heureuses. Par exemple il arrive que les coins se recouvrent en partie les uns les autres, de façon que les plus petits arcs de cercles de Tun, en se prolongeant, forment les plus grands de Tautre.
Fie. 8/j. — Elchc. (Lou\rc.)
Les variantes, d'autre part, sont nombreuses et parfois délicates. Par exemple, sur un bord de coupe, les pointes des dents sont émoussées et arrondies (Fig. 82), ou bien les côtés de l'angle sont supprimés, et Tor-
Fi<;. 85 pl Si). — Alberca de Murrio.
nement en parait plus léger (Fig. 2'i, ^2, G2 et G3, 75, 76, 77, 78). J'aurais pu ramasser des milliers de tessons où il était fait usage de ce motif, sous ses différents aspects; j'en ai récollé un grand nombre, mais je n'en présente que quelques-uns, pour ne pas fatiguer le lecteur. Tous les débris énumérés jusqu'ici sont de style géométrique pur, c'està-dire que les éléments peuvent en (^Irc tracés avec la règle et le compas.
t)4 l-'V CERAMIQUE
Est-ce un progrès, esl-ce au contraire un signe de fatigue ? Toujours C8t-il que sur quelques vases la ligne droite s'infléchît, s'incurve, comme tremblante, et la circonférence, au lieu dVirc nettement tracée au compas, est formée de traits à main levée, irrégulière et sans souci de parallélisme. Le plus frappant spécimen est le vase presque intact de la collection Canovas, à Lorca, qui a été trouvé dans une mine à Herrertas de Vera (Fig. 35). D'ailleurs le style de la décoration de ce vase et la teinte de la couleur comme de l'argile indiquent une fabrique spéciale.
Après la décoration géométrique, en voici une plus souple et plus
Kic. 87. 88. 89, 90. — Elclie. Amarejo. Alberea de Murcie.. liordic: après les circonférences concentriques voici les enroulements.
que nous montrent très nettement des tessons d'Elche, de l'Alberca de Murcie, de l'Amarejo (Fig. 87, 88, 89, 90). L'irrégularité des spirales, l'épaisseur du Irait, prouvent que l'exécution n*a rien de mathématique. D'ailleurs tous les documents que j'ai recueillis ou notés semblent concourir ît prouver que ce motif ne s'est pas suffi à lui-même, comme il faisait h Mycènes. On voit partir de quelque point de la volute des traits
qui la raccordent avec d'autres ornements, et l'on peut affirmer, je crois, que ce motif se rattache le plus souvent à la décoration végétale et peut-ôti-e aussi animale'. Mais il y a pourtant des exemples où il reste plus géométrique et se réduit à de simples et ingénieuses combinaisons de rinceaux'.
Du reste la plante, feuilles. Heurs, vrilles, tiges, joue un rôle impor-
I. Fig. 87, 88{Elcho)-. 89 (Anitrejo); 90 (Albcrca .le Murcie). ». Fig. gi (.\miTejo); ija (\fciM).
co
LA CUHAMIQL'E
tant dans celte céramique espagnole. On senl un effort tantôt pour copier la nature, tantôt pour l'interpréter et la styliser.
Dans la première catégorie je place le fragment que représente la figure 93 (Elclie, Musée de Madrid) oii se trouve dessinée une plante grasse, d'après nature, ou tout au moins de manière à imiter la nature, car les différentes feuilles sont irrégulières quoique symétriques ; il en
Fie. gS, g't, gâ. — Elchp. (Madrid.)
est de mfme de la figure 9/1 'Id, où l'on voit comme les extrémités de vrilles de volubilis ou de vigne, de la figure 95 Id. qui semble représenter une feuille de fougère, et des figures 96, 97, 98, où l'on reconnaît aisément des épines courtes ou longues'.
Mais le prix revientau grand tesson, Fig. gg, qui se trouve à Madrid ; le champ est divisé en deux par une double ligne sinueuse ressemblant à un ruban brodé de pois ; d'un côté sont de menues tiges flanquées de
I. V'ig. gti, Q7. g8 (Meca). Le dessin de la ligure gO r reiiilles de scolopendre dcnlel^u.
La céramique 67
feuilles et de petites baies rondes, peut-être des branches d'olivier ou de laurier, de l'autre de petits rameaux portant des fleurs ctoilécs.
Fio, r,(j, 1)7, i,N, .- M.'ra.
IL faut en rapproclior un iVnginont (|iii, s'il l'iuit |)lus grand, aurait beaucoup de valeur: je l'ai trouvé à l'Arnarcjo, et déposé au Louvre.
Kl.;. (|ç). - Elclir. (MiiiiV .le Ma.lri.l.)
On y voit deux fruits, des grenades très probablement, cantonnés de part et d'autre d'une tige en S. Cela formait un ornement coumnl d'élégante
notés (liiiis le vaste cnsemhlc de
68 LA CÉBAMlQfE
forme ondulée: une autre zone parallèle à celle-là avait aussi reçu des fruits ou des lleurs, maïs il en reste trop peu pour que j'ose préciser davantage (Fig. loo).
Lu supériorité reste encore h un important débris de vase h peu près cylindrique du Musée de Tarragone.
Entre de longues dents striées verticalement de lignes droites et de raies de points, on .voit de larges marguerites portées par une tige souple ornée de deux feuilles. Le dessin est tout à faitjuste et la fleur semble copiée d'après nature. C'est un des motifs à la fois les plus simples et les plus francs que j'aie la décoration ibérique' (Fig. loi).
Je dois comparer à ce fragment, auquel ils le cèdent d'ailleurs, deux vases complets conservés l'un au Musée de Madrid (Fig. los) et l'autre au Musée de Murcie (Fig. io3)'.
Le premier, qui provient peutêtre d'Ëlclie, est une petite cruche avec une anse en travers du col. La principale zone est richement décorée de métopes dont le champ est occupé par des feuillages : des tiges qui semblent sortir de terre portent à leur extrémité supérieure de larges feuilles en forme de cœur, comme
.1. Caldlogo del Museo arqutlogico rie arqneolùgica Tarragonense). M. G. J. de
Tarragona, p. 1C7, n" 33C."i (>*um. aÔ(H- Guillfn-Garcia, Les Uéléens etc., fig. 3.
15G7). FrRgmcntoi df. ^asljas con pinluras 3. De ce drrnicr je n'aï dessiné que l'orne-
nioniHT'imala'i. D. P. y S. \. (Excma Dipu- mciil. Le motif se ri'pète pluiieurs fois autour
iBcioii l'roiiririal de Tarragona » Sodcdad de la panie.
fie. io3. — Mus6e du M.
des feuillea de lierre ou de liseron ; sur les côtés sont des feuilles plus petites et de petites boules, boulons de fleurs ou fruits. Le vase de Murcie est une sorte de bouteille a une anse allant du goulot à la panse ; à la naissance de la gorge est une zone de métopes, et le champ de chacune a reçu une simple feuille en forme de cœur. A droite et ù gauche la feuille est flanquée d'un groupe de points qui se retrouve à la même place sur le vase de Madrid.
Au contraire, les ornements figurés du numéro ici au numéro 1 29 ' semblent avoir la précision qui est la marque de la stylisation décorative; ta figure ii3 mérite une mention spéciale à cause de la marguerite qui remplit le vide du champ et qu'il serait impossible d'identifier rigoureusement.
Cette fleurette se retrouve aussi sur le fragment de Madrid u" 176^1 (PI, l) avec une double spirale formée de vrilles ; on la voit aussi sur la figure 88, et plus compliquée encore sur la figure [83. Peut-être bien même, faut-il la reconnaître, très agrandie, 167 (Meca) ',
Non moins intéressants sont des tessons à décor végétal de l'Amarejo actuellement au Musée du Louvre, lis proviennent de jarres très grandes, comme le prouvent la courbure et l'épaisseur de l'argile (Fig. 1 3o- 1 3.'i) ; la décoration est faite d'éléments floraux, mais elle n'a rien de semblable, par exemple, à celle de la figure 99. Les vrilles tracées en lignes serpentines où en spirales y dominent ; mais ces vrilles mêmes sont franchement stylisées et se raccordent avec tout un ensemble de figures
- les tessons i(ii, 16^
I. Fig. ■«^(Elchv); i<>5, io6 (AltKirca d MuTcic); U17 (Mcca); 108 (Elchc); 10 (Meca); iio (Mlicrca Ju Murcio); 11 (Elcfae)! iii(Mccb); ii3 (Alberca Je Mm ci«) ; ut (Mcca); n.'i (\mirejo); 11
(Moci); 117 (Elchc); 118 (Ctbcia dol (iricgn): :iij (\inarcju): 1 10 (Mac*); m, ii3(.\maroj<>); ij3 (Muca) : ii'i, ii5. iiG (Am.rojt.); ,,7 (Mo™); ,ï8. .ï9(.\marojo).
ï. Voj inrrk, p. 85.
LA CÉHAMIQUE "jS
irrégulières, dessinées hardiment, sans parti pris, qui rappellent des figures géométriques mais n*en sont pas précisément. J'ai noté des ornements analogues, et surtout les mômes procédés en beaucoup de fragments recueillis à My cènes même * .
En dehors des débris de cette grande jarre, sur des tessons de l'Amarejo et de Meca que j'ai déjà signalés (Fig. 137, 128, 139), on reconnaît sans peine une ornementation du même type, et c'est elle aussi qui se
FiG. lag. — Amarejo.
retrouve sur deux morceaux du Musée de Tarragone' (Fig. i35) et de Villanueva y Geltrù (Fig. i5).
Nos figures 1 3 1 , i32, 1 34 (Amarejo) en particulier présentent une forme que j'avais crue jusqu'à présent spéciale à Mycènes. Schliemann a recueilli un débris sur lequel sont figurées deux spirales opposées, et de chacune d'elles sort un corps d'escargot'; à TAmarejo se retrouve le même ornement, sauf la tête de l'animal, et ce motif a eu beaucoup de succès, comme le prouvent d'assez nombreux fragments ramassés en divers lieux. Les traits du quadrillage que l'on remarque sur les tessons n*** lie, III, II 4, II 5, i36, 139 (Meca), se rattachent peul-être
1. Vojex par exemple : A. Furlwaengler cl a G. J. de Guillén-Garcîa, Les llétéens
G. Leeschckc, Mykenische Kase/i, pi. XXIX, etc., fig. a (== Musée de Tarragonc, n" a567
n»« 347, a5o, 363, 358; pi. XXXIÎ, no*3o3, et n*» 3566).
363,364. 373. 37'i; XXXVIII, !!•>• 386, 387. 3. .Vr^emscAe Fasc/i, pi. \\\M. fig. 364.
7^ LA CÉRAMIOUE
au même principe ; mais on verra plus loin qu'où peut aussi songer à une autre interprétation.
Si dans tous ces motifs l'idée végétale est un peu obscure, il faut faire une exception pour la figure i3o, où l'on voit la plante sortir de terre, s'étaler en éventail et lancer de droite et de gauche ses tiges et ses vrilles, sans que néanmoins disparaisse la stylisation géométrique.
EnBnje crois qu'il convient de faire quelques réserves, avant de les rattacher à la décoration florale stylisée, sur un certain nombre de dessins imprécis, comme ceux que représentent les figures i36, 137, i38, i3g, ido, 1^1, 1^3, 1^3, i4^, i^D, 1/17, 1^8, 149, i5o; lafigurc 1 46 au contraire donne assez bien l'idée de longues liges pointues et flexibles, comme celles de l'iris, reployées sur elles-mêmes à leur extrémité'.
1. Fig. i^o (Meca); l'ii (Kkbc) ; lii (Meca); i^S, tVi(\U>erca de Murcïo); 1^5,
liG. i'i7 (Mcca): i'i8(Villaricos); lig, 1 (Mc«).
Kib. i3i, i3i. — \marejo, (Muijc du Louvre.)
Fie. iit|. — AmarFJo, Fio. ilt">. — Musde de Tarrmgoi
K.c. i3(i-i3y. — Mec
LA cénAMIQt'E 79
Une place à pari doit èlie faite ù un ingénieux lacis de liges et de
Fiu. lig. — Mec
feuilles rubanées, thème qui revient à satiété dans la céramique qui
Fio, i5o. — Meoi.
nous occupe. Les décorateurs en Ont vraiment abusé, et l'on en serait
LA CERAMIQUE 8l
promptemenl fatigué, s'il n'était pas d'ordinaire joint à d'autres
Fio. ijS. — Amurejo.
éléments moins banau\ qui le rejettent au rang d'accessoire. Avec les
Fio, iSg. i6o. — Amarcjo.
coins formés de quarts de cercles dont j'ai parlé et les faisceaux de
La cÉRAMIQt'E 83
lignes ondulées verticales, on peut dire que ce motif, qu'il soit du reste plus ou moins précis dans sa forme, est caraclérisquc de la poterie que j'étudie. Je n'ai dessiné que les spécimens les moins communs de cet ornement et je le retrouve pourtant un très grand nombre de fois' (Fig. 58, i5i- 157, 169, 160).
Comme en tout essai de classilication du genre de celui-ci, certains motifs rentrent diilicilemcnt dans une série précise ; on verra donc rassemblés sous les numéros lOi a 1C7* quelques débris, des fonds de coupes, décorés de lignes rayonnantes. Ce sont des ornements rapides, qui dénotent une exécution aisée, et plus de routine que d imagi- .
nation. J'en dirai autant du treillis de lignes qui s'entremêlent sur le flanc d'une cruclie d'ElcIie, au Musée de Madrid' (Fig. 1C8).
-, (Miiîtede M.clri<i).
Le mélange de l'élément géométrique à l'éliMncnl floral a donné naissance à une ornementation de caractère très spécial que l'on peut étudier sur des vases intacts reeueiUis à Meca. Le dessin le plus simple se trouve sur un vase en forme d'askos. C'est un motif courant formé de deux lignes ondulées parallèles ; dans le creux des ondulations s'enroulent des spirales opposées. Le trait de pinceau est large et irrégulicr. On volt qu'il a été tracée à main levée, et aussi sans aucune préoccupation d'exactitude mathémathique (Fig. iGi)). Sur uneœnociioé fort bien conservée
I. Fig. i5i (Elclic). Le dessin ne donne qu'un fragmanl du dËcar d'un vaie dipoti au Muti» da Madrid (n» i5G33). Le mAmo motif j Ml reproduit i silirt^ >urll pinsc KIg. l.')^
(Mcct); ir>3(irf.); i.'ii(Aro»rcjo); iSf). |5( 1 57 (Meca); lùS, l.'ig, lUci (Ymarcj'i).