‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 5)Chapitre 2 sur 89 · II. — I · texte numérisé non relu

II. — I

Je m'en tiendrai à Texamen de monuments un peu moins antiques, a coup sûr, mais certainement plus originaux, sur lesquels jusqu'à présent l'attention a été bien rarement appelée, et qui, d'ailleurs, pour la plupart, ont élé recueillis par moi, ici dans les fouilles sommaires, là dans des explorations minutieuses de ruines, de castillos et de despoblados, que pour le reste j'ai notés ou dessinés dans les Musées publics et les collections particulières des villes que j'ai visitées.

J'ai de plus l'intention de ni'occuper exclusivement de la céramique indigène et non de celle qui a pu être importée ; il me semble d'ailleurs qu'elle se distingue très nettement de tous les autres produits delà même industrie fabriqués soit antérieurement, je puis dire à 1 Age préliistorique, soit postérieurement, à Tépoque romaine, et la distinction s'établit d'ellemême, grâce aux motifs tout à fait spéciaux de la décoration.

Mais les ornements peints à la surface de l'argile permettent encore d'établir que l'originalité de cet art indigène n'est pas absolue : que les potiers ibères, comme les sculpteurs, ont subi desinlluences extérieures, et que, parmi ces inlluences, la plus ancienne, la plus forte, la plus soutenue, est celle de la Grèce. J'arriverai, je l'espère, à prouver, en m'occupant de la céramique comme en m'occnpant de la sculpture, qu'à une époque très reculée, aux temps presque mylbologiques où nous permettent de remonter les textes boméri(jU(*s et les souvenirs des poètes et des mylliograplies, ce n'étaient pas seulement des courants de rumeurs vagues, des récits fabuleux de marins ramenés miraculeusement des lointaines plages occidentales en des vocrot aventureux, ce n'étaient pas seulement des traditions confuses qui relataient les rapports des primitifs navigateurs bellenes avec le pays des tlolonnes d'Hercule, mais ces raj)ports furent réels; le commerce les noua plus solidement que les simples basards de la mer; les marcbands orientaux apportèrent aux rivages ibériques les produits ouvrés dans leurs ateliers féconds. Mais par ces Orientaux, ce ne sont pas seulement les courtiers par excellence de la Méditerranée, les caboteurs pbéniciens de Tyr ou de Sidon qu'il faut entendre ; ce sont aussi ces ancêtres encore énigmatiques des Hellènes, de quelque nom qu'on les appelé, ces Pélasges, ces Acbécns, ces Egéens, disons pour être entendu de tous, ces Mycéniens, jdont le

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domaine semble s'annexer chaque jour quelque nouveau territoire jusque dans les régions les plus lointaines.

On sait qu'actuellement, comme la si hien dit M. E. Potlier dans son (dialogue des vases anilfjties de terre cuite du Louvre \ les archéologues ne se partagent plus quen deu\ camps au sujet des dates où peut être renfermée l'histoire de l'industrie, en parti(*ulier de la céramique mycénieime. (IcUe civilisalion a fleuri, suivant les uns, entre les années i 'ioo et I loo, et Ton en retrouve des survivances au x*^ et au iv" siècle encore; suivant les autres, elle s(»rait plus récente, et se placerait aux vm*' et Mi° siècles.

La première opinion me semble de beaucoup la plus solide, de même (|u'à MM. Poltier, Perrot, (lollignon, bien d'autres encore. (Connue les colonies phocéennes ne se sont établies sur les cotes d'Espagne (pi'au vu" siècle, c'est six ou sept cents ans que l'étude des anti(piités ibériques permet de faire gagner à l'inlluence de la (irècc sur les peuples de la Péninsule.

Il est du reste bien remarquable que le développement de la céramicpie ibéro-mycénicnne a suivi comme pas à pas celui de la cérami(pic mycénienne. L'examen des vases entiers ou fragmentaires (pie j'ai étudiés ou recueillis un peu partout en Espagne, établira ce fait avec évidence, je l'espère.

Ce qui m'a mis sur la voie de cette étude, c'est l'exploration que j'eus l'occasion de faire de deux sites particulièrement instructifs, le (Icrro de VAmarejo et l'acropole de Meca. Aussi dois-je avant tout donner de ces deux sites, où la récolte a été aussi précieuse cju'abondante, une description détaillée.

Le (Jerro de l'Amarejo était, je crois, absolunuMit inconnu en France

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