Fig. i3o, Madrid, n" ;035. Del» Rada, pi. XI. n
Il faut «joutera celte sériels slalued'Yecla, fig. aflo {Bulletin hispanique, III. p. îao, 11" 3o. fig. ii). dont le vêtement jieut se décrire ainsi, mais avec quelques doutes: n Robe serrée * la ceinture; la jupe Fait des plis transversaux el parallèles, allant de gauche a droite; elle est recouverte, surtout lo cftlé droil, par un pan de mantrau qui tombe à plis ardiaîqucs. »
On y
l fort 11
qu'elle est, elle mesure o m , Co de hauteur.
3. Il peut subsister des doutes sur le sci du personnage ; on serait tenté de le prend r
bouclt
de
emme, car il se
cbcvcui luuil)
fnble qu'une longue tout le long de
l'épaule el du bras droits ; ce qu comme des boucles d'allacbe s
e je regarde
des collier et le svslè
. Mais l'aspect gênerai 10 de disposition du gr
de la figure, 'élément des
femme
, di
Cerro de 1 os Sa
ntos
3(t, Yecla Pie
rcPa
s. Bulletin
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
e, III. p. 117.
. Ibid., p. 117 . Ibid., p. 117 . Ibid , p. 117 . Ibid., p. 118
pi II. n- 1.
fig. i-
fig. 5. ' fig. ti.
bases où adhèrent encore ici des pieds couverts de guêtres diversement coupées et attachées (Fig. 2,43) \ là des pieds sur lesquels descendent
Fie. a43.
Fie. a46.
Fie. •x!\!\
Fig. 2^5.
Fig. a^7-
Fig. 2^8.
Fig. a49- Fie. a5o.
Fragments du Gerro de los Santos (Yecla et Murcie).
comme des jambes de pantalons (Fig. 25o, a5i) 2 . Une description
Fig. a46. Ihid. % p. 118, n° 19, fig. 8.
Fig. 2^7. Ibid; p. 118, n° 20, fig. 9.
Fig. 2'»8. Musée de Murcie. lbid.,\). 125, n° 52, fig. i5.
Fig. 2^9. Musée de Madrid. De la Rada, pi. XI, n« 5(N U 70:^8).
1. Cf. A. Engel, Rapport, pi. X, n° 7, et le groupe de la figure i46.
2. Fig. 200, Yecla. Bulletin hispanique, III, p. 116. n° ia» fig 3. — Fig. 25 1, Yecla. Ibid. p, 116, n° 11, pi. II, n° 1.
détaillée de chacun des fragments auxquels je fais allusion serait fatigante, et les gravures la rendent superflue : mais il faut faire remarquer quel usage les sculpteurs ont fait, lorsqu'ils exécutaient des images viriles, de ce qu'on est convenu d'appeler les plis archaïques ; il est bien rare, lorsqu'un pan de manteau se retourne et retombe , que de larges plis plats ne soient pas Fie. a5i . — Yecl». indiqués soit par une dégradation
de relief, soit par des traits incis, tels que nous les voyons dans l'art grec, c'est-à-dire ayant les bords dessinés par de grands zigzags réguliers. C'est par celte particularité que le drapement des étoffes dont sont vêtus les hommes se rapproche de celui des vêtements de femmes.
Toutes ces figures sont pour ainsi dire civiles ; faut-il reconnaître un fragment de statue militaire dans celui qu'a publié M. delà Hada (pi. XI, n" d) et qui représente le torse d'un homme portant en écharpe un large baudrier plat au travers duquel est passée une arme à manche crochu, la main gauche s'appuyant sur le milieu du fourreau? (Fig. 25a). Si oui, la perle ou plu tôt la mutilation de l'œuvre est fort à déplorer. Prêtres ou simples dévots, tous ces Ibères ont un goût très prononcé pour les bijoux. Je n'ai pas remarqué que la main d'aucun d'eux soit ornée de bagues; mais la plupart portent des bracelets au-dessus du coude, et quelques-uns des colliers. Les bracelets sont de simples cercles plats, ou des spirales imitant sans doute le corps enroulé des serpents. Il semble même que parfois une tète de serpent soit figurée à l'un des bouts de l'ornement (Fig. 238). Comme colliers, j'ai noté sur un fragment de Madrid une sorte de cravate plate dont les deux
iPTURE
bouts se croisent au milieu de la poitrine 1 (Fig. 333, a), et une tresse d'où pend une grosse bulle ronde (Fig. a33, 1).
En somme, en ce qui concerne les statues viriles, notre curiosité serait bien déçue si l'on n'avait retrouvé au Cerro de los Santos que ces documents incomplets et vagues. Par bonheur les tètes d'hommes sont en très grand nombre, et l'on se demande vraiment comment une telle quantité de sculptures a pu s'entasser sur l'étroite esplanade du temple.
Il ne saurait être question de décrire toutes ces têtes les unes après les autres et par le menu ; la lîgurea53, qui reproduitune photographie prise à Yecla au plus fort des découvertes, donne une idée de leur abondance et de leur variété ; mais on peut essayer de les cataloguer par séries.
Ce n'est point ici le type du visage, mais bien plutôt le style qui peut nous guider, et surtout la disposition des cheveux et la façon conventionnelle ou libre dont ils sont rendus.
Un assez petit nombre de ces fragments si précieux ont été
publiés. M. de la Rada n'a donné
1 , l¥u:. aJ3. — Tètes el fragmenta de seulpliiret
les dessins que de neuf, qui sont du Ccrro (ancienne photographie).
au musée de Madrid (pi. XII) el
encore ces dessins ne fournissent-ils qu'une très vague idée des modèles
originaux. 11 est vrai que parmi ces neuf il avait compris les deux télés qui
i Madrid, n° 7608. De la Rada, pi. Y, n° 5.
LA SCULPTURE j3-
ont paru à juste titre de très haute importance à M. Léon Heuzey, et dignes entre toutes d'être commentées. M. Arthur Engel en a fait connaître quelques autres, et les images d'un assez grand nombre encore, appartenant à divers musées et collections d'Espagne et de France, ont été données en 1901 dans le Bulletin hispanique. La réunion des figures qui illustrent ce chapitre doit donc comprendre beaucoup de têtes inédites ; j'ai cru bon de multiplier les images, car il n'en est aucune qui ne soit curieuse ou instructive, et toutes valent mieux qu'une description même très précise.
Je ne connais qu'un exemple de tête barbue. Elle mérite d'ailleurs d'être mise à part, car elle a un aspect très particulier. Les cheveux, qui sont aplatis sur le front et tombent jusque sur la nuque où ils s'arrêtent, carrément coupés, sont étages en ondulations horizontales dont chacune est guillochée de traits obliques, formant chevrons d'un rang à l'autre. Cela donne tout à fait l'aspect d'une perruque. L'oreille est très nettement découverte, et porte un grand anneau. Quant à la barbe, elle est réduite à un collier plat ; les joues, les lèvres, la moitié du menton sont rasées, à l'américaine. Le style est d'ailleurs tout à fait naïf, et la forme de l'œil, de ce qui reste du nez, de la bouche, du menton, est aussi barbare que la forme tout à lait extraordinaire de l'oreille. Celle-ci est si bizarre que l'on se sait si une sorte de cordon saillant qui entoure le pavillon est le rebord même de ce pavillon ou un lien servant à suspendre l'anneau (Fig. a54 et »55)'.
Une autre petite tète de Madrid, inédite, est construite de même, et
Fie aâG —Tèle virile du Cerro de lo»
porte aussi les cheveux plats sur le Santos (Madrid).
crâne et coupés courts sur la nuque ;
mais la surface de cette perruque est lisse (Fig. a56). Au contraire, la
1. Madrid, .1" 7557. Hauteur, o™,iâ. De la Rada, pi. XII. nf> 6.
338 LA SCL'LrTURK
ligure s5y est l'image d'une tête de meilleur style, sans aucun doute, quoique bien imparfaite encore, dont la coiiïurc est ondulée dans la même intention que celle de la première. Seulement les cheveux sont plus épais au-dessus du front, plus courts sur la nuque, et les ondulations ne sont pas recoupées de Inûls indiquant le détail des poils.
C'est le portrait d'un homme jeune, au visage largement épanoui. Il porte aussi des boucles d'oreilles ' .
11 y a des exemples de lètes coinces. Celle qu'a dessinée M. de la Itada à la pi. XII, n* 5 du Discurso* , me semble, avec sa mitre extravagante une fantaisie de l'inventif Amat et c'est peut-être, d'ailleurs, une tête de femme; quant à celles dont le crâne parait porter une calotte étroite, l'enveloppant
l. Madrid, ij" 753-;. Inédite. a. Madrid, n» 7 5ia. Hauteur, o™,»4.
LA SCULPTURE 23q
tout entier et tombant sur la nuque, je me demande si tout simplement les sculpteurs ne les ont pas laissées inachevées, ou si le détail de» mèches ne devait pas être indiqué par la peinture sur la surface conservée lisse. H y a à Madrid trois têtes de ce type : l'une (Fig. a58)' est 1res primitive,
F 1C . ï58. — Tête virile du Cerro (Madrid).
de forme absolument contre nature ; les deux autres, figure 269 et surtout figure 2O0, sont meilleures, sans être bonnes ; la seconde a un assez grand air de gravité que tempère un léger sourire archaïque ; elle porte des boucles d'oreilles*.
Au contraire, deux petites têtes très importantes du même musée portent une calotte à retroussis qui ressemble d'assez près à un turban. Tout le bas du visage de la première a été emporté, ce qui est fort dom-
flflo LA SCULPTl'BF
mage, car ce qui reste csl modelé avec une finesse et une précision d'ana-
Pic a5g el afin. — Carra de loi Sanlos (Madrid).
tomie qui sont rares, et c'était là, malgré ia taille exiguë de l'objet, un
Fie. 361 a, b. — Télé virile du Cerro (Madrid).
des meilleurs spécimens de l'art du Cerro (Fig. 261, a, b)' .
I . Inédite, n" 77 [3. Voici quelques détail* sont 1res grands et obliques. La pierre semble
que j'ai notés. Sur le crins sont gravées de avoir été trempée dans un bain de chaux, afin
petites lignes; lei jeux, fendus en amande, de recevoir une coloration. Sur le cou, par
LA SCULPTURE i?\l
La seconde est de même type, mais un peu moins accentué, c'est-àdire que le nez est également très aquilîn ; les yeux sont plus à fleur de tête, gros et saillants. Quant au bandeau, il est identique, et sur le cou remonte aussi le même col de manteau ou de cape (Fig. 26a, a, 6) 1 .
Fie. a6a a, b. — Tête virile du Cerro (Madrid).
Surtout il faut donner une mention de choix à une tête de demi-grandeur, ou plutôt à une moitié de tête qui est par la pureté et la noblesse du style une des plus belles de la collection. Le crâne est coiffé d'une étroite calotte très serrée et lisse, au bord postérieur de laquelle, derrière t'oreille, est attaché un appendice découpé qui joue l'office de garde-nuque. On s'étonne un peu des dimensions réduites de cet accessoire, qui ne protégeait qu'une petite partie du crâne et du cou. Il n'y a pourtant à hésiter ni sur sa forme ni sur sa destination, car on retrouve un casque (?) absolument identique sur la tète d'une jolie figurine de bronze de la collection Vives, à Madrid. Aux oreilles, ou plutôt à l'oreille, car une seule est conservée, il y a un anneau ; l'œil est étroit et oblique, mais c'est la pointe extérieure qui s'abaisse, ainsi que les coins de la bouche,
derrière, on aperçait une cape remontante traire fort dure.
formant une sorte de collerette Médicis. La I. Inédite, N» 7716. La pierre est dura
pierre D'est pas un gris tendre, elle est au cou- comme la précédente.
aâa la sculpture
dont les lèvres sont charnues et saillantes. Le personnage a, très nettement marquée, l'expression un peu boudeuse qui caractérise quelques belles tètes grecques de l'archaïsme finissant (PI. XI, à gauche, et Fig. a63)'.
Enfin, le musée de Murcie possède une autre tête casquée, haute de o",io, dont la face a beaucoup souffert ; le haut du front et le crâne, le nez, l'œil droit sont mutilés ou ont disparu ; ce qui reste montre un style simple et rapide ; mais L'intérêt réside surtout dans le casque, une calotte arrondie collée sur le crâne, laissant l'oreille dégagée, et terminée par un garde-nuque strié de haut en bas par de petites lignes parallèles. Il semble que le casque soit formé d'une double feuille de v 03 — M d J métal ou de cuir, colle de dessous dé-
passant un peu celle de dessus sur la nuque. Sur les tempes quelques traits indiquent des mèches de cheveux s'échappanl du casque 1 (Fig. a64).
J'arrive maintenant aux tètes nues, ayant les cheveux figurés ; elles se groupent en deux classes: d'abord celles où, comme le dit M. Heuzey, les boucles sont alignées par files régulières et remplies par des courbes concentriques, ensuite celles où « la même disposition décorative s'exagérant encore, jusqu'à devenir géométrique les boucles sont remplacées par des pointes, par de véritables dents alternant d'une file à l'autre, suivant un système d'imbrications purement artificiel 3 ».
Il va sans dire, comme l'a remarqué justement notre guide, que parmi les nombreuses têtes de caractère analogue on n'en trouverait
. Madrid. Inédite, La lêle csl en pierre p. llj, n" 5o. pi. VI, n° l. s, comme celle que re produise ni les 3. L. Hcuzpv. Revue ri'Assyriologie, Il
roa 161 el aGa. p. 107 et s.
Pierre Paris, Bulletin hispanique, III,
LA SCULPTURE a43
pas deux qui soient exactement les mêmes, qui ne présentent des nuances
Fie. >6j. — Tète casquée du Corro (Musée de Murcie.)
de style et une gradation d'époque dans le rendu de la chevelure. Il faut, en effet, bien insister sur ce fait que quelquefois les cheveux sont traités avec plus de souplesse; la rigidité géométrique s'infléchit, et la régularité se brise.
Je connais 22 têtes de ce type, ayant ceci de commun que les cheveux sont disposés par mèches arrondies ou par mèches en virgules allongées. En voici la nomenclature sommaire ' :
1° PI. X bis et Fig. a65. Musée de Madrid, n" 7508. L. Heuzey, Revue d'Assy-
riobgie, II, pi. IV. Cf. A. Engel, Rapport, Fio.aCS. - Titedu Ccrro (Madrid). p. 181, fig. C.
a PI. XI, au milieu. Madrid, n° 7588. inédite.
3" Fig. 266. Ibid., n° 7507. Inédite.
t. Il eat bien entendu que j pnlili ou informel.
i laissé de cité un très grand nombre de fragments ou trop
4° Fig. 267. Ibid., n° 7584. Inédite.
5° Fig. 268. Ibid., n° 7 566. Inédite.
6'' Fig. 269. Ibid., n* 7587. Inédite.
7" Fig. 270. Ibid., n" 7536. Inédite.
8° Fig. 271. Ibid., n" 7040. Inédite.
9 Fig. 272. Collège d'Yecla.
Bulletin hispanique, III, pi. ii5, n" 5, pi. I, n* 5.
10 e Fig. 273. Madrid, n° 7020.
Inédile.
ii° Fig. 27^. Vecla. Bulletin Fie. a66.— Madrid. hispanique, III, p. 1 15, n* 3, pi. I,
12" PI. IX et Fig. 270. Madrid, n" 7Ji3. De la Itada, Discurso, pi. XII, n" 4- L- Heuzev, Bévue d'Assyriologie. II, pi. IV; A. Engel, Bapport, p. 181, fig. 5.
I3" Fig. 276 a et b. Yecla.
Bulletin hispanique, III, p. îii.
n° 2, pi. I, n" 2 a, 2 b.
i4* Louvre, Ibid., p. i32, n° 7 6, pi. VI, n°3.
i5. PI. XI, & droite. Madrid, n' 75o5. Inédite.
16" Fig. 277. Madrid, n" 7535.
Inédite.
17 Fig. 278, Yecla. Bulletin hispanique, III, p. 1 15, n° 4,
pi. I, n" t\- Fie. 367, —Madrid.
i8° Fig. 379. Madrid, n° 7 583. Inédite.
-Yccla. F
Tètoi du Corro de los Sintos.
Fie. 3-.5. — Madrid.
Pic. s 7 6«. Fm. 376''
Têtes du Cerro de loi Sanlos (Yecla).
19 Fig. 280. Louvre. Bulletin hispanique, III, p. i3i, n" 73. PL VIII,
Fie. 180. — Tète du Cerro de los Sanlos (Louvre). 2O Fig. 381. Louvre. Inédite 1 ;
I. Achetée en 1903 en même temps que l'un des premiers investigateur! du Cerro. Par
laïtête fiRurtp sous notre numéro 166. Celle- une ctourderie dont je m'excuse, j'ai écrit
ci est également dessinée sur la page du carnet deux fois le nom de Sarirdn au lieu
d'Aguado, dont j'ai parle, et nous a été cédée à'Aguada, p. 189, note 1. et au-dessous de
par les héritiers de cet homme consciencieux, la figure 166.
a50 LA SCULPTURE
ai" Louvre. Bulletin hispanique, III, p. i3a, n D 75, pi. VI, n" 3. 2a Fig. 282, Louvre. Ibid., p. 1.Î2, n" 7/1, pi. VIII, h" i, 4 a.
Viennentensuilc Icstèlcsoù il y a un effort plus marqué pour reproduire la liberté de la nature, effort tantôt heureux, quand sur le crâne sont mouc-
Fic. 381. — Ttle du Ccrro (Louvre).
lées de véritables boucles, tantôt maladroit quand le crâne est simplement parsemé de stries jetées à l'aventure, ou de cavités ressemblant à des alvéoles de ruches. J'en ai catalogué huit de ce style, qui est beaucoup plus rare.
i" Fig. 283. Madrid, n" -;o\8. Inédite.
a° Fig. 284. Collection Azorin, à Yecla, Bulletin hispanique, III, p. 129, n" 65, fig. 17.
3 e Fig. a85. Madrid, n u 7009. Inédite.
Ibid., D° /5ii- De la Rada, Discurso, pi. XII, n°8.
5' Fig. 287. Ibid., n' 7516. ld., ibid., pi. XII, n° 3.
6° Fig. 288, Ibid., n" 7526. Inédite.
r Ibid., o° 7 556. Id., Ibid., pi. XII, n° 2 '.
8* Fig. 289. Louvre. A. Engel, Rapport, pi. X, n" 2, p. 189, fig. i4.
F.c. a84. - Yecla. Enfin « J e C,a88e à P art deUX téteS :
i° Fig. 290. Madrid, n° 7680. Inédile.
2° Fig. 291 . Louvre. A. Engel, Rapport, pi. X, n" 3, p. 189, fig. 10
F.c. a85. — Madrid.
Les cheveux sont figurés de la façon la plus naïve par de véritables
1. Celte lele est représentée d'unn manière mppléer à une de mes photographie», dont le
iseï ineiacle sur la planche du Discurso ; cliché s'est brisé, ai cru inutile de reproduire ce dessin pour
Fie. i87. Fio. a88.
Tètes du Gerro (Madrid)
bâtonnets ici disposés en deux lignes contrariées sur le front, là en une série de longs angles emmanchés les uns dans les autres, et terminés à l'extrémité de l'un des côtés, sur le front, par une série de boucles en aceroche-cceur. La première de ces tètes n'est pas sans valeur, malgré la maladresse naïve de la convention.
Je n'ai plus à signaler, comme ne rentrant dans aucune des séries précédentes, qu'une tète très primitive, une laide ébauclic, toute petite d'ailleurs, du musée d'Albacctc. On ne dislingue pas de cheveux. L'oreille est mal placée, beaucoup trop bas, longue et sans relief. Les arcades sourcihères sont indiquées par deux traits parallèles :
les yeux, d'un ovale très arrondi, sont marqués de la même manière, obliques et très près du nez. Un simple trou tient lieu de la bouche (Fig. 202) 3 .
Je reviendrai plus tard sur la valeur artistique d'un grand nombre de têtes f, c . îqî . Tête du Cerro (Albacele). viriles du Cerro de los Santos, et la
véritable beauté de quelques-unes ; je ne veux pour l'instant que préciser certains détails, d'abord en ce qui concerne la chevelure.
On se tromperait fort, si l'on croyait que les tètes dont les cheveux sont conventionnellement figurés en forme de virgules plus ou moins allongées sont d'un style plus primitif que celles dont les mèches sont plus souples et plus libres. Au contraire, l'auteur de la plus belle peutêtre de toutes, que je mets môme au-dessus de celles qu'a publiées M. Heuzey, celle qui, je puis le dire déjà, reflète avec te plus de bonheur l'influence de l'art grec classique, a adopté cette convention dans toute sa rigueur. Je veux parlerde la tète n" 7088 de Madrid (PI. XI, au milieu).
1. Bulletin hispanique, IU, p. ia3,n°Sa; méritent qu'une mention dans cette note, tant
pi. IV, n u 1. les objets qu'elles représentent sont mutilés.
La figure ag3 (Tiigel, Ilapport. pi. X, Le premier était d'un assez bon style; lo
n» 8, p. 186, fig. 7, Musée du Louvre) et lo second est d'une technique grossière. Les che
frâgment publié dsnslo Bulletin hispanique veux no sont que vaguement indiqués; le
(111, pi. VI, n° 4. p. i3a, n° 77, Louvre) no pavillon do l'oreillecst très détaché du crins.
C'est celle qui semble le moinsempreinte d'archaïsme ; malgré un soupçon de sourire caché au coin des lèvres, le visage esl d'une très grande noblesse, et donne l'expression d'une jeunesse forte et sereine. Ce n'est pas que le détail des traits soit exempl de fautes ; les yeux ne sont pas d'ensemble ; le nez — qui est mutilé — n'était que sommairement modelé ; le dessin des lèvres est incorrect et mou ; l'oreille, quoique d'une exécution supérieure peut-être à celle de toutes les autres que je connais, n'est pas à
Fie. 393. — Louvre.
l'abri de la critique ; mais la forme de la tète, le galbe des joues, la franchise des yeux largement ouverts et regardant bien en face, le front largement dépouillé, l'intelligence éveillée de l'ensemble révèlent un artiste de race, et formé à la plus bienfaisante école. Cependant tes cheveux ne sont indiqués sur le crâne qu'au moyen de raies toutes droites et toutes simples, et sur le front règne une lourde frange de ces mèches stylisées en figures presque géométriques, qui n'ont rien de naturel.
C'est aussi le cas des têtes n" 7508 (Fig. a65 et PI. X bis) et -]h\S (Fig. 5y5 et PI. IX) qui se distinguent par les mêmes caractères de noblesse grave qui ont si justement frappé M. Heuzey ; même, les
sculpteurs ont montré plus d'attachement encore à leurs traditions d'atelier, car Tune a la tête entière couverte de ces longs chevrons aigus, régulièrement et symétriquement rangés, qui contrastent singulièrement parleur naïveté avec l'art déjà raffiné du visage, et l'autre n'a que trois rangs de dents « chaldéennes » l disposées autour du front, tandis que le reste du crâne est lisse, non qu'il soit coiffé d'une calotte du genre de celle de nos enfants de chœur, mais parce que le ciseau s'est fatigué de reproduire indéfiniment ce même thème enfantin.
Les plus belles têtes de la collection, comme le montrent les figures 267, 268, 269, 270, 27/i, 276, 279, 289, etc., se rattachent de très près à ces trois-là: et de celles, au contraire, où le caractère d'archaïsme est le plus marqué, les cheveux peuvent paraître moins tyranniqucment stylisés. J'en prends à témoins les figures 273, 282, etc.
Parmi celles où l'auteur s'est affranchi de cette convention, je n'en puis citer qu'une, le n° 750^ du musée de Madrid (Fig. 285) qui ait la même grandeur classique que la tête n° 7688, par exemple (PI. XI, au milieu) : encore lui est-elle bien inférieure par l'exécution et l'observation anatomique. Et il arrive même en certains cas que le sculpteur, voulant rompre avec la convention et donner de l'air à la chevelure, n'ose pas prendre assez carrément son parti et ne fait que disposer gauchement et sans ordre les éléments ordinaires, à peine modifiés. Il me suffira de rappeler les figures 281 et 282 dont les originaux sont au Louvre.
On n'a pas trouvé que des statues ou des tètes d'hommes et de'femmes au Cerro de los Santos. Les animaux s'y sont rencontrés en assez grand nombre, et particulièrement les taureaux. Saviron a publié un petit taureau de pierre, de bon style 2 , et en a signalé deux autres à peine
1. Ce mot s'expliquera dans la suite du A. Engel, Rapport, p. iG3),~« Pièce de bon chapitre. style, ot, pour ce motif, très remarquable
2. Saviron, Noticia de varias excava- (Musée de Madrid). Les jambes sont mutilées ciones dei Cerro de los Santos (Madrid, Longueur, o m ,07. »
1875, in-12, 6 pi.). PL III. û • 12 (d'après
ébauchés', plus une tête*. J'ai vu au musée de Madrid un petit bélier auquel il manque les patles. Le corps est allongé, et la toison est figurée avec soin au moyen de petits reliefs en virgules ; enfin le musée du Louvre a acquis avec la collection Palau, d'Yecla, un fragment de statuette équestre. Sur un cheval dont la tète et les quatre pattes sont brisées il reste les jambes d'un cavalier. La monture,
Fie. I9 4- Fragment du Cerro de lo. S-nto» - de y unfi hm]s8e
(Louvre). «
formée d'une étoffe mise en double .
Le corps du cheval est lourd, mais en somme assez nettement découpé ; les jambes du cavalier sont d'un dessin naïf 3 (Fig. 294).
On ne peut pas séparer des sculptures du Cerro de los Santos celles qui ont été découvertes tout auprès de là, au Llano de la Consolation, aux portes mêmes de Montealegre ; j'en ai déjà cité quelques-unes.
Ce n'est pas d'aujourd'hui que le Llano a attiré l'attention par l'importance des ruines qui y sont enfouies. Cean-liermûdez a écrit :
« Montealegre, ville du royaume de Murcie, dans le parti de Villena, « au couchant et près d'Almansa. On ne connaît pas son nom antique, « mais seulement qu'elle était dans la région des Baslitans. 11 y reste des « ruines romaines près de la chapelle de N.-D. de la Consolation, des « murs de pierres et de mortier, des restes d'édifices ; on y a trouvé aussi « des monnaies importantes, une romaine, avec les deux têtes de « Janus, une autre frappée dans la Colonie Celsa Vicloriosa (Vellila) et « une autre encore du municipe de Turiaso (Tarragone). »
11 y a quelques années, ainsi que l'a raconté M. Arthur Engel,
1. A. Engel, Rapport, p. 16$. 3. Bulletin hispanique. III, p. i33,
a. Ibid,, p. i65 (authenticité douteuse, vu n° 78, pi. VI, n° 5,
le lot dim lequel l'objet est comprii).
LA SCULPTURE a5û
D. Alonso Gonzalez, curé de Montcalegrc, aidé de D. Pascual Serrano, maître d'école de lîonete, entreprit des recherches sur ce terrain où la charrue heurtait fréquemment des tombeaux, des urnes, des pierres taillées, où le terrain était semé de très nombreux tessons de vases. Son intention était de prouver que dans la Plaine de la Consolation était située l'ancienne ville d'Ello, que les savants recherchaient beaucoup plus près du Cerro de los Santos (lequel n'est pourtant qu'à quatre ou cinq kilomètres) dans la chaîne montagneuse de l'Arabi. M. Gonzalez s'appelait dès lors le « curé d'Ello » et c'est ainsi qu'il signait ses articles 1 .
A son tour, en 1891 , M. Engel a fait quelques fouilles fructueuses sur cet emplacement ; j'ai moins bien réussi en 1899, et malgré l'aide de D. Pascual Serrano, qui connaît admirablement les ruines dont il a fait une étude spéciale, je n'ai pu recueillir, en deux jours de sondages, que des débris de sculptures sans aucune valeur. La récolte céramique a été plus intéressante.
Il n'en reste pas moins certain que des recherches méthodiques seraient très productives, et compléteraient très utilement celles du Cerro de los Santos ; l'art et l'industrie dont on retrouverait à coup sûr d'importants produits sont identiques à ceux du Cerro.
Ce ne sont pas en effet des sculptures romaines que le « curé d'Ello » M. Serrano et M. Engel ont découvertes, mais des sculptures ibériques. En voici la liste, que je dresse d'après celle de M. Engel, en la complétant: •
i" Croupe d'un taureau (0,70X0,(15). C'est sans doute celle que j'ai donnée plus haut, d'après une photographie de M. Engel, et qui se trouve au musée de Murcic (Fig. 108);
2° Fragment de cuisse humaine ; le bas, visible fie. jq5
est relié par un tirant à la draperie (Fig. 296).
Donné au musée de Murcic, comme le taureau précédent, par le curé Gonzalez':
1. Sur le Llano Je la Consolaciôn, voï. %. M. Engel a donné dans la
[laits le Bulletin hispanique, I, p. io3 cl s,, chéologiqne, 189O. t. XXIV,
un article de I). Pascual Serrano, avec plan. croquis que je reproduis.
a6o LA SCULPTURE
3° Statue de femme assise, mutilée (la tcte manque), drapée, une main sur la cuisse, l'autre sur la poitrine, les pieds en mauvais état. Hauteur, i mètre (Fig. 596).
- Statue du Llono de la Consolation (Lou
Cette statue, qui est au musée du Louvre 1 , est une des plus intéressantes de la série des femmes de ce type, non seulement à cause de l'attitude, de la forme du siège, mais encore en raison de la technique des
, A M, 860. Inédile,
plis, qui est plus libre et plus souple ; l'archaïsme s'est amolli, et malgré la lourdeur du style, l'œuvre donne l'impression d'un progrès notable et d'une supériorité manifeste sur les statues analogues du Cerro de los Santos ;
4° Cavalier mutilé, au Louvre. Il ne reste que le tronc du cheval et une jambe du cavalier. Selle dentelée. Longueur, i",io; largeur, o",55 l (Fig. 397) ;
Fie. Jij7- — Fragment de Llano de la Consolation (Louvre).
5° Deux têtes humaines, cheveux bouclés, très frustes ; o B ,3o * ;
6° Lion accroupi, la queue en sautoir. Manquent la tète et le poitrail. Hauteur, 0",g5 ; largeur, o m ,55';
7 Animal chimérique se rapprochant de celui de Balazote, et à peu près de mêmes dimensions. La tète, la poitrine et la queue manquent* ;
Ces objets proviennent des fouilles du curé Gonzalez ; il faut y ajouter :
8" Le soi-disant Pégase, qui appartient à M. Serrano, et qui a la même origine '".
Au contraire, les objets suivants ont été trouvés par M. A. Engel :
9 Tète d'homme, bien conservée, mais de Btyle un peu rond. L'ex-
1. Musée du Louvre. Inédite. Il est inlé- des monuments de la Sicile phénicienne (Voj.
ressint de rapprocher celle statue d'une statue supra, p. i38).
trouvée en Sicile, a Solonto, et que l'on s'ac- 3. Je ne sais ce que sont devenues cesdeul
torde a regarder comme phénicienne (Arndt- tètes. Amclung, Eitnelattsnahme, n° 5^6, Musée 3. Même remarque.
de Païenne). Ce n'est pas la première fois j. Même remarque.
que des monuments d'Espagne nous rappellent 5. Vuv. supra, p. iï3.
a6î >-à sculpture
pression du visage est sévère. Il faut remarquer la façon dont sonl taillés les yeux, dont la saillie est plate, comme je l'ai fait observer pour un grand nombre de têtes du Cerro de los Sanlos. Le galbe des joues et du menton est allongé plus qu'il n'est habituel ; les oreilles sont grandes, et d'un dessin conventionnel; le crâne est couvert d'une calotte étroite, d'où s'échappe sur le front une série de mèches raides cl parallèles (Fig.
Tr-lci du Llano de la Coiliolacion (I. ouvre).
10" Tèle de femme, assez bien conservée. Le nez et le menton ont seuls souffert. Ici la télé est ronde, et la face carrée ; les mâchoires sont fortes et larges '. les pommettes saillantes et les coins des lèvres relevés donnent au visage un aspect un peu souriant. Les oreilles sonl d'une forme correcte. Ce qui est le plus frappant, c'est la disposition de cinq mèches qui, «'échappant d'une sorte de bonnet plat découpé à festons très haut sur le front, tombent sur les tempes et juste au-dessus du nez. Cette coiffure est étrange, et jointe au type de la ligure, qui n'a pas d'analogue au Cerro de los San tus, donne une rare valeur à ce fragment. Il appartient au musée du Louvre (Fig. ïflï)) 1 »
I. Musée du Louvre. Voj. A, Engel, trouvée en i8ai par MM, Gonzalez et Scrrano.
Rapport, p. i*q, fig. 13 ; pi. X. n» 4. Elle a du aller aussi au Louvre. Je ne l'y al
i. A. Engcl, ibid., p. 189, fig. u, cl pas vur, (fbid., p. 19.1).
pi.X,u"5.— Une autre tête semblable a été
LA SCULPTURE a63
1 1° Un torse de femme nue, de grandeur naturelle ' ;
ia° Un petit porc, mutilé, mais reconnaissable à la forme des oreilles ' ;
1 3° Deux cavaliers semblables à celui qui est mentionné plus haut ;
i4* Trois débris de bras.
Ces derniers objets (n°' i3 ot i£) ont été abandonnés sur le terrain, comme trop mauvais;
i5° Une iète de cheval, bas-relief assez mutilé, fut achetée à Montealegre par M. Engel. Le fragment est au Louvre (Fig. 3oo)\ Il est d'un
fr'iG. 3oo. — Tète de cheval du Llano (Louvre).
art très intéressant. La tête, de grandeur naturelle, est par malheur réduite à un débris. Il manque presque toute la bouche, mâchoire supé-
I. M. Engel laissa ce fragment dans lo du mauvais étal de la pierre. palacio du comte de Monlcalegrc; je ne l'y ai ï. Egalement dépote par M. Engel dans le
pas revu. La perte en est sensible, car jo no palacio du comte du Monlealegro. La perte
connais pas, au Cerro ni au Llano, d'autre en est moins regrettable, exemple de statue nue Si M. Engel l'a aban- 3 Musée du Louvre, AM, 866.
donné, c'a»t sans doute en raison du poids, ut
LA SCILPTLHE
rieurc et inférieure, et les oreilles. On voit, sur la tempe droite, une longue mèche du toupet planté entre les oreilles : elle est aplatie contre le front, et forme au-dessus de l'œil et sur la mâchoire, comme un grand accroche-cœur. La bouche était largement ouverte, on voit, au plissement circulaire de la peau à la commissure des lèvres, qu'un mors pressait sur les barres, ramenant vigoureusement la tête en arrière. Toute l'anatomie des yeux et des joues est d'une fermeté cl d'une précision inattendues. Cette fermeté va même jusqu'à la sécheresse, comme le montre très bien une double raie profonde tirée du front jusqu'à l'extrémité du chanfrein, et qui a la forme d'un double canal taillé en biseau. Toutes proportions gardées, je crois que si la tête était complète, elle rappellerait avec bonheur les merveilleux chevaux des frontons de Phidias et de la frise des Panathénées.
Il faut ajouter :
i6° et 1 7 Un chapiteau, et deux fragments de chapiteaux semblables à celui qui a été trouvé au Cerro. J'en ai déjà parlé au chapitre précédent 1 :
i8° Une tête de taureau mutilée dont j'ai donné plus haut l'image (Fig. 109).
Si les descriptions qui précèdent ont eu quelque clarté précise, il sera maintenant aisé d'établir un jugement sur la sculpture du Cerro de los Santos et du Llano de la Consolaciôn, et tout d'abord de déterminer quels éléments divers en combinent l'originalité. Ce point d'ailleurs a été traité par M. Léon Hcuzey à propos de la grande statue de Madrid et de deux têtes viriles, dans une de ces pénétrantes études dont il a le secret. Il me faut suivre ce guide sûr.
Je pose d'abord en principe que l'art du Cerro, comme on peut l'appeler, est un art essentiellement ibérique. Confondre les œuvres découvertes au milieu des ruines du Cerro et du Llano de la Consolaciôn avec des œuvres fabriquées en n'importe quelle autre province du monde