IX. i»u Iqr* gu£ [ci^piit/aÀtÀVéloiiuence
A toutes ces rèales ^ue l'art prescrit.pûur ^i^rle plan du discours , hâtons-nous d'ajouleriui plan général de compoûtion ,
(i) dut ità confisteitdum estut iftwd ohfidtur faotwn nages , oui itlud quoi factum/atafire , neges etan v^ habere afque id essfl qftQ)^ 0^i-ersarius criminetur. Faiag. 3g. 191.
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dont ne doivent jamais s'écarter les ora-, ■ teûrs , et surtout les orateurs chréiiens.
!^and on entre dans la carrière , le zèle dont on est atumé pour le salut de« âmes ne ■'fait pas toujours oublier les avantages InséparaBles des grands succès. Mais souvent aussi un désir aveugle de briller et de plaire coûte la solide gloire qu'on pourroit acquérir si l'on â'abandonnoit aux seules impulsions de la plélé , gui s'allie si bien avec la sensibilité nécessaire à l'éloquence. Il est à souhaiter , sans doute , que \ on n'aspire qu'à se rendue utile à la religion , en se condamnant aux iravâux efTcayans que ce ministère exige , et dont on ne sauroit jamais être dignement récompensé par le vain bruit de la célébrité. Mais si des motifs si élevés et si puis jj'agissent point assez puissamment sur votre âme , trop éprise encore de l'attrait ou de l'espoir également trompeur d'une réputation que vos mécomptes vous éprendront lot ou tard à mieux apprécier , calculez du moins les véritables intérêts de votre amour-propre , et voyez combien ils sont ins^arables de rcfBcatité apostolique de vos instructions sacrées. Dans cette carrière , .une renommée solide et durable ne peut s'établir que par un auditoire yraiment rel^ieux , et par 1 affluence des fidèles qui euiaroiuient lès chaires chrétiennes. YchIà les suffr^gesuùles., lesseuIssuiTragespennanens , dont vous deviez vous honorer ! D'ail- "reurs lest-xe dune puur finis qiwvons'Bier- (îfti; le miwrtèue pnhlic dcja parole év»ngélique ? est-ce pour vous , et pour nouiiir E 4
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votre orgueil , que la religion rassemble ses cnfans dans ses temples ? Vous n'oserïes le i penser , vous rougiriez au moins de le diie ; mais n'importe , je veux bien un moment ne considérer en vous qu'un orateur. Ditesmoi donc : qu'est-ce que l'éloquence ? Estce le misérable métier d'imiter cet accusé ; dont nous parle si énergiquement un ancien poète dans ses satires , qui balançait devant ses juges , avec des anfîmèses symétnçues , les accusations capitales dont il itoit chargé (i)? Est-ce le secret puéril de combiner de froids jeux de mois , d'arrondir des périodes , de dédaigner la simplicité d'un style naturel, plein de force et d'onction } pour symétriser des phrases obsciu-es et maniérées , et de se tourmenter dans de longues veilles pour faire dégénérer une instruction si sérieuse et si sainte en un vain et sacrilège amusement? Est-ce donc là l'idée que vous avez conçue de cet art divin , qui l'éprouve.les omemens frivoles , qui domine les plus nombreuses assemblées , va droit & la conscience , au lieu de s'abaisser h ne
Earler qu'à l'esprit , et donne à un seul omme la plus personnelle et la plus auguste de toutes les souverainetés > un empire absolu sur tous les cœurs , par l'tmique puissance de la parole ? — Mais la gloire ! ditesvous. Quoi f tous cherchez la gloire ? Vous la fuyez. Kon , non , l'esprit seul n'est ja-
(i) Crindna rosis îibrat in antUhetis. Fers.
Sat. I.
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mais sublime. Ce n'est que par la véhémence des passions ; et , si j'ose parler ainsi , par une raison passionnée , qu'on peut être éloquent. Comptez tous les orateurs illustres de tous les pays et de tous les siècles : trouverez -vous parmi eux des écrivains ingénieux , diserts , épigrammatiques ? Ah ! ces hommes immortels se bomoient k' émouvoir , à persnader , h faire verser des larmes : et c'est pour avoir toujours été simples qu'ils seront toujours grands. Eh quoi ! vous aspirez Jt leurs triomphes : et vous n'osez pas marcher sur leurs traces ! et vous vous abaissez aux dégradantes prétentions d'un rhéteur ! et vous comparoissez , en suppliant qui mendie des sulTrages , devant ces mêmes hommes qui devroient trembler au bruit de vos menaces , sous le poids des anathèmes du ciel , en vous coopirant de fléchir son courroux ! Relevez - vous donc , hàtez-vous de vous préserver de cette ignominie : soyez éloquent par intérêt si vous ne l'êtes par zèle , au lieu de ne vous montrer qu'un déclamaleur par vanité ; et croyez hardiment que le moyen le plus sûr de bien prêcher pour soi , c'est de prêcher utilement pour les autres.