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guaient la musique comme un véritable enseignement » (1); et, plus loin, ce même livre dit que « la musique est un épanchement.de la vertu du sage sur tout le peuple » (2).
D'après la doctrine chinoise, développée longuement dans le chapitre intitulé Z0-Ki, du livre des rites, l'influence douce et bienfaisante de la musique doit compléter l’influence plus austère des rites. Sse-ma-Kouang à résumé très heureusement cette doctrine : « Les Rites ont
pour but d'établir la concorde à l'extérieur, c’est-à-dire
dans les relations de l’homme avec ses semblables ; la Musique à pour effet d'établir la concorde dans l’intérieur (de l’homme), c'est-à-dire dans son organisation intime, en adoucissant son caractère et en lui inspirant des pratiques vertueuses » (3).
L'influence de la musique complète celle des rites dans un autre sens encore : « Le principal but et l'effet immédiat de la musique, disent les philosophes chinois, c'est d'établir l’union des cœurs, l'harmonie des sentiments entre les hommes : le principal but et l'effet immédiat des rites, c'est, au contraire, d'établir des distinctions entre les hommes, en plaçant chacun au rang qui lui convient. De ce que ces régulateurs de la vie sociale agissent en sens opposé, on les emploie concurremment, afin de corriger l’un. par l’autre, et atteindre le juste milieu qui seul constitue la vertu; car l'excès de l’un et de l’auire serait également vicieux et nuisible » (4).
La musique aurait donc une influence bienfaisante ; aussi les Chinois l’ont-ils employée comme moyen de
Li-Ki, p. 92. 4
Li-Ki, p.97. Lire aussi pp. 96, 408, etc.
DE Rosny, Jiao-ÆAing, p. 127.
Li-Ai, p. 82 (note de CaLLery),
mie
moralisation. Le Chou-King nous apprend que l’empereur Chun s’en esf servi dans ce but (1), et l'antique livre de musique « le Yok-King, était destiné, dit-on, à associer la musique à toutes Les cérémonies publiques, et à en faire un instrument pour gouverner les masses » (2).
Mais cette doctrine ne correspond à la réalité que dans les temps anciens. À l’époque moderne, le souverain chinois n’attache plus une telle importance à la musique, bien qu'il y ait une cour de musique rattachée au ministère des rites (3). | |
En Annam, l'emploi de la musique comme moyen dé moralisation est purement théorique.