‹ Essai sur l'étiologie des varicesChapitre 5 sur 24 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La fréquence et la situation généralement apparente des varices, les inconvénients et même les accidents graves dont elles peuvent être le point de départ, ont attiré depuis longtemps sur elles l’attention des observateurs.

Les anciens auteurs, ne connaissant pas le mécanisme de la circulation, expliquaient leur développement par la théorie humorale, La goutte, l’hydropisie, les rhumatismes, maladies qui vont si fréquemment avec les varices, ont porté à croire que l’altération du sang était la cause première des phlébeclasies. Gette conception, admise pendant des siècles, a été formulée par Hippocrite de la façon suivante : « la bile ou le phlegme se fixant dansles veines du rectum, échaufle le sang qui est dans les veines ; ces veines échaufltes, attirent, des veines les plus voisines, le sang, se remplissent et font tameur dans l’intérieur du rectum » (1).

La découverte de Harvey amène deux nouvelles théories.

L’une à pour base la doctrine de Stahl d’après laquelle

(1) Œuvres complètes d’Hippocrate. Trad. Littré, t. VE, p. 437. Georgevitch À)

la pléthore était considérée comme « la racine qui nourrit presque toutes les branches de la pathologie ». Jamais les varices, surtout les varices hémorrhoïdales, n’ont joui de tant d’honneur qu’à cette époque là. Manifestations d’un état morbide de l’organisme, elles ont été considérées comme le moyen thérapeutique dont il dispose pour se défendre contre le trop plein sanguin, et on ne manquait pas de citer les accidents survenus à la suite de la suppression des fluxions habituelles, accidents graves ayant souvent coûté la vie aux malades privés brusquement de cette dérivation salutaire.

L’autre théorie, s'inspirant des données nouvelles sur la circulation, voit dans la stase sanguine la cause déterminante de la dilatation variqueuse. J. L. Peiit a résumé cette théorie en parlant de l’étiologie des hémorrhoïdes : « l’obstruction de foie est, par rapport aux veines hémorroïdales, ce que la grossesse et les jarretières trop serrées sont aux veines des jambes et ce que la ligature est à la saignée » (1).

Avec Briquet, l’histoire des varices entre dans la phase scientifique. Profitant de toutes les notions acquises jusque-là, il fait une étude complète de cette affection et sépare la plébechasie simple des varices à proprement parler, lésions plus avancées et caractérisées par l’épaississement des parois veineuses.

Depuis cette époque un grand nombre d’auteurs, que nous aurons l’occasion de citer, ont écrit sur les varices des différentes régions. Leurs travaux se complètent les uns les autres et la pathologie des phlébeclasies apparaît plus claire. On distingue les varices symptomatiques des

(1) Traité des maladies chir, 4790, t, EE, p. 74. .

varices idiopathiques, et on admet une prédisposition chez les sujets atteints de cette dernière affection. La qualité des parois veineuses (diathèse variqueuse) et l’état général de l’organisme ont été tour à tour accusés de jouer le principal rôle dans son étiologie, et, tout dernièrement, on commence à voir dans l’arthritisme la véritable prédisposition à l’altération variqueuse.

Cest pour réunir les principaux travaux et exposer l’état actuel de la question que nous nous proposons de faire une étude d'ensemble sur l’étiologie des varices dans toutes les régions où elles ont été observées.

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