Faune éocénique du Cotentin, IL, p. 97, pl. XV, fig
la base. Je ne connais pas le vrai C. lamellosum dans le Cotentin. Mais il y a encore, à Orglandes, de petits échantillons, dérivant sans doute du C. Morgani Vass., où les filets longitudinaux, comme les costules transversales, se sont multipliés, et qui sont ainsi pourvus d’une ornementation fine et serrée : c’est le C. Lemoinei Boussac (pl. V, fig. 1).
Le rameau n'est pas représenté dans les Sables moyens; probablement que si il l'était, ce serait par le Cerithiun Morgan VAss. ; en tous cas, cette mutation se retrouve dans le Bartonien, à Cresne, et j'en ai fait figurer deux individus bien typiques (pl. V, fig. 14 et 15) ; c’est là une raison sérieuse de croire que C. Morgani Vasseur n’est pas une race locale de C. lamellosum BrucG., mais au contraire une mutation dans le temps. Et cette opinion a été confirmée par la découverte que j'ai faite, en juin 1907, d'un fragment bien déterminable de cette espèce à Selsey (Sussex, Angleterre). dans la partie supérieure des couches de Bracklesham, avec Nummulites variolarius Sow. et Alveolina elongata Lamk.
L'évolution ne s'arrête pas là ; l'espèce se continue dans le Ludien, où elle est représentée, au Vouast, par une forme petite, avec une ornementation très obsolète (pl. V, fig. 2. a): les cordons lisses qui cernent la base sont eux-mêmes très effacés, et les costules et les filets longitudinaux sont à peine visibles. Je propose le nom de Cerithium Œhlerti pour cette mutation. L'histoire du groupe, bien simple du reste, est résumée dans le tableau suivant :
BASSIN DE PARIS COTENTIN Bois-GOUET | HAMPSHIRE LUDIEN C. Œhlerti
BARTONIEN pe AUVERSIEN C. Morgani ue ou +
relate à var.
LUTÉTIEN À C. lamellosum
1. Cependant M. Cossmann a cité C. lamellosurmn à Acy (Catalogue, IV, p. 23). J'ai pu retrouver, dans la collection Bezançon, à l'Ecole des Mines, les échantillons ainsi déterminés, qui se rapportaient en réalité à C. Morgani. Ils sont figurés pl. V, fig. 8, 8’ et 9 (Note ajoutée pendant l’impression).
ÉVOLUTION DES CÉRITHIDÉS 37
GrouPE DU CERITHIUM STRIATUM BRUGUIÈRE
Ce groupe est d’une unité incontestable, caractérisé qu'il est par la forme subulée, les tours embrassants. les stries longitudinales. le labre droit, le canal fortement recourbé, la gouttière postérieure. Mais les espèces qui le composent (Cerithium striatum BrucG., C. Jussieui MAxer, C. unisulcatum LamMx., etc.) n'évoluent pas ; elles ont toutes une extension stratigraphique très grande, et on ne peut voir leurs relations. Aussi nous ne nous y arrèterons pas.