RAMEAU DU CERITHIUM TIARA LAMARCK
C'est là un groupe plutôt qu'un rameau, mais un groupe bien homogène ; malheureusement les espèces qui le composent évoluent peu et traversent le Lutétien, l'Auversien et le Bartonien sans fournir de mutations intéressantes. Mais je veux montrer combien il est diflicile d'en séparer les différentes formes, combien on observe de passages de l’une à l’autre et comment toutes présentent les mêmes caractères, très particuliers, de l’évolution de l’orne-
ÉVOLUTION DES CÉRITHIDÉS 39
mentation et du labre, caractères qui les différencient très nettement de la série du C. tiarella Desu., avec laquelle on a eu tort de les réunir sous le nom de T'iaracerithium Sacco.
Le type du groupe. le C. tiara LaAMarck, est une petite espèce du Lutétien (elle persiste dans l’Auversien et le Bartonien), représentée pl. VI, fig. 9. Sitôt après l'embryon viennent quatre ou cinq tours arrondis, ornés de deux ou trois filets lisses ; puis apparaissent brusquement de petites côtes transversales bien saillantes, affectant toute la largeur des tours.et croisées par les filets Llongitudinaux, maintenant au nombre de trois ou quatre. Ensuite nous voyons les côtes s'abaisser et s’effacer peu à peu dans leur partie antérieure ; tandis que leur extrémité postérieure devient de plus en plus saillante et se transforme en tubercules arrondis, en forme de gouttes, qui subsistent alors seuls, les filets longitudinaux persistent ou s’effacent, suivant les cas. Le labre, proéminent en avant, présente en arrière un sinus, qui est essentiellement caractéristique de la série.
La forme la plus voisine de C. tiara Lamx. est C. Gravesi Desxayes (Lutétien, Auversien, Bartonien), qui, d'après les termes mêmes de Deshayes, semble être l'exagération, dans toutes les proportions, du C. tiara Lau. Elle est de taille plus grande (pl. VL fig. 10), l’évolution de l'ornementation et le labre sontidentiques, toutefois la forme des tubercules est un peu différente. Mais il y a tous les passages, et on est souventembarrassé pour mettre un échantillon dans l'une ou l'autre espèce. C. Gravesi Desn. existe au Bois-Gouët. Il me semble bien probable que Cerithium labiatum Desx. (Lutétien du bassin de Paris et Auversien du Cotentin) n'en est qu'une variété ventrue.
On passe aussi par tous les intermédiaires de C. Gravesi DEsx. à C. Blainvillei Desn. qui existe dans le Lutétien et l'Auversien (pl. VL. fig.11); l'évolution, les caractères du labre sont toujours les mêmes; mais les cordons spiraux antérieurs sont fortement granuleux, et la rangée postérieure de tubercules est divisée en deux longitudinalement par un sillon qui tend à la dédoubler; cela est bien visible chez un individu d'Orglandes (pl. VI, fig. 5), dansle Cotentin, qui possède une ornementation très élégante et plus fine que dans le type, et qui permet de passer au Cerithium Monthiersi VAssEUR, qui possède des filets longitudinaux plus fins et très nombreux (pl. VI. fig. 6 et 5); il y a des formes de passage, telles que celles représentées fig. 1 et 2 ; l’espèce est du Bois-Gouët, mais on la trouve aussi dans le Cotentin, à Fresville.
En partant encore du C. Blainvillei, une autre modification
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aboutit au C. Bonellii Desu. : il suffit que le sillon qui tend à diviser en deux la rangée postérieure de tubercules s’accentue suflisamment pour que cette division soit complète et que les granules des quatre cordons longitudinaux ainsi constitués se placent en face les uns des autres en simulant des côtes, pour que nous ayonsle C. Bonellii Des. ; un échantillon où le processus n’est pas encore achevé est représenté pl.VL fig.4. Faut-il, sous prétexte que nous avons entre ces formes du même âge, tous les passages, y voir les modifications d'une seule et même espèce ? Je ne le pense pas; ce serait plutôt, à mon avis, des formes dont les affinités s’expliqueraient par une origine commune ; la forme typique de chacune d’elle représenterait un type moyen autour duquel des variations pourraient se produire ; etles variations extrêmes de deux formes voisines pourraient arriver à se rencontrer, comme feraient les oscillations de deux cordes voisines tendues parallèlement, suivant l'heureuse comparaison que m'a suggérée M. (Œhlert.
BASSIN DE Paris COTENTIN Bors-GouËET | BARTONIEN | < + + race Bonneti | | AUVERSIEN Jù SE D sé “e + r. Monthiersi 2e D | +— var. —+— var. —+ var. —+ LUTÉTIEN | C. tiara C. Gravesi C. Blainvillei C. Bonellii