‹ Essai sur l'évolution des cérithidés dans le mésonummulitique du bassin de ParisChapitre 18 sur 50 · RAMEAU DU CERITHIUM CONOIDEUM LAMARCK · texte numérisé non relu

RAMEAU DU CERITHIUM CONOIDEUM LAMARCK

Cette série fait partie d’un groupe bien homogène, dont le Cerithium semicoronatum LAMx. pourrait être considéré comme le type. Ce groupe comprend trois espèces dans le Lutétien C. semicoronatum Lamx., C. emarginatum Lamx., C. conoideum Lam Mais les deux premières ne paraissent guère évoluer, seul le C. conoideum donne naissance à des formes intéressantes dans les niveaux plus élevés; c’est donc lui que nous allons étudier particulièrement.

Les premiers tours sont subcarénés (pl. XI, fig. 19-20) et ils offrent trois rangées égales chargées de granulations ; de petites côtes perpendiculaires joignent ces granulations les unes avec les autres. Peu à peu, le rang postérieur de granulations s'élève, et se change en une rangée de tubercules obtus et serrés. Le canal de la base est peu profond ; il existe une gouttière postérieure ; le labre est profondément sinueux vers sa base et très saillant à sa partie antérieure (fig. 19; l'échantillon figuré montre en outre un caractère accidentel, consistant en une rangée secondaire granulée juste en avant du cordon postéro-sutural de tubercules).

C. conoideum Lamx. ne se rencontre pas dans l’Auversien du bassin de Paris ; mais il doit exister encore à cette époque, puisque, comme nous allons le voir, on en rencontre une variété dans les sables de Cresne: il existe certainement dans l'Auversien du Bois-Gouët, mais représenté par une race (pl.XI, fig.23) un peu différente du type, avec une taille plus forte ;les tubercules de la rangée

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postérieure des tours sont aigus, comprimés d’avant en arrière, au lieu d'être obtus et arrondis comme ceux du type ; les deux carènes qui limitent la base sont saillantes et lisses.

Cette espèce donne naissance à trois rameaux divergents, dont les ébauches existent déjà dans le Lutétien sous forme de variétés du C. conoideum Lam.

L'un de ces rameaux aboutit au C. Cordieri DEsHAYes, de l’Auversien et du Bartonien ; on trouve parfois dans le Lutétien (fig.18) des individus étroits, à tours convexes et à granulation fine, comme celui qui est représenté fig. 18 et qui provient d'Hermonville c'est une forme de passage très nette au C. Cordieri DesHAYEs de l’Auversien ; ce dernier est représenté fig. 17; on voit aisément les ressemblances frappantes qu'il y a entre les deux formes: même évolution, même ornementation, même ouverture ; seulement un profil un peu plus allongé, une taille un peu plus grande, et une granulation un peu plus fine pour C. Cordieri DEsx. La descendance de l’un par rapport à l’autre ne me parait pas douteuse.

C. Cordieri est éminemment variable ; la forme peut être proportionnellement très courte et très trapue, ou très allongée, les tours plus ou moins convexes, la granulation plus ou moins fine et la prédominance de la rangée postéro-suturale plus ou moins caractérisée. J'ai fait figurer, fig. 16, un échantillon très trapu, à tours plats et où la prédominance du cordon tuberculeux postérieur est peu accusée. C’est une variété qui se rapproche beaucoup de la race représentée dans le Cotentin ; la grande ressemblance des figures 16 et 15 montre qu'il s’agit bien de la même forme et qu'il est tout à fait superflu de créer un nouveau nom ; enfin, comme nous allons le voir, cette race est loin de pouvoir être assimilée à celle qui existe au Bois-Gouët. Dans cette dernière localité, les échantillons diffèrent surtout de ceux du bassin de Paris par leur grande taille, et le fait que dans l'adulte (fig. 9) les granules et tubercules des rangées arrivent à se fondre presque en cordons continus ; M. Cossmann en avait fait son Potamides occidentalis!;: si on veut conserver ce nom, on doit le considérer comme s’appliquant à une race.

Si nous revenons à nos C. conoideum Lamx. du Lutétien, nous constatons une autre sorte de variations (pl. XI, fig. 20 et 21), qui consiste en ce que la forme devient proportionnellement plus longue, les tubercules de la rangée postérieure s’écartent et s'allongent parallèlement à la suture (fig. 20), tendant à se fondre en un bourrelet continu (fig. 21), et Les filets granuleux antérieurs

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