LE SOLEIL ET LA LUNE
On a pu dire, et cela très exactement, que l'Amérique tout entière, de l'extrême Nord à l'extrême Sud, des tribus sau-
LES PANTHÉONS DE l'aMÉRIQUE CENTRALE 377
vages aux peuples semi-civilisés, adora le Soleil. Son culte, presque toujours direct, était souvent doublé, mais non véritablement remplacé par celui d'autres dieux que Ton disait en général ses fils et qui n'étaient que ses déterminations. Qu'il soit Ylnti péruvien, le Bochica muysca ou le Tonatiuli mexicain, il est toujours le dieu suprême ', le régulateur du monde et de la vie. Le dualisme qui se présente à chaque pas à quiconque s'occupe des mythes américains nous amène à déduire de cette universalité du culte du Soleil celle du culte de la Lune ; nous n'avons pas à étudier ici ce dualisme, confirmé par les faits, pas plus que celui des divinités du bien et du mal, aussi répandu que lui; une telle question exigerait de trop longs développements.
Cette immense expansion du culte des deux grands astres du jour et de la nuit prouve que dans les panthéons de l'Amérique Centrale et du Mexique le Soleil et la Lune appartiennent au substratum, aux premières couches de civilisations, et ce, sans qu'on en puisse déduire des liens de parenté entre les divers peuples et les diverses religions.