‹ Essai sur l'hellénisme égyptien et ses rapports avec l'hellénisme classiqueChapitre 75 sur 83 · Hérodote (II · texte numérisé non relu

Hérodote (II

43. Selon la croyance égyptienne, l'homme ne pouvait pas s'attendre à une vie future à moins qu'il ne fût enterré dans le caveau de sa famille. C'est là que son âme devait aller chercher sa momie pour la mettre en état de jouir encore des plaisirs de la vie. Mais si elle no la trouvait pas, tout était fini pour le défunt. L'àme, ne sachant pas où le retrouver, retournait dans sa demeure éternelle, l'Enfer, et aucune autre ne pouvait la remplacer auprès de sa momie. Le tombeau et la momie étaient donc les plus précieux effets des Égyptiens, et leur esprit spéculatif ne tarda pas à en tirer largement parti. Dès la plus haute antiquité, on avait pris l'habitude de donner ces deux objets en gage pour se procurer des fonds. Tantôt admis, tantôt non reconnu par la loi, ce genre de transaction donnait souvent lieu à des contestations et à des scandales jusqu'à ce qu'un roi de la Vo dynastie le réglementa par une loi, et, sous cette forme, l'usage s'est perpétué jusqu'aux plus basses époques de l'Histoire égyptienne. Le plus ancien papyrus grec qui nous reste de l'ancienne Egypte, et que M. Blass fait remonter jusqu'à la domination des Perses, contient Yanathème d'une certaine Artemisie contre son mari pour avoir gaspillé son bien et mis en gage le caveau de sa famille, laissant ainsi ses enfants sans sépulture. Voir [Vapiri Greco-Egizii deW L R, Museo di Viennay trad. e illustrati da G, Petretini, Vienna M.DCGC.XXVl), et Blass (dans le Philologus, 1882, p. 746-751). En honneur encore sous les Ptolémées, cette institution brutale commença à tomber en décadence sous les Romains, mais ce fut l'Église qui lui porta le dernier coup. Grâce à ses instances, Justinien émit un édit défendant sévèrement le prêt sur le tombeau ou sur la momie. Nulli esse licitiim corpora defunctorum debiti gratiœ dctinere aut impedimentum facere eorx sepidturœ Justin. [Near GXV.S).

222 l'hellknisme rgtptiek.

44. On admet assez géoéralemcnt, mais sans preuves décisives, que les pyramides d'Abousir ont servi de tombeaux à des Pharaons de la V« dynastie, Tune à Sahoura, Paiitre à Ousirmiri. Le fait est que la plupart des pyramides des rois de celte dynastie ne nous sont connues que par les textes. Voir de Rougé (Recherches sur les Monum. des six premières dynasties, p. 80).

45. Ainsi Pa-Sahouri, la ville bien connue près d'Esneh, fut construite par Saboura (voir Dumicben, Gtschicht des alten Aegypiens, p. Cl; de Rougé, loc. cit., p. 53), et, sans que ses babitanls modernes s'en doutent, le nom moderne de leur village conserve encore sur place le nom du Pharaon qui Ta construit. Voir Maspero (Hist. des peuples d'Orient, classe I, p. 390).

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