‹ Essai sur l'histoire de la critique chez les grecs [microform]: introduction à l'étude de la littérature grequeChapitre 54 sur 194 · ARISTOTE · texte numérisé non relu

ARISTOTE

1 1. Son éducation et ses premiers ouvrages : Poésies, dialogues, recherches historiques et commentaires sur les poètes.

Nous avons vu comment se fit peu à peu l'éducation de Tesprit critique en Grèce, dans les fêtes publiques et dans les écoles des philosophes. Nous avons vu germer la théorie de Tart avec Platon ; puis Platon nous a offert une première et brillante esquisse de cette théorie. Nous cherchons encore un livre où les principes de la haute critique soient nettement posés, et où les conséquences en soient déduites avec rigueur, de façon à former le système régulier, le code de la science. Arislote semblait no pour une telle œuvre. Génie vaste, mémoire encyclopédique, venu précisément àTépoque où s'achevaient toutes les grandes expériences de l'esprit humain, en politique, en philosophie, en littérature, on dirait qu'il avait été réservé pour recueillir et coordonner cet héritage de trois siè-

l'espriï humain au temps d'aristote 169

des, les plus brillants et les plus féconds peut-être de toute l'histoire.

En politique, sur les divers points du monde occupés par la race grecque, sans parler même de l'Asie, de l'Egypte et des colonies phéniciennes, ouvertes à la curiosité des voyageurs, il n'est pas une forme de constitution, depuis le despotisme absolu jusqu'à l'extrême démocratie, qui n'ait été mise à l'épreuve ; Hippodamus deMilet,Phaléasde Chalcédoine, Platon, d'autres encore dont les noms ne sont même pas parvenus jusqu'à nous, avaient essayé de résoudre par l'utopie le problème social tant de fois et si diversement résolu par la pratique \

En philosophie, tous les grands problèmes de la création, de la nature de Tâme, de la légitimité de nos connaissances, de l'origine des religions, de l'origine du langage, depuis longtemps discutés dans les écoles, appellent un esprit impartial qui résume en quelque sorte les débats et qui constitue la science des sciences en la dotant d'une méthode ^

En littérature, du sein de l'épopée primitive sont

* Voyez tout le II*' livre de la Politique d'Aristote, et surtout, au chap. iv, une brève et admirable réfutation du communisme de Phaléas.

- Il est remarquable que, dans la langue d'Aristote, le mot méthode et le mot science ou théorie soient svnonvmes et sans cesse employés l'un pour l'autre.

sortis les divers genres de poésie, ou, comme eût dit Platon, les Muses de Tode, de la comédie, de la tragédie, du drame satyrique, de l'élégie, de la satire ; l'histoire s'est détachée de la tradition épique pour devenir un art méthodique et savant* ; Téloquence a pris place dans les lettres comme dans la vie publique. L'histoire, l'éloquence, avec la philosophie, s'emparant de la prose comme de leur véritable langage, lui ont donné sa forme et ses lois définitives : par là s'est étendu et presque doublé le domaine du génie littéraire.

Les arts du dessin ont suivi les sciences et les lettres : plus jeunes que la poésie leur sœur, ils naissaient à peine au temps d'Homère ; mais le siècle de Périclès les a vus rivaliser dignement avec Aristophane et Sophocle ; le règne d'Alexandre marque leur véritable apogée.

A la distance où nous sommes aujourd'hui de ce règne mémorable, il nous est facile de comprendre sa haute valeur dans l'histoire de la civilisation ; nous voyons comment il ferma l'ère des nationalités pour ouvrir celle de V humanité, comment il prépara la Grèce aux grands rôles qu'elle joua sous la tutelle de Rome et sous l'inspiration du christianisme. Quelque chose de cette grandeur se voit déjà dans les œuvres d'Aristote : le philosophe, comme le conquérant, son disciple, a voulu

* Voyez plus bas, § 9.

OPPORTUNITÉ d'aRISTOTE 171

embrasser un monde. Phénomènes de la vie physique, secrets de la vie morale, histoire de la créalion, histoire des institutions humaines, il a tout étudié ; et sur ces immenses recherches il a élevé un monument de proportions inégales, mais d'une incomparable majesté. Jamais idée si hardie ne fut conçue par aucun penseur de l'âge précédent, et si aucun d'eux eût pu la concevoir, il n'eût pu l'accomplir. C'est à l'expédition d'Alexandre que V Histoire des Animaux doit une partie de sa valeur scientifique. Sans les derniers progrès de la géographie et les dernières découvertes des navigateurs grecs, combien de pages auraient manqué à ce recueil des Co7istitutions où figuraient près de deux cents villes grecques et barbares! combien au traité de Politique où nous voyons la constitution même de Carthage si savamment analysée ! N'estce pas après la lutte de Socrate et des sophistes, après l'enseignement et les exemples d'Isocrate, après les débats illustrés par le talent des Périclès, des Alcibiade et des Démosthène, qu'il convenait d'écrire une théorie définitive de l'éloquence ? Quand la tragédie est descendue de sa dignité primitive, quand la comédie épuise ses dernières transformations, quand la poésie lyrique et l'épopée ont produit tous leurs chefs-d'œuvre, alors aussi il est temps de rédiger le code du génie poétique.

Mais ici un contraste nous étonne. Ouvrons au hasard quelque ouvrage philosophique d'Aristote, sa Politique ou sa Morale ; l'austère concision du style, à peine relevée çà et là par quelques traits brillants, montre peu le philosophe ami des Muses. On comprend sans peine qu'un tel écrivain soit le plus profond historien de la nature ou le plus grand métaphysicien de tous les siècles ; on s'explique moins facilement qu'il ait même songé à écrire une théorie des beaux-arts. C'est qu'on ne sait pas assez l'histoire de la vie d'Aristote et les phases que parcourut sa rare intelligence. Arrêtons-nous un instant à cette étude si nous voulons apprécier justement la Poétique et la prodigieuse influence qu'elle a exercée*.

Aristote est né à Stagire, ville de Macédoine, en 384 avant l'ère chrétienne. Resté de bonne heure orphelin, sous la tutelle d'un certain Proxène d'Atarne, on ne sait presque rien de sa première éducation ; mais à partir de 367 (il avait alors dixsept ans), sa vie se partage en trois périodes bien distinctes. Aristote vient à Athènes ; il y fréquente Técole de Platon, dont il devient l'ami, peut-être celle d'Isocrate,dont il fut le rival comme écrivain, sinon comme professeur de rhétorique : c'est la

^ Je renvoie une fois pour toutes sur ce sujet aux solides recherches de M. Ad. Stahrdans le recueil intitulé : Aristotelia (Halle, 1830-1832, deux vol. in-8).

Vie D*ARisTotÉ lis

première période, qui dure vingt ans environ et qui finit à la mort de Platon. Alors (en 348) Aristote part pour Atarne, ville d'Asie Mineure avec laquelle il avait des relations naturelles par le fait de son tuteur Proxène. Là il se lie d'amitié avec le tyran Hermias, dont il épouse la fille ; mais, après la mort tragique de ce prince, il est obligé de se réfugier à Mitylène (en 345). C'est de là qu'il est appelé en Macédoine par Philippe (en 343) pour faire l'éducation du jeune Alexandre, qui dura huit années ^ Pendant cette seconde période, Aristote vécut, comme on voit, dans les cours, non sans loisir cependant, ni sans occasions de continuer les études et les travaux commencés à Athènes. En 335, à l'âge de quarante-neuf ans, il revient dans cette ville ; déjà célèbre, il fonde le Lycée, qui met le comble à sa gloire. Après la mort d'Alexandre, en 323, une réaction, qui éclate contre le parti macédonien, oblige Aristote à chercher un refuge en Eubée, où il meurt, probablement de maladie, vers la fin de Tannée suivante, en même temps que Démosthène s'empoisonnait à Calaurie pour échapper aux mains d'Antipater.

1 Sur cette période de la vie d'Aristote et sur le profit que les sciences ont retiré de ses relations avec Alexandre, voyez Fr. G. G. Hegel, De Aristotele et Alexandro Magno (Berhn, 1837), et dans mes Mémoires de littérature ancienne, p. 445, le morceau qui a pour titre : Aristote considéré comme précepteur d'Alexandre-le-Grand.

In

fi' -

Platon, dans sa jeunesse, s'était occupé de poésie et même de peinture ; Arislote, lui aussi, écrivit des ouvrages en vers dont les titres et quelques fragments nous sont parvenus : c'étaient les morceaux épiques (âV/î) dont Diogène Laërce cite le commencement ; des pièces élégiaques, adressées à sou disciple et ami Eudémus, et dont Olympiodore cite un fragment *. On lui attribuait aussi un recueil de distiques destinés à figurer sous les statues d'anciens héros de la mythologie et de l'histoire grecque et qui sont réunis sous le titre de Pépius \ Enfin nous possédons encore son Hymne à la vertu, composé probablement peu de temps après la mort d'Hermias dont il célèbre le souvenir \

On a souvent reproduit et beaucoup loué ce court morceau dans lequel l'éloge d'un petit souverain d'Atarne est complaisamment associé, avec celui d'Hercule et des héros fils de Leda, à un éloge plus général de laVertu.Plusjele relis, moins je le

' Commentaire sur le Gorgias. Ce morceau est en l'honneur de Platon ; mais il paraît d'une authenticité douteuse. Tous les fragments poétiques d'Aristote sont réunis dans les Poetae Lynci grœci de Th. Bergk (3« édition, 2« partie, p. 645-665, Leipzig, 1866). f , k

« Sur cet ouvrage, voyez une dissertation insérée dans le 1«' numéro du recueil intitulé : Philologus (1846).

^ On peut en lire une élégante traduction par M. Boissonade, dans une note sur le cours de Littérature de La Harpe (Ed. P. Dupont, 1826, t. I, p. 269).

DIALOGUES d'aRISTOTE 175

trouve digne d'une bien haute estime. La langue poétique des Grecs était si riche au temps d'Aristote, et de pareils lieux communs avaient été si souvent traités par les versificateurs de toutes les écoles, qu'il n'y avait guère de mérite à versifier sur un tel sujet. On en dira autant, je pense, du court fragment en vers sur la Fortune, qui sent plutôt l'indifférence d'un sceptique, que la sagesse d'un moraliste. Qui sait, d'ailleurs, si, pour ce dernier morceau, il n'y a pas eu quelque erreur d'attribution ?

Aristote écrivit aussi des Eloges, entre autres un éloge de Platon * ; mais il fit mieux que louer son maître : il s'efforça de l'imiter dans des dialogues composés selon la méthode socratique, et dont nous avons quelques titres et quelques pages intéressantes ^ Dans le Nérinthus, il célébrait un laboureur corinthien qui, ayant lu le Gorgias, avait quitté son champ pour venir se faire disciple de Platon ^ Le Sophiste, le Banquet et le Ménexène,

* Olympiodore, 1. c. p. 371 des extraits donnés par M. Cousin (Fragments philos., t. I, éd. 1847).

- Sur les Dialogues d'Aristote, voyez Fabricius, Bibl. grecque, t. IIÎ, p. 391 ; J. Bake, Scholica Hypomnemata, t. II (Leyde, 1839j, p. 1-53 ; J. Bernays, Les dialogues d'Aristote dans leurs rapports avec le reste de ses œuvres (Berlin, 1863, en ail.) ; J. Bywater, Sur un dialogue perdu d'Aristote (Journal de philologie, t. II, 1869, en angl.). J'aime à voir que peu de critiques se sont associés sur ce sujet au scepticisme de M. Valentin Rose (Aristoteles pseudepigraphus, Lipsiae, 1863, p. 23;.

' Thémistius, dise. xxui.

li i

1% MlâtOlRE tt LÀ CRITIQUE. CiïA^. UI, § t

qui rappellent autant de dialogues dePlaton,élaient sans doute aussi des témoignages d'un sentiment d'émulation envers le fondateur de TAcadémie. Dans le Gryllus, Aristole, « selon son usage, » dit Quintilien S imaginait et proposait contre la rhetorique de subtils arguments qu'il a lui-même condamnés plus tard quand il a écrit sa Rhétorique en trois livres. De même, les divers traités dV\ristole sur la psvchologie, où il se montre trop peu convaincu de l'immortalité de l'àme, furent précèdes d'un dialogue où il défendait une opinion bien différente, ropinion vulgaire sur ce sujet : c'était VEw démus \ Dans ce dialogue, Aristote racontait qu'Eudémus de Chypre, voyageant en Macédoine, fut arrêté à Phères par une maladie qui fit désespérer de ses jours. Pendant son sommeil, Eudémus vit un jeune homme de belle ligure qui lui annonça que bientôt il serait rétabli, que dans quelques jours Alexandre, le roi de Phères, mourrait, et que lui, Eudémus, reverrait, au bout de cinq ans, sa patrie. En effet, le malade retrouva la santé, et Alexandre fut tué par ses beaux-frères. Cinq ans après ce songe, comme il espérait rentrer chez les siens, Eudémus, qui faisait alors la guerre en Sicile, périt dans un combat près de Syracuse :

1 Institut, orat., lï, 17. Cf. Diog. Laert. 11, 55.

^ Sur ce dialogue en particulier, voyez la dissertât on de A.-C. Van Heusde, Diatribe in locum philosophiaî moralis qui est de consolatione apud Grœcos (Utrecht, 1840), cap. i, à à.

DIALOGUES D^ARISTOTÊ l7^

celte patrie qu'il devait revoir, selon la prédiction dont les deux premiers articles s'étaient si merveilleusement accomplis, c'était donc un autre monde, véritable patrie de Tame ^ Une page du même dialogue, que Plutarquc nous a conservée ^, représente le roi Midas capturant à la chasse un silène, et lui demandant le secret de notre destinée. Le silène résiste longtemps, puis il cède aux instances réitérées dont on l'entoure, et il s'écrie : « Fils éphémères d'un dieu terrible et d'une forlune jalouse, pourquoi me forcer de vous dire ce qu'il vous vaudrait mieux ignorer? Ignorants de vos maux, la vie vous serait douce. Le meilleur pour l'homme, serait de ne pas naître... Une fois né, le meilleur, pour lui, est de mourir vite. » Enfin un ancien interprète de Platon nous montre Eudémus ou quelque autre des personnages du même dialogue réfutant les philosophes qui considéraient l'âme comme une simple harmonie ^ On aperçoit, dans ces trop rares fragments de V Eudémus, un poétique reflet de la psychologie platonicienne et des allégories sous lesquelles son auteur aime souvent à l'envelopper.

On ne peut guère méconnaître non plus un souvenir de la République de Platon dans ce magnifi-

* Cicéron, De la Divination, î, 25.

- Consolation à Apollonius, c. xxvir.

* Olympiodore, Commentaire sur le Phédon, p. 132, éd. Finckh (Heilbronn, 1847).

EQGER

178 HISTOIRE DE LA CRITIQUE. CHAP. Ilï, § I

que tableau que Cicéron * emprunte à Aristotc, sans indiquer rouvrage d'où il le tire, et qui appartenait sans doute à quelque dialogue :

« S'il y avait des hommes qui eussent toujours habité sous la terre, dans une belle et brillante demeure ornée de statues et de peintures^et pourvue de toutes les richesses dont abondent ceux que nous appelons heureux ; si ces hommes, n'étant jamais sortis de leur maison souterraine, avaient seulement entendu parler de je ne sais quels dieux et de leur puissance ; si ensuite, la terre s'entr'ouvrant, ils pouvaient, du fond de ses entrailles,s'éleverdans les lieux que nous habitons; lorsqu'ils auraient tout à coup aperçu la terre, la mer, le ciel, les vastes couches de nuages, l'action des vents ; lorsqu'ils auraient considéré le soleil, sa grandeur et sa beauté, cet éclat qui produit le jour en se répandant par tout le ciel ; puis, la nuit couvrant la terre de ses ombres, quand ils verraient le ciel orné d'astres comme de points brillants, les phases de la lune qui croît et qui décroît tour à tour, le lever et le coucher de tous ces astres et leurs mouvements réglés de toute éternité ; assurément à ce spectacle ils jugeraient qu'il y a des dieux et que ces grandes choses sont leur ouvrage. »

C'est encore d'un dialogue, dont il ne donne pas le titre, que Stobée^ extrait quelques pages pleines de finesse et de bon sens sur la noblesse ; les changements d'interlocuteurs y sont marqués par les

* De la Nature des Dieux, II, 37.

« Lxxxvi, 24 et 25.

STYLE d'aRISTOTE 179

mêmes formules que dans Platon. Enfin Dion Chrysostome nous apprend que, dans ses dialogues, Aristote parlait souvent d'Homère et toujours avec de grands éloges. On voit par tant de témoignages de quelle importance était cette partie des œuvres d'Aristote, et combien il est regrettable qu'elle se soit perdue. Saint Basile * racontait que le philosophe renonça au genre des dialogues parce qu'il désespérait d'égaler Platon : cela est vraisemblable ; mais il reste démontré pour nous qu'Aristote mêla longtemps imagination à la gravité de ses études philosophiques, et que si, à vrai dire, il ne fut jamais un poète, il avait du moins, par quelques essais, connu la pratique de l'art et le secret de ses difficultés.

S'il fallait admettre pour authentiques certaines citations éparses chez les grammairiens et les rhéteurs \ il semblerait que de son ancien commerce avec la poésie, Aristote avait gardé, jusque dans ses dernières années, quelque prédilection pour des ornements de style peu convenables au ton do la prose. Quelques lignes, qu'on nous donne pour extraites de sa correspondance, sont d'une affectation puérile. Le fragment conservé par Rutilius

* Lettre 167.

* Rutilius Lupus (d'après Gorgias le jeune), De Figuris sententiarum, I, 6 et 18, p. 22, 62, éd. Ruhnk. ; Démétrius, Sur 1 Elocution, § 223-239 (t. IX des Rhetores grœci, publiés par M. Walz). Cf. Stahr, Aristotena, I, p. 189-208.

180 HlSTOmE DE LÀ CRITIQUE. CHtAP. III, § 1

Lupus * d'un prétendu éloge d'Alexandre offre cette précision recherchée et cette symétrie d'eff"ets oratoires qui caractérise la méthode de Gorgias et dlsocrate. Il est remarquable que les mêmes défauts se retrouvent dans les ouvrages évidemment apocryphes qui font aujourd'hui partie de la collection aristotélique, par exemple, dans la préface de la Rhétorique à Alexandre, et dans le livre sur le Monde. Plus orné sans doute que celui de la Métaphysique et de la Morale, le style des dialogues dont nous venons de parler n'a cependant pas l'élégance maniérée que supposent chez le Stagirite les fragments cités par les rhéteurs : c'est là une double et grave présomption contre l'authenticité de ces fragments.

Quoi qu'il en soit de cette question accessoire, nous pouvons affirmer que les grands traités philosophiques d'Aristote, œuvre de sa maturité ou de sa vieillesse, ne nous représentent pas tout son génie ; nous comprenons comment Cicéron a pu dire qu'il imitait Aristote en écrivant ses éloquents dialogues de VOrateur\ comment il a pu parler

< Il cite des exemples de la figure appelée uioiiiLh^: «Item Aristotelis : Alexandre enim Macedoni neque in deliberando consilium, neque in prœliando virtus, neque in beneficio beniffnitas deerat, sed dunlaxat in supplicio crudelilas. I\am quum aliqua res dubia accidisset, apparebat sapientissimus ; quum autem confligendum esset cum hostibus, fortissimus ; quum vero prœmium dignis tribuendum, liberalissimus ; at quum animadvertendum, clementissimus. » , . , ,.

« « Aristoteleo more, quemadmodum quidem volui. o Lettres

Page 1