‹ Essai sur l'histoire de la TrachéotomieChapitre 16 sur 17 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Si maintenant nous jetons un coup d'œil rapide sur la revue générale que nous venons de faire et que nous cherchions à en résumer les principaux traits, nous croyons qu'il est légitime d’en tirer les conclusions suivantes :

L'histoire de la trachéotomie comprend trois époques distinctes :

La première commence un siècle avant notre ère, avec Asclépiade de Bithynie, et finit vers le milieu du dix-huitième siècle, en 1765, période de beaucoup la plus longue, mais aussi la moins féconde.

Jusqu'au seizième siècle, un seul procédé est employé pour faire cette opération, c’est l’incision transversale d’Antylus, décrite par Paul d'Egime au septième siècle. Mais cette opération, quoique décrite par tous les auteurs, n’est jamais mise en pratique, sanf peut-être par les Grecs et les Romains. |

Au seizième siècle, elle est reprise de nouveau et successivement perfectionnée par Fabrice d'Acquapedente, Habicot, Santorius, Dekkers, Garengeot, Heister, Beauchot, Richter et Louis, etc., qui ne la pratiquent que rarement, dans les cas d’esquinancie avec suffocation, de fractures et plaies du larynx, et de corps étrangers des voies aériennes et de l'œsophage. \

La deuxième époque commence avec Hôme, en 1765, et finit à Brelonneau, en 1824, et elle est très féconde en

LARG pates

inventions. Jusqu'alors cn ne savait pénétrer dans les voies aériennes que par la trachée. À partir de ce moment, nous voyons successivement apparaître les procédés de Vicqd'Azyr, Fourcroy, Bichat (trachéotomie inter-crico-thyroidienne), de Desault (thyrotomie), et de Boyer (crico-trachéotomie), et la trachéotomie pendant une période de 30 ans (1800 à 1830), cède le pas à ces divers procédés.

C'est à la même époque (1765) que Hôme la préconise contre le .croup. Mais quoique recommandée, par des auteurs éminents, tels que Hôme, Chaussier, Cullen, Fothergill et Caron, etc., elle est regardée avec indifférence par la plupart des Fes urgiens et à peine pratiquée une fois contre cette affection dans une période de 65 ans. |

La troisième époque commence avec Bretonneau et se continueavec Trousseau et les modernes.

Rapidement accréditée par les succès de Bretonneau et

de Trousseau, cette opération ne tarde pas à être vulgarisée par les leçons de ce dernier et ses mémoires. . Les procédés opératoires sont les mêmes, sauf les quelques modifications signalées plus haut. Pendant très longtemps on ne fait que la trachéotomie d’après le procédé de Heister, avec lenteur. Chassaignac essaie, en 1854, d'introduire dans la pratique le procédé rapide, mais son exemple n'est pas suivi, Enfin, de nos jours, on semble revenir à la laryngotomie, exécutée, soit lentement (Krishaber), soit rapidement (de Saint-Germain), et pendant que les uns continuent à se servir du bistouri, d’autres préfèrent. opérer avec le thermo-cautère, et cette dernière pratique tend à se généraliser dans les cas autres que le croup.

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