CONCLUSIONS
I. — On peut dire qu’au commencement du XIXe sièle, l’étude des angines n’existait pas ; on connaissait tout au plus les angines inflammatoires et la gangrène du pharynx, et on considérait volontiers toute angine, quelle qu’elle fût, comme la manifestation locale d’une diathèse, d'une fièvre putride, d’une constitution spéciale.
II. — Peu à peu, au cours du XIXe siècle, sous, l'impulsion de cliniciens éminents, Bretonneau, Trousseau, Chomefl Gubler, Lasègue, etc., l’étude des angines a fait des progrès considérables : à cette époque appartiennent la connaissance des angines herpétiques, érysipélateuses, rhumatismales, la notion de con-
tagiosité de la diphtérie, l’observation des angines chroniques spécifiques, etc.
III. — Puis Pasteur est venu et, avec ses découvertes biologiques, il a bouleversé tou tes les idées admises jusque-là ; depuis ce moment, le microbe tend à tout expliquer ; cependant la clinique médicale contemporaine a complété les travaux de Pasteur par les notions nouvelles de la toxhémie, de la phagocytose et a renouvelé, pour ainsi dire, grâce à ces découvertes, toute la pathologie pharyngée.
IV. — De telle sorte, qu’actuellement on peut dire que toutes les angines sont des épisodes de la lutte phagocytaire, caria résistance locale et générale de l’économie joue un rôle capital dans l’apparition dos angines, dont la contagion peut se faire par voie externe ou par
voie sanguine,
V. — On voit donc que les angines, quelles qu’elles soient, ne sont pas seulement des infections locales ; comme la plupart des affections des voies aériennes supérieures, elles ont leur origine dans des maladies du voisinage ou dans des maladies générales. Devant une angine, il
ne faut par conséquent jamais oublier sa clinique et sa pathologie générales — et c’est en cela que les médecins de la fin du XVIII0 siècle avaient raison.
Vu : Le President de thèse , CHAUFFARD.
Vu : Le Doyen ,