‹ Essai sur l'histoire du théâtreChapitre 293 sur 322 · Voir le Catalogue. Paris · texte numérisé non relu

Voir le Catalogue. Paris

CHOUBRAC, dessinateur de coslumes des théâtres du boulevard. — Sa dernière œuvre est le Talisman^ représenté à la Gaîté, dont il a dessiné les nombreux et riants costumes.

CICER] (Pierre-Luc-Charles) , né à Saint-Cloud en 178a, mort en l868, peintre décorateur de la cour, de 181 1 à 1 8 1 3 .

Il a fait en 181 1 pour le théâtre des Tuileries l'avant-scène et le rideau du théâtre, la chambre de Molière, une chambre rustique, un jardin et une prison, el a reçu pour ces différents travaux 10 Joo francs1.

En 1812, il joint à ses fonctions celles de peintre du grand Opéra; il fait une prison, un temple d'Agamemnon, une place d'armes, et reçoit 1 7 790 francs2.

En 1 8 1 3 , il fait un palais gothique pour le théâtre portatif des Tuileries et les décors de Paul et Virginie pour l'Opéra de Saint-Cloud5.

En 18 10, déjà, il avait été appelé par le roi Jérôme pour restaurer le théâtre de Cassel4.

En 181G, il fut chargé de dessiner et de diriger les fêtes du sacre de Charles Xs.

Comme décorateur de théâtre, il a occupé le premier rang depuis la Restauration jusqu'à la fin du second Empire.

On compte plus de trois cents décorations tic lui : les principales à l'Opéra sont celles à! Armide, de la Muette, de Sémiramis, de la Vestale, de Robert le Diable, de la Sirène, etc.

Il a beaucoup travaillé aussi pour les théâtres de Londres".

Eugène Ciceri, son lils, a exécuté les peintures de la salle de spectacle du Mans el a beaucoup travaillé en Amérique.

C'est aux Ciceri qu'est dû le plafond de l'appartement d'Alexandre Dumas pour son fameux bal".

I. Archives nationales, O2 37 et O2 5l. — 2. Ibidem, O2 36. — >. Ibidem, O* >-. — 4. Grande Encyclopédie. — 5. Betlier de la Chavignerie, op. cit. — 6. Nagler, op. cit. — 7. Mémoires d'Alexandre Dumas, t, IX, 1>. 7G. Voir la liste des décorations de l'Opéra et les différents dictionnaires biographiques.

DAGUERTIE, peintre d'architecture, connu surtout par la découverte qu'il lit avec Niepce des principes de la photographie. — Il était élève de Prévost, et on lui doit, ainsi qu'à son associé Bouton, l'invention dudiorama.

Comme peintre décorateur de théâtre, on cite de lui les décors de l'opéra A'Aladin 1 .

Il travailla aussi à l'Ambigu, où il peignit entre autres, dans la décoration d'une pièce dont les journaux du temps ne mentionnent pas le titre, des effets de lune et de nuages mouvants tout à fait surprenants et naturels.

1. Germain Bapst, Essai sur l'histoire des panoramas et des dioramas. Paris, 1891; i>. 19.

DAMAN, peintre décorateur. — Il a travaillé particulièrement pour le Théâtre- Français et pour l'Opéra.

On signale de lui les décors du Paris, de Meurice, en 1 855, ceux du premier acte du Roi de Lahore, en 1877, et' ^a m™e année, ceux du ballet la Fandango.

DEGOTTI. — Il existe plusieurs peintres de ce nom, el il est difficile de les distinguer.

L'un d'eux était peintre décorateur de l'Opéra el du théâtre Feydeau.

foc PIEGES JUSTIFICATIVES.

A ce dernier théâtre il s'est particulièrement distingué dans les décors d'Élisa, ou le voyage au Mont Saint-Bernard1 .

A l'Opéra, on connaît de lui les décors d'Alceste, A'Armide, à'Hécube, de la Da/isomanie* et surtout du dernier acte de Romeo et Juliette, « où il n'a jamais produit d'effet plus étonnant r> ».

Dans les théâtres étrangers, il a aussi laissé un souvenir : à Naples et dans le théâtre de Caserte, il avait réussi à représenter les vagues avec un effet tout particulier : « il avait peint des vagues sur de grandes toiles sous lesquelles étaient placés des ouvriers portant des leviers verticaux qu'ils présentaient en plusieurs points, en les abaissant et en les élevant successivement. D'autres ouvriers jetaient avec des pelles sur le sommet des vagues de petites houles de papier, des légumes secs, etc., qui imitaient l'écume qui se détache du sommet de la vague4 ».

On trouve dans l'Amateur d'autographes* une lettre du poète Ducis qui lui est adressée alors qu'il était chargé de la décoration de la salle de l'Opéra, construite en 1790 par la Montansier, rue de la Loi.

Les Degotti ont été au service du duc de Savoie Charles III G.

I. Journal des Théâtres et des Fêtes nationales , 26 frimaire an III. — 2. Année théâtrale, an IX, j>. 63. — 3. Grobcrt, De l'exécution dramatique, considérée dans ses rapports avec le Matériel de la salle et de la scène, Paris, 1809, p. i3(i. — 4' Ibidem, p. 235. — 5. V Amateur d'autographes, deuxième année, 1" janvier i 863. — (i. Nagler, op. cit., t. III, p. 3io. Voir aussi Catalogue de V Exposition théâtrale de 1 S 7 fî , p. 26, et la liste des décorations de l'Opéra.

DELAROCIIE (Paul). — Tout ce que nous savons de lui relativement aux dessins de costumes ou aux maquettes des décors qu'il a pu faire a été inséré dans le texte.

DESPLECIILN (Edouakd-Désiré-Josf.i'h) , peintre décorateur, né à Lille en 1802, mort à'Paris en 1870. — Il a produit un très grand nombre de décors pour les théâtres de Paris, des départements et de l'étranger.

Nous renvoyons pour d'autres détails au texte, à la liste des décorations de l'Opéra et aux différents dictionnaires biographiques d'usage courant.

DESROCHES. — Voir Mathis.

DEVÉIUA (Achille). — Entre autres particularités de sa biographie (pour lesquelles nous renvoyons aux dictionnaires), nous rappellerons cpi'il était le gendre de Motte le lithographe et que pour tout héritage il reçut de son heau-père 5oô 000 francs de dettes à acquitter. Devéria accepta de bon cœur cette lourde succession et consacra toute sa vie à s'en exonérer. C'est ainsi qu'il produisit par milliers des lithographies, dont la vente, quoique le prix de chacune d'elles fût hien modeste, lui permit d'acquitter les dettes de Motte.

Nommé conservateur du cabinet des Estampes à la Bibliothèque nationale, il révéla au public, qui les ignorait encore, les trésors conservés dans cet admirable dépôt.

Depuis, M. Delaborde, secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts, M. Henri Bouchot, le charmant écrivain, M. Auguste Raffet, le fils du grand dessinateur, ont successivement occupé la même fonction et ont persévéré dans les traditions d'amabilité et de complaisance qu'avait inaugurées Devéria et auxquelles nous sommes redevables, dans ce travail comme ailleurs, d'une foule de renseignements qu'il nous eût été impossible de recueillir sans cela.

Quant à l'œuvre de Devéria relatif au théâtre, il est entièrement mentionné dans le texte. .Nous renvoyons toutefois à la ('/ironique des Arts et de Ut Curiosité, 26 février i8(>"). p. 78.

DEVOIR, peintre décorateur, né à Paris en 1808, mort à Lyon en 186g. — II a travaillé pour la plupart des théâtres de Paris, presque toujours en collaboration avec Pourchet '.

On cite plus particulièrement de lui :

A l'Opéra les décors du premier acte du ballet de la Tentation, représentant un ermitage chargé de roches et d'arbres vigoureux avec un lac dans le fond, d'après les dessins d'Edouard Bertin5.

A la Porte-Saint-Martin, ceux de la Nonne sanglante, des Mohicans, et surtout de la luire de Conatantinc , dont Théophile Gautier parle en ces termes : « La décoration du second acte est le morceau le mieux peint qui soit sorti de sa brosse; elle représente

tout simplement la cour d'une maison juive à Constantine Ce ne sont que des murailles

toutes nues, plâtrées de couches de chaux qui s'exfolient, grenues, égratignées et lumineuses comme un Decamps, où s'ouvrent quelques portes vermoulues avec leurs fermetures primitives; une galerie de piliers de brique d'où pendent quelques bouts de tapis, un toit de tuiles désordonnées se découpant sur un ciel d'un bleu tranquille; un nid de cigogne sur le chapiteau d'une cheminée qu'il obstrue. En regardant ce décor, nous avons éprouvé comme un effet de mirage, et il nous semblait encore être dans la ville d'Akhmet-Bey.

« La vue des chutes du Roummel, exécutée d'après un croquis de Daugats, est d'un b 1 effet; les deux gigantesques arches naturelles qui relient les deux côtés du précipice et qu'on pourrait croire faites de main d'homme tant leur courtine se dessine régulièrement, forment une belle perspective toute baignée de lumière et de vapeur; la ville, perchée sur la cime du roc comme une aire de faucon, se découpe avec fermeté sur la rougeur du matin.

«■ L'aspect du camp kabyle est aussi fort bien rendu; ce sont bien là les oliviers au tronc monstrueux, les caroubiers trapus, les figuiers au feuillage métallique, toute cette puissante végétation dont on croit l'Afrique dénudée3. »

Au moment de sa mort, Devoir venait de recevoir une commande pour le théâtre du Caire.

1. Bellier de la Chavignerie, op. cit. — 2. L'Ai liste, t. III, 1 83a, premier trimestre, \i. 241. — 3. Th. Gautier, Histoire de l'Ai t dramatique en France. Paris, iS5<), t. IV, p. 36i.

DIETERLE (Jubes-Pierre-Michel) . — Nous ajoutons aux détails que nous avons donnés dans le texte et dans la liste des décorations de l'Opéra, que Dielerle a fait les peintures décoratives du théâtre d'Avignon en 1869.

DIOSSE. — Voir Arthus.

DOYEN, peintre décorateur, mort vers i83o. — Il abandonna la carrière artistique pour se consacrer à la direction du Théâtre d'Emulation, qui jouit de son vivant d'une réelle prospérité1.

1. Le Tribunal volatile, ou nouveau jugement porté sur les acteurs, auteurs, etc. Paris, an XI, p. i3o. Grande Encyclopédie.

DRANER, un des principaux peintres décorateurs de notre époque. — Il a travaillé pour tous les théâtres de France et pour un grand nombre de théâtres étrangers. Parmi ses œuvres, qui sont considérables, nous citerons :

A l' American Opéra de New-York, les décors d'Qbéron, de Coppêlia, de Tann/iauser, du Corsaire, de Néron, d Aida;

Au théâtre de Drury-Lane, à Londres, celui de Sindbad le marin :

622 PIÈCES JUSTIFICATIVES

Au Châtelet, les déçois de la Poule aux œufs d'or, de Coco fêlé, de la Queue du chat, etc. ;

A l'Eden, ceux à'Excehior, de Sicba, de /<-/ Fille de Madame Angot, du Pied de mouton, du Mikado, etc. ;

Aux Folies-Dramatiques, ceux de Chilpéric, du Pc'itV Faust, des Pe/iVj Mousquetaires, etc. ;

A la Gaîté, ceux de la Chatte blanche, de Quatre-vingt-treize , du Pe//£ Poucet, etc. ;

Aux Nouveautés, ceux du Jour et la nuit, de Fatinitza, du Caw /r/ Main, du Tîot (Vc carreau, de /c/ Venus d Arles, etc.;

Aux Variétés, ceux de la Grande-Duchesse , Barbe-bleue, la Périchole, les Brigands, les Cent Vierges, le Grand Casimir, Lili, etc. ;

A la Renaissance, ceux de VOEU crevé, de Madame le Diable, etc. ;

A la Scala de Milan, ceux de Charles VI, de Pétrarque, etc., sans compter de très nombreuses décorations à l'Athénée, aux Bouffes-Parisiens, au Château-d'Eau, au théâtre Déjazet, aux Folies-Bergère, au théâtre des Galeries Saint-Hubert à Bruxelles, à l'Hippodrome, au Théâtre-Lyrique, au théâtre des Menus-Plaisirs, au Palaiï-Roval, à la Porte- Saint-Martin, au Vaudeville, et même au Skating de la rue Blanche et au Théâtre-Miniature.

DUBLIN, costumier de l'Opéra1.

Page 1