‹ Essai Sur L'Histoire Naturelle Du Desman Des PyrénéesChapitre 15 sur 48 · Milne Edwards, op, cit., p · texte numérisé non relu

Milne Edwards, op, cit., p

D es

breux sillons, sans direction déterminée rendent sa surface irrégulièrement grenue.

Les griffes sont longues & acérées, comme à la main : la plus longue, celle du doigt médian mesure 8 millimètres, la plus courte, celle du pouce 5 millimètres.

La peau qui recouvre l'articulation tibio-tarsienne est nue en dessus jusqu’à une hauteur de 7 millimètres; en dessous au contraire elle porte une toufte de poils grisàtres qui atteignent 5 millimètres de long.

La queue présente à sa base un étranglement assez sensible, mais beaucoup moins marqué que celui qui existe dans le Desman de Moscovie. Elle mesure 125 millimètres : la longueur totale du corps étant de 155 millimètres. Elle est ronde dans les trois quarts de sa longueur, nettement comprimée sur les côtés, à l’extrémité terminale.

Son diamètre est de 6 millimètres à la base, de 4 vers le milieu; puis elle s’atténue graduellement. Mais à 2 centimètres environ de son extrémité elle est déjà aplatie sur les côtés; & là elle mesure 2 millimètres en travers & 4 de haut en bas. Dans cette partie comprimée elle porte à son bord inférieur une rangée de poils raides blancs qui augmentent encore sa hauteur verticale de 2 millimètres.

Dans toute son étendue la queue est couverte d’écailles carrées, disposées en anneaux réguliers : tandis que chez le Desman de Moscovie les écailles de la queue sont irrégulières dans leurs formes, le plus ordinairement deux fois plus larges que longues; irrégulières dans leur disposition car les anneaux s’enchevêtrent les uns dans les autres.

Entre chacune des rangées des écailles de la queue du

He - Desman des Pyrénées, naissent deux à deux des poils blancs, courts à la base de la queue, plus longs à son extrémité, où ils forment une véritable touffe blanchâtre. Ils sont moins nombreux à la face dorsale que sur les côtés, & ils manquent complètement à la face inférieure de la base de la queue. En ce point on peut constater l'existence de pores qui laissent suinter une humeur musquée lorsqu'on comprime la queue sur les côtés.

Nous décrirons plus loin les glandes dans lesquelles sélabore le musc.

En résumé la queue du Desman des Pyrénées diffère assez notablement, par son revêtement écailleux & par sa forme arrondie & non comprimée latéralement, de celle du Desman de Moscovie; mais elle lui ressemble par la présence d’un appareil moschifère très rapproché dans ses dispositions générales de celui étudié par Brandt chez l'espèce de Russie & méconnu jusqu'à présent par les auteurs.

Tout le corps du Desman des Pyrénées est couvert d’une fourrure épaisse, soyeuse, brune en dessus, avec des reflets assez vifs, & qui deviennent métalliques quand Panimal est plongé dans l’eau : la fourrure est blanchâtre, argentée en dessous. Ces deux colorations se fondent insensiblement sur les flancs : la face interne du bras est blanche & forme une ligne régulière en avant & en arrière de la partie libre du membre inférieur.

La fourrure du desman des Pyrénées est composée de deux sortes de poils; les uns longs, brillants, irisés lorsque l'animal est dans l’eau, sont bruns sur les parties supérieures, blancs en dessous ; les autres sont courts, plus fins, plus soyeux & bleuâtres. La peau est blanche dans toutes les parties couvertes de poils.

Le mâle diffère de la femelle par des dimensions

moindres; sa queue est plus aplatie à l'extrémité; les

poils de sa fourrure sont plus longs, plus soyeux; ceux

de la femelle sont plus courts & plus serrés; sans cepen-

dant que ces différences soient très notables.

Page 1