SYSTÈME VASCULAIRE
Le cœur ressemble à celui du Hérisson.
L’aorte donne naissance à trois vaisseaux : le tronc innominé, la carotide, la sous-clavière. Dans la portion abdominale de l’aorte je dois signaler l'absence de la mésentérique inférieure.
La veine cave inférieure est fortement dilatée au niveau des veines rénales, & cette dilatatation s'étend aux iliaques & un peu aux veines superficielles du membre inférieur.
De plus, le système veineux forme un plexus considérable au-dessous des muscles peauciers des flancs & du dos; ces deux plexus se terminent par deux gros troncs veineux qui vont se jeter dans la veine sous-clavière.
Cette dilatation du système veineux de la partie supérieure du corps a été décrite avec assez de détails par Pallas: ; elle est beaucoup moins marquée chez le Desman des Pyrénées, elle est surtout marquée dans les sinus sous-cutanés.
1. « In qua venosus maxime apparatus, amphibiae naturae mire accomodatus, admiratione dignus est & sine exemplo in reliquis omnibus quadrupedi aquaticis.
« Jam celeber Meckel docuitamphibia quadrupeda ope sinuum venosorum maximorum, in quibus sanguis, impedito per pulmones transitu accumulatur, adeo diu sub aquis durare, quod sorex moschatus luculenter confirmat, » — (Pall., Zoo. Rus. 4s., t. I, p. 128.)
« Videbatur aliqua adesse communicatio inter sinus venosos amplissimos; etenim foramen ovale velut cribro quodam reticulatum apparuit. Praecipuum naturae providentis institutum, ad lenandum, quando sub aquis versatur animal, circulationis per pulmones impedimentum, videtur in singulari & admirabili venarum inferiorum amplitudine positum esse. Omne scilicet venae abdominales & artuum posteriorum non solum amplis-
Ces plexus veineux sont en quelque sorte sous la dépendance des muscles peauciers que nous avons déjà mentionnés ; leur action principale semble consister, lors de leur relèchement, à faciliter l'afAux du sang dans ces vaisseaux & à le renvoyer au cœur lors de leurs contrac-
tions. Leur disposition est molifiée dans ce but : ils forment de larges banles musculaires, de peu d'épaisseur ; ils different en cela des peauciers du Hérisson qui sont beaucoup moins élargis mais plus forts & dont l’action est uniquement réservée à la mise en boule de l’animal.
Cette grande amplitude du système veineux est en rapport avec le genre de vie du Desman; elle lui permet de rester longtemps sous l’eau sans que l’asphyxie se produise, le sang veineux pouvant s’accumuler dans les vastes dilatations des troncs veineux abdominaux, dans les réseaux des sinus latéraux, & ne faire retour au cœur que lorsque les poumons peuvent remplir leur office.
Chez le Desman de Moscovie cet appareil de compensation est très développé & il se trouve en rapport avec les mœurs de cette espèce, qui passe sa vie dans l’eau & ne vient à terre qu'accidentellement. Tout au contraire le Desman des Pyrénées chasse très souvent sur les bords des torrents, on le rencontre dans les prairies humides
assez loin du cours d’eau voisin; aussi, chez lui la dilata-
simae, & iliaca vasa cum ramis principalibus varicoso nodosae, singulares duae venae per ilia ad musculos, panniculum que sub cutaneum emissae sanguini retardato diverticula praebent; sed vaena cava inferior in regione lombari, dilatata etiam est in saccum didymum amplissimum, versu diaphragma contractum, e quo, praeter vaenas supra memoratas, prodeunt spermatica vasa & amplissimae venae emulgentes altera pone saccum venae cavae latet. Hoc ergo spatioso venarum postea corporis apparatum obtinetur, ut animal sine incommodo diutius respiratione sub aquis carere possit. » —
(Pallas, Acta Ac. Imp. Petrop anno 1781, 6. part. p. 332.)