Tome III
Iransformer le coton en (il et en étoffes , était considérable, et les nombreuses raifineries qui y furent établies ne purent suffire aux demandes, malgré leur activité. Le canal de Terneuzen devait faire arriver désormais directement les matières premières dans la ville, qui s'affranchirait parla du tribut qu'elle payait aux nég^ocians des autres villes maritimes. Quarante à cinquante chargemens de coton brut suffirent a peine pour alimenter les filatures existantes, qui en consommaient annnelletnent35H 40mille balles.
Les raffineries de cette ville, si renommées pour leurs procédés, employaient déjà 10 à 12 militons de livres de sucre par an , ce qui faisait 25 à 30 chargemens de deux à trois cents tonneaux.
Il s'était formé ùGand, sous le nom de Phénix, une immense fabrique de machines de tout genre. Cet établissement était pour ainsi dire le tuteur indispensable des nombrei^scs manufactures de la ville de Gand ; on y fabriquait toi^tes les machines les plus compliquées ; auparavant la plupart des réparations ne pouvaient se faire qu'à Téfranger ; il en résultait une perte de temps précieux, le chômage des moteurs et des ouvriers; de ce moment le Phénix Rechargeait de toutes les restaurations.
Enfin les derniers relevés portent que Gand compte 66 filatures de coton qui emploient, nombre commun , dans leur local chacune cent individus, que le nombre des dévidenses travaillant au dehors, peut également être évalué à 100 per* sonnes, et que celui des tisserands n'est pas inférieur à 150 pour chaque fabrique, ce qui donne un nombre de 23,100 individus , parmi lesquels n'est pas comprise toute la population des commissionnaires, des colleurs, des fabricans de cardes , de cylindres, des mécaniciens , etc. , etc. , eta ; ainsi nous pouvons assurer sans exagération que les filatures de
coton n'occupaient pas moins de 34,520 personnes, dont 8,000 pères de famille , et ce nombre est encore fort au-dessous dôi la Térité.
Le voyage que le Roi fit en 1829 , dans les provinces , avait en partie pour but de s^assurer de Fét^it industriel et commercial du pays. Gand et Liège offrirent le tableau le pins complet de progrès et de prospérité. S. M. visita dans ces Villes éminemment manufacturières et industrielles , tous les établissemens qui pouvaient inspirer quelqu' intérêt. Gand surtout présenta pendant plusieurs jours l'aspect d'une véritable fête d'industriels; le Roi témoigna partout sa hante approbation. Dans un des ateliers de filature de coton, éclairé au gaz et en pleine activité , tous les ouvriers étaient en uniforme, habillés de coton blanc , produit de la fabrique , relevé des nœuds d'Orange. Ce coup-d'œil ravissant rappella en quelque sorte à S. M. ce qu'elle avait vu dans les grands ateliers de Londres. Le souverain fut reçu avec un enthousiasme inexprimable au .nouveau port de Gand , où il venait en yacht à vapeur par le canal de Terneuzen » nouvellement praticable. Voici ce qu'on imprimait à ce sujet à Gand sur ce bienfait du Roi:
(n Pénétrés de la plus irive reconnaissance envers le mo- -narque, que dans sa bonté la Providence a accordé aux Pays-Bas , les habitans de Gand se rendront dignes de plus en plus de cette constante bienveillance de Guillaume I, à l'égard de leur ville. Ils n'oublieront jamais que c'est à la ^^éreuse intervention de ce bon Roi qu'ils doivent cette communication directe avec l'Océan, que depuis si longtemps ils avaient appelée de tous leurs vœux.
?^La ville de Gand , déjà favorisée de tant de bienfaits , par
la munificence du Souverain qui nons gouverne, lui doit encore celui d'être devenue port de mer.
^Les Gantois ont su apprécier les dispositions bienveillantes pour leur ville , de ce Prince qui met toute sa gloire à faire le bonheur de ses sujets. Ils en transmettront le souvenir a leurs descendans, et ceux-ci partageront Tamoar et l'admiration qu'auront inspirés à leurs ancêtres tant de bienfaits du plus populaire et du meilleur des Rois.)>
La société industrielle de Gand fit frapper une médaille pour consacrer le souvenir de la visite que S. M. venait de faire dans leur ville; elle poiiait d'un côté le portrait du Roi avec ces mots :
GUILIELMUS i. BELGARUM REX ;
Au revers :
REX OBT. F. p.
GANDAVENSIUM
INDUSTRIAM
ADPROBAT, EXCITAT
PRitSIDIO TUTATUR
LRBIS HOSPES
XXX aiAir