CREATION DE LA COMPAGNIE DES INDES-ORIENTALES
Les Hollandais, firent leurs premières tentatives anii^eote» oeeid^tâles d'Afrique , là où les Portugais avaient ooftiqaencé leokrs découvertes, et où ils avaient établi beaucoup de forts,; doBt! ils possédaient encore quelques-uns. Cette niayîgijti'oa s'étendît bientét au point qn'avant la trêve de 1609, le^HoU landais y employaient, dit-on, cent4vingt navires de diver-. ses dimensions ; plusieurs navigateurs atteignirent les iles ou côtes de rAmérique ; et il se forma dîvei'ses Sociétés pour
suivie ce nouveau cotiimcrcc. Ces iiiogrcs eicilérent (ellcmenl la jalousie (les Portugais et des Espagnols, <|ii'ils mirent à prix le» tètes des Hollandais. Cette jalousie manifestée pai des menaces si terribles , Tut la cause du {iremier établissement que les Hollandais foj-nièreDt à la côte d'Afrique. Afin de faire leur commerce avec plus de sûreté iU construisirent eu 1612, un fort à Moure, dans le royaume de Sabor, qu'ils nommèrent le fort de Nassau, et qui existe encore.
Le commerce ne se composait encore que d'objets de d'importance, car, jKiur s'étendre . tl devait être mis en ports fréquens avec celui del'Amériqui', et il ne |>ouvait l'être encore entre les mains des Hollandais, qui n'avaient alors aucune possession dans le Nouveau Monde. Cependant ce commerce avait donné lieu à la création de beaucoup de petites Sociétés , qui firent naître l'idée de former par leur rénnion une Compagnie des Indes-Occidentales, ainsi qu'où avait formé , par une semblable réunion , une Compagnie des Indes-Orientales. £n sorte que presque les mêmes causes donnèrent naissance aux deux Compagnies. Mais les objets de leur commerce étant bien dilTérens , leurs progrès devaient. l'être aussi et ils le furent en effet. , .
Les Etats-Généraux accordèrent à la Compagnie des la-iS des-Occidentales par un octroi de 1621, amplifié en 1622, le» mêmes privilèges qu'ils avaient accordés â celle des Indes- Orientales , mais avec cette différence , qu'ils se réservèrent la nomination du Gouverneur-Général , qui , outre le serment dû à la Compagnie, devait prêter le serment de fidélité aux Etats; serment que les gens de guerre étaient obligés de prêter une troisième fois au Capitaine-Général; ilsajoutèrentà cet octroi un encouragement, qu'ilsn'nvaient pas donnée la Compagnie des Indes-Orientales. Ils lui firent présent de trois gro« vaisseaux, montés de six cents soldais. Ils lui accordéi-enl le commerce exclusif de la vMc d'AIVique depuis le tropj
do Cancer jusqu'au Cap de Boime-Espérance ; et sur toutes les ofttes de rAmérique depuis la pointe méridionale de Terre- Néirre , les détroits de Magellan et de là Maire et autres , JQsqn^à celui d^ Anjan ; et dans Terre-Neute , dans toutes les lies «ntre la Mer du Nord et celle du Sud , de même que dans les terres Australes. A ce privilège était ajouté le droit de ocmstmire des forts , de faire alliance avec les nations de ce pays et d'y établir des colonies.
Le premier fonds de la nouvelle Compagnie fut de sept mil* lions tieux cent mille florins , divisé en actions de six mille florins chacune. L^administration divisée en cinq chambres , ane à Amsterdam , une en Zélande, une à Rotterdam , une à Hoom , et la cinquième en Frise et à Groningue , fut formée sur le modèle de celle de la Compagnie des Indes-Orientales. On donna à cette administration , ainsi divisée , un centre de réonion dans l'établissement d'un conseil composé de huit directeurs de la chambre d'Amsterdam , de quatre de celle de Z^lande et de tous les directeurs de chacune des trois autres , auxquels les Etats-Généraux se réservèrent de joindre un ou plusieurs députés de leur part. Ce conseil eut la suprême direction de toutes les affaires de la Compagnie.
La Compagnie fit, sous cette administration, ainsi que le faisait sa sœur ainée des Indes-Orientales , de grandes conquêtes avec une rapidité remarquable , tant sur la côte d' Afrique qu'en Amérique. Elle en fit de plus grandes encore sur mer ea. égard aux circonstances; ces conquêtes lui valurent une immeBBB fortune. On estima la valeur des prises que ses imaseaux avaient faites sur les Portugais et sur les Espagnols <fepnis 1623 à 1636, à quatre vingt-dix millions et les dépvnses à quarante-cinq millions. Ces succès qu'on prit, ou qne du moins on traita comme des succès de commerce , firent envisager un moment, cettie Compagnie comme égale en puissance à celle dee Indes-Orientales. Elle fit des répartitions sur