‹ Essai sur l'importance du commerce, de la navigation et de l'industrie, dans les provinces formant le royaume des Pays-Bas, depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1830Chapitre 67 sur 126 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

'tat du commerce dans le Royaume des Pays-Bas depuù 1814 d 1830.

^L est presque impossible de faire connaître Timpor- >tance du commerce pendant une période où le bou- >leversement politique, les troupes étrangères dans Kle pays et la guerre sur différens points, mettent tout en confusion et donnent une toute autre direction aux intérêts que dans les temps tranquilles. Telle était la position du pays en 1814; néanmoins ces circonstances réunies donnent souvent , par rapport A quelques articles , une acti^^ Tome III. 1

vite extraordinaire au commerce , surtout en ce qui concerne les objets servant à la nourriture ou au vêtement du soldat Le commerce de grains était considérable en 1814 , l'exportation ayant outrepassé l'importation de fl. 2,421,000.

Le commerce dans les provinces méridionales était, selon M. van Kampen, déjà productif en 1815, et avait cette année produit à Tétat dix-sept cents mille florins. Le droit de tonnage sur les bâtimens du pays montait à environ 38,000 florins, celui sur les bâtimens étrangers à 163,000 florins. L'importation du café présentait plus de huit millions et le sucre raffiné plus de la moitié de cette somme ; les étoffes de soie environ fl. 400,000, les tissus de coton plus d'un demimillion , les vins près de fl. 700,000 , les draps et casimirs fl. 800,000 , fils et dentelles , fl. 146,000, enfin les manufactures en général six à sept millions de florins.

Parmi le haut commerce de l'étranger, celui qui se faisait avec la Baltique, avait été extrêmement florissant en Hollande; cependant depuis trente ans il avait considérablement diminué , à cause que l'Angleterre s'en était en grande partie emparée: en voici un exemple remarquable: en 1787, 2406 navires néerlandais passèrent le Sund, en 1790, 2009, en 1814 ce nombre était à peine de 550.

Cependant le commerce de grains et celui de bois sar la Baltique, étaient au nombre des peu d'articles qui étaient à cette époque restés le partage d'Amsterdam.

Le commerce avec les iles Britanniques était encore important. Les Hollandais sont restés en possession du commerce de commission de ce royaume , et d'une grande partie de l'Allemagne et de la Suisse, puisque la majeure quantité des denrées manufacturées et des métaux , venant de ces pays, s'expédiaient par le Rhin. En échange, les Pays-Bas pour-

voient FAngleterrc non-seulement de beurre et de fromage, mais aussi de lin , de garance et de grains; il a été prouvé que l'importation en Angleterre de ces objets , provenant de nos provinces, était à cette époque plus considérable que celle provenant de la France en temps de paix.

Ce commerce se faisait en grande partie par Anvers ; et pour les autres branches par le port de Rotterdam. Il résulte des mêmes calculs que la balance du commerce avec la France était à cette époque de plusieurs millions à notre préjudice. €elui avec l'Espagne, le Portugal, l'Italie et le Levant balançait grandement à notre faveur , néanmoins nous éprouvions quelque préjudice à cette époque , par suite delà concurrence d'autres puissances, de l'exportation considérable de grains d'Odessa, et de l'état déplorable où se trouvait l'Espagne.

Avant d'entrer plus avant dans le développement du système de balance, il n'est pas inutile de faire observer en thèse générale , que cette réciprocité n'est pas toujours une base certaine, et qu'il faut aussi prendre en considération la nature et le degré de la main-d'œuvre que les denrées ont subis, car lorsque l'importation est égale à l'exportation en valeur brute , on est souvent dans Fhabitude d'établir qu'il n'y a point de perte ni de gain pour les deux pays qui ont fait l'échange; ce système est néanmoins souvent erroné; par exemple un pays , supposons l'Angleterre , expédie vers les Pays-Bas pour une valeur de fl. 100,000 en denrées des colonies , tandis que ceux-ci y envoie en échange à peine pour 50,000 florins de denrées dont la matière première est le produit du sol et qui ont été manufacturées dans le pays , telles que les toiles de lin, le beurre, la garance etc. ; or, il ne résulte pas justement de cet échange une perte pour nous de fl. 50,000 , car il faut ici considérer combien le pays profite «n effet à la main-d'œuvre qui est un bénéfice réel> et c'est

4'après cette évaluation qiion peut réellement établir de quel côté se trouve Tavantape. L'Angleterre aura payé -^ des il. 100,000 à Tachât primitif, frais de transport etc., tandis que nos produits qui ne présentent que la moitié de la valeur, jettent plus d'avantage dans la balance, attendu que le prix entier de la valeur a été gagné par nous. Ainsi, lorsque nous vendons une aune de toile à un florin, il y e'st compris le loyer et la culture des terres qui ont produit le lin brut , et le prix des nombreuses manipulations que le lin subit avant d'être transformé en toile; il est donc constant qu'avec un système de balance qui semble nous être désavantageux , nous avons en réalité profité à l'échange plus que l'Angleterre.

Néanmoins il est impossible de prendre ces nombreuses différences et modifications eu considération , chaque fois quenous communiquerons les relevés et les va leurs, on est donc forcé d'en laisser l'application éventuelle pour chaque cas spécial , à la sagacité (hi lecteur.

Commençons par établir les produits des droits d'entrée, de sortie et de transit, depuis les premières années que nous avons pu nous les procurer, jusqu'en 1825.

Produit des droits d'entrée, de sortie et de transit, et des autres droits en rapport avec eux.

11820. . . fl. 6,773,982.

Sousleré{jmiefleIa]tHd.i21 mai 1819. ;182I. . . 6,211,682.

S del

ousIeroffiiiKN un peu moins proliimht, It^or r; iino^Q

a l<» du JOaout 182i. Ij^^j. . . 6.340.3U.

Voici ce momc produit des années 1823, 1824 et 1825 rc parti par province.

riOTIRCIS DAJIS L'OROR£ DU PRODUIT ARNKI

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