DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE XI
1916, à Koritza (4), avec les instructions suivantes : « Ni Grecs d'aucune sorte, ni Italiens, ni Essa-
distes à Koritza. » C’est le 21 Novembre que le Co-
lonel Descoins parvint à destination. (5) à
La ville était dans une agitation considérable ; le bruit courait que la France y voulait imposer par la force le gouvernement venizéliste.
M. Argyropoulo, ancien préfet de Salonique, avait été envoyé par Venizélos, après la constitution par celui-ci du Gouvernement provisoire de Salonique, dont il faisait partie, en Epire du Nord, et cherchait bien, en effet, à imposer son autorité ; mais il dut, le 22 Novembre, remettre les différents services de la région qu'il contrôlait déjà entre les mains de Descoins. |
Les raisons de l'envoi de celui-ci étaient d'ordre purement militaire, le commandement ayant entrepris des opérations dans le secteur de Monastir, ne voulait pas être gêné par des troubles ou des guérillas entretenus en Albanie par les Etats limitrophes. «Il s'agissait (6) d’éteindre à tout prix un foyer d'incendie qui pouvait, le cas échéant, compromettre la sécurité de notre flanc gauche, et de créer à Koritza une zone de calme complet. »
Or, il y avait dans cette zone, aux termes d'un document officiel adressé par Descoins au Commandement, le 23 Novembre 1916 (7) :
(4) Nom grécisé de Kortcha.
(5) Il trouva à Koritza le 1° Chasseurs d'Afrique, commandé par le Lieutenant-Colonel de Bournazel, qui quitta la ville le lendemain de, son arrivée. Descoins y reste avec deux bataillons d'infanterie, deux escadrons de cavalerie et une section d'artillerie.
(6) Descoins, p. 10.
(5) Ibid., pp. 11 et 12.
En premier lieu :
Au Sud de Koritza, des bandes grecques royalistes dont les buts étaient, d’abord, de s'opposer à l’action des Venizélistes en Albanie ; ensuite assurer les communications postales entre la Cour d'Athènes et les Puissances centrales ; enfin de servir la cause de ces dernières puissances en entretenant l’agitation en Albanie.
En second lieu :
À l'Ouest de Koritza, des bandes austro-albanaises, dont le but était de servir la cause autrichienne, sous le prétéxte de sauvegarder l'indépendance de lAlbanie.
En dernier lieu :
Au Nord de Koritza, des bandes bulgaro-albanaises agissant complètement avec les troupes bulgares dont elles faisaient, en quelque sorte, partie intégrante.
« Lorsqu'au mois d'Octobre 1916, les troupes (8) françaises sont venues occuper Koritza, elles ont trouvé le pays en grande effervescence, presque en révolution. La population du kaza de Koritza, qui, depuis le mois d’Août, se trouvait, pour la seconde fois, sous l’occupation grecque, souffrait tellement de cette administration mauvaise et corrompue qu'elle considérait ses employés comme des tyrans, et la Grèce,comme un pays barbare. Jamais l'administration grecque n’a pu s’acquérir la sym-
(8) In L'administration de Korilza pendant l'occupation militaire française : Aperçu envoyé par les représentants de la population de Koritza à la Délégation albanaise à Paris.
In Demètre Kolovani : La question de Korilza. Paris, s.d., pp:-7 01.58 (DNS Tr E6500).