‹ Essai sur l'industrie à domicile salariéeChapitre 45 sur 99 · CHAPITRE Ie · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ie

L’A SSOCIATION

La pratique de l’association,qui a contribué dans une si large mesure à l’amélioration du sort des ouvriers d'usine, a fait naître chez quelques-uns l’espoir que les ouvriers à domicile en recueilleraient les mêmes bienfaits lorsqu'ils consentiraient à s’unir. Les ouvriers peuvent,-en effet, s’associer sur le terrain purement professionnel pour la défense des intérêts généraux de leur profession ; ils peuvent encore former entre eux des coopératives ; or, si l’on étudie le développement de l'association dans l’industrie en chambre, on se rend compte qu'il est à peu près nul,et que les essais divers qui ont été tentés ont, pour la plupart, misérablement échoué.

Je ne veux pas, dans les quelques notes qui vont suivre, décrire en entier le mouvement syndical et coopératif parmi les travailleurs en chambres je veux simplement noter en passant des indices, et placer utilement les exemples à l'appui des observations générales que j'aurai à présenter.

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I. — Les différentes professions ayant trait au vêtement de femme à Paris ont constitué, en 1892,le syndicat de « l’Aïguille »; mais cette association, fondée sous divers patronages, a plutôt le caractère d’une institution philanthropique que d’un syndicat professionnel. A Lyon existent quatre syndicats féminins, de brodeuses, de couturières, de service général (femmes de service), de bouïillonneuses ; mais le nombre des adhérentes est absolument dérisoire. Quant aux coopératives de tisseurs qui existaient encore à Lyon, elles ont toutes échoué *.

En Autriche, les sculpteurs en écume de Vienne se sont constitués en un syndicat professionnel, qui s’est, dans la suite, transformé en coopérative de production. Cette coopérative paraît d’ailleurs prospérer.

Les industries à domicile belges ont très peu adopté l’idée syndicakste et coopérative. Les tisserands de lin ont fondé des coopératives de production qui n’ont pas vécu ”. Par contre, on re trouve pas chez eux de tentative de syndicat ?, ni chez les dentellières “, ni chez les coutelliers de Gembloux *, ni chez les cloutiers du pays wal-

1. Office du travail, Les associations ouvrières professionnelles, I1, p. 640.

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