‹ Essai sur l'industrie à domicile salariéeChapitre 98 sur 99 · SES · texte numérisé non relu

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sont sans cesse à la merci de cette fatale puissance, des intermédaires plus ou moins scrupuleux qu’elle emploie et de l’innombrable armée de tous ceux, habiles à profiter de leur faiblesse, quiles exploitent et les ruinent. M. Aïftalion à décrit d’une façon très suggestive et symbolique à cet égard le développement de la fabrique collective dans la région du Nord : « Les confectionneurs de Lille emploient à eux tous plusieurs milliers de travailleurs à domicile dans les quartiers ouvriers de Lille, ainsi que dans nombre de villages environnants. L'industrie en chambre du vêtement pénètre sans cesse dans de nouvelles localités, envahit de proche en proche jusqu'aux hameaux les plus reculés : d’une part, les employeurs, en quête de forces de travail à bas prix, étendent graduellement le cercle de recrutement géographique de leur personnel ; d’autre part, les fabricants de machines à coudre inondent toutes la région de leurs placeurs, leurs « abonneurs », qui, faisant miroiter l’appât de fortes rémunérations futures, poussent à l’acquisition à crédit de machines, suscitent une fraîche maind'œuvre à domicile en des villages ou en des logis restés étrangers jusque-là à l’industrie du vêtement *.»

Voyons, d’autre part, comment s'opère, en réalité, ce retour à la fabrique collective ? Les

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