‹ Essai sur l'instruction publique, et particulièrement sur l'instruction primaireChapitre 8 sur 58 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Statuts fondamentaux.

JN ous croyons avoir le droit de donner ce nom aux statuts que lesFrères eux-mêmes ont soumis à l'autorité supérieure , chargée de les viser au nom du Gouvernement.

Nous les reproduisons donc en toute confiance, tels qu'ils ont été envoyés , en 1809, au grandmaître de l'Université, par le vicaire-général de l'Institut, uni à ses assistans, et tels qu'ils ont été visés en 1810.

Art. Ier. L'Institut des Frères des Ecoles chrétiennes est une société dans laquelle on fait profession de tenir les écoles gratuitement. La fin de cet Institut est de donner une éducation chrétienne aux en fans , et c'est pour ce sujet qu'on y tient les écoles, afin que les en fans étant sous la conduite des maîtres depuis le matin jusqu'au soir , ces maîtres puissent leur appren-

cire à bien vivre , en les instruisant des prin* cipes de notre sainte religion , en leur inspirant les maximes chrétiennes, et leur donnant ainsi l'éducation qui leur convient.

2. L'esprit de l'Institut est un esprit de Toi qui doit engager ceux qui le forment à attribuer tout à Dieu, et à ne rien faire que dans les vues de Dieu , et en conformité parfaite à ses ordres et à sa volonté. Ils auront de plus un zèle ardent pour instruire les enfans, les conserver dans l'innocence et la crainte de Dieu, et leur donner beaucoup d'éloignement et une très-grande horreur pour le mal.

5. L'institut est gouverné par un supérieur général, lequel est perpétuel. Il a pour adjoints deux assistans qui sont son conseil, et l'aident à bien gouverner \ ils demeurent dans la même maison que lui, assistent à ses conseils, lui prêtent la main quand il est nécessaire, même pour répondre aux lettres qu'il reçoit.

4. Le supérieur général est élu, au scrutin parles suffrages secrets des directeurs assemblés des principales maisons ; ils élisent de là même manière les deux assistans, lesquels restent en place dix ans et peuvent être continués.

5. Le supérieur général peut être déposé, mais seulement par le chapitre général, et pour des causes extrêmement graves.

6. Le chapitre général se compose de trente des plus anciens Frères ou directeurs des principales maisons. Ils s'assemblent de droit tous les dix ans, à moins qu'il ne soit jugé nécessaire de convoquer quelquefois une assemblée extraordinaire.

7. Les maisons particulières sont gouvernées par des Frères directeurs qui sont trois ans en place, à moins que, pour de justes causes, il ne paraisse plus convenable au supérieur général et à ses assistans de diminuer ou de proroger ce temps.

y. Le supérieur général nomme des visiteurs; ils sont aussi trois ans en place, et font leurs visites une fois par an; ils exigent des directeurs un compte de la recette et de la dépense; et, aussitôt que la visite est finie, ils font au supérieur général leur rapport de ce qu'il faudrait corriger dans chaque maison.

9. Aucun des Frères ne peut être prêtre, ni prétendre à l'état ecclésiastique, porter le surplis ni faire aucune fonction dans l'église ; mais,

tout entiers à leur vocation , ils vivent dans le silence , dans la retraite, et dans la plus entière fidélité à leurs devoirs.

10. Us s'attachent à leur Institut par les trois vœux simples de religion , qu'ils ne font d'abord que pour trois ans, ainsi que par le voeu de stabilité et par celui d'enseigner gratuitement les en fans. Ces vœux durent autant qu'ils n'en sont pas dispensés; ils peuvent en être dispensés par le pape (1).

11. Us ne sont admis à faire les vœux , même de trois ans, qu'après avoir été au moins deux ans dans l'Institut, et s'y être éprouvés, un an dans le noviciat, à l'école un pareil temps.

12. Us ne sont reçus à les faire qu'après les plus sévères informations, et ils le sont à la majorité absolue des voix par les Frères profès de la maison où ils se trouvent.

i5. Les Frères seront admis, autant qu'il se pourra, à l'âge de seize ou dix-sept ans; mais, en ce cas, ils renouvelleront leurs vœux tous

(1) On verra plus loin quelles modifications furent faites, d'après le* lois existantes, à ce qui regarde les. voeux.

( 19) les ans, jusqu'à ce qu'ils aient atteint lage de vingt-cinq ans accomplis.

i4. On renverra tout sujet qui se conduirait mal , mais on ne le fera que pour des causes trèsgraves , qui seront jugées telles par le chapitre générai des Frères, et vérifiées à la pluralité des suffrages.

i5. Il en sera de même pour ceux qui demanderaient à sortir de la maison, et à obtenir dispense de leurs vœux.

16. Les Frères ne s'établissent dans les diocèses que du consentement des évêques, et y vivent sous leur autorité, pour le gouvernement spirituel ; et sous celle des magistrats des lieux, pour tout ce qui concerne le civil.

De la manière dont les Frères doivent se comporter dans les Ecoles.

ij~ Les Frères tiendront partout les écoles gratuitement, et cela est essentiel à leur Institut.

18. lisseront continuellement attentifs à trois choses dans l'école : i° pendant les leçons, à reprendre tous les mots que l'écolier qui lit , dit mal ; 20 à faire garder exactement le silence aux

écoliers pendant tout le temps de l'école; 3° à rendre attentifs les écoliers dans les leçons qu'on leur donne.

19. Ils enseigneront leurs écoliers selon la méthode qui leur est prescrite, et qui est universellement pratiquée dans l'Institut; ils n'y introduiront rien de nouveau, et n'y changeront rien aussi.

20. Ils apprendront à lire aux écoliers : i° le français; 20 le latin; 3° les lettres écrites à la main ; 4° à écrire.

ai. Ils leur apprendront encore l'orthographe et l'arithmétique, le tout comme il est prescrit dans la première partie de la Conduite des Ecoles. Ils mettront cependant leur premier et principal soin à apprendre à leurs écoliers les prières du matin et du soir, le Pater, VAve Maria , le Credo et le Confîteor, et ces mêmes prières en français; les commandemens de Dieu et de l'Eglise; les réponses de la sainte messe; le catéchisme; les devoirs du chrétien, et les maximes et pratiques que Noire-Seigneur nous a laissées dans le saint Evangile.

22. Ils feront, pour ce sujet, tous les jours le catéchisme pendant une demi -heure; les

veilles de congé de tout le jour, pendant une heure ; et les dimanches et les fêtes, pendant une heure et demie.

s5. Les jours d'école, les Frères conduiront les écoliers à la sainte messe, à l'église la plus proche, et à l'heure la plus commode, à moins qu'en quelque endroit cela n'ait été jugé impossible par le Frère supérieur de l'Institut, lequel fera en sorte que cela n'arrive pas, sinon pour très-peu de temps.

24. Ils ne recevront et ne retiendront aucun écolier dans l'école, qu'il n'assiste au catéchisme, aussi bien les jours de dimanches et de fêtes, que les autres jours auxquels on tiendra l'école.

25. 11 y aura , dans chaque maison , un Frère qui livrera les livres, papiers, plumes, etc., à l'usage des écoliers, et on leur donnera l'encre gratis, sans exiger d'eux quoi que ce soit pour cela.

26. Les Frères distribueront les livres aux écoliers, aux mêmes prix qu'ils leur auront coûté, tous frais faits, et ces frais seront tous payés dans la maison où sera le fonds d'impression.

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