OBSERVATION X
Il s’agit d'un homme âgé de 25 ‘ans, vagabond, qui fut trouvé étendu sur un chemin. Admis à l’hôpital, il prit, peu après son entrée, une crise épileptiforme suivie d’excitation cérébrale. Le malade attaque avec furie un de ses camarades. On fut obligé de l’attacher. Refus de nourriture, on fut obligé d'employer la sonde. Le malade redevint tranquille; le jour, il était dans le coma, la nuit il se levait et volait lesaliments qu'il pouvaittrouver. À ce moment, apparition des symptômes de catalepsie, pas de contractures, amaigrissement progressif, toux légère. Sensibilité presque abolie, plusieurs fois le malade se réveilla de sa torpeur, marmotta quelques paroles entremélées de jurons, sauta hors de son lit pour s'étendre sur le plancher; les paroles qu'il prononça à diverses reprises étaient souvent obscènes, d’autres fois, le délire avait un caractère religieux et s'accompagnait de prières ferventes. Ces manifestations d’activité mentale étaient rares et espacées.
Quelques jours avant la mort, la catalepsie diminua et disparut à peu près entièrement, le malade se mit à parler presque raisonnablement ; 4! chantait des chansons comiques et populaires dont beaucoup étaient fort longues, et demandaient, pour être retenues, un assez grand effort de mémoire; puis le malade s’affaiblit graduellement et mourut.
A l’autopsie, on trouva les tissus de la dure-mère gorgés de sang, les corpuscules de Pacchioni plus marqués que de coutume, de la sérosité sous-arachnoïdienne; en même temps, les ventricules étaient remplis d’une sérosité contenant un {peu d’urée; les corps striés et les couches optiques étaient plus fermes que d'ordinaire et semblaient tassés, poumon caséeux, foie sain, reins en complète dégénérescence amyloïde, urines albumineuses.
(1) (Prise dans {he Dublin Journal of médic. sc. avril 1875) rapportée par Thomas W,. Grimshaw.
Shore.