INTRODUCTION
En publiant ces recherches sur un point particulier de la technique analomique, nous n'avons d'autre but, loin de vouloir créer un procédé d'exception compliqué ou délicat, que de mettre à la portée de chacun une méthode simple et assez fidèle pour devenir d'application courante.
Nous y avons été amené de la manière suivante :
Pour conserver les pièces anatomiques de démonstration, on emploie divers procédés : le plus simple est l'immersion de la pièce préalablement disséquée ou mise en valeur dans un liquide fHixateur. Diverses formules ont été préconisées dans ce but: au lieu du formol ordinaire, qui offre le désavantage de ratatiner et de rendre cassantes les matières albuminoïdes, on emploie fréquemment le « Kayserling », qui modifie moins vite et moins complètement les couleurs.
Excellent pour les pièces d'anatomie pathologique ou d’anomalies que chacun doit pouvoir contrôler et examiner telles quelles, ce procédé est notoirement insuffisant pour les démonstralions anatomiques. L’œil non exercé reconnait difficilement les divers éléments, qu’une teinte uniforme confond. A côté des modèles en carton ou en plâtre, souvent infidèles, force est donc d’émployer les pièces dites sèches, que leur bariolage rend au moins démonstratives et qui se préparent ainsi : « Après dissection préalable, on soumet pendant un certain temps, assez long généralement, la pièce à la dessiccation. Celle-ci effectuée, on peint avec des couleurs à l'huile et termine par une couche de vernis qui donne à l’ensemble un aspect plus brillant et une solidité plus grande, »
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Les désavantages de cette façon de procéder sont faciles à comprendre :
1° D'abord la longueur de la méthode : le temps de la dessiccation variable selon le volume de la pièce, la température, le mode d'injection du sujet, n’est en moyenne pas inférieur à une quinzaine de jours ; ici, comme souvent, la lenteur est encore la meilleure manière d'aller vite.
20 Les déformations de la pièce : les rapports sont toujours plus ou moins masqués, modiliés, par l’inégale rétraction d'éléments de texture variable (nerfs, vaisseaux, tendons, muscles). Il y a impossibilité de garder les détails d'organes délicats (cerveau, moelle, organes splanchniques), qui se ratatinent complètement.
3 Les pièces ayant demandé à leur auteur un temps d'exécution plus ou moins long sont, en général, traitées avec ménagements el ne peuvent être mises entre les mains des élèves, comme le serait une pièce sans valeur, facile à préparer extemporanément.
Ces divers inconvénients nous ont amené à chercher si les dissections ordinaires ne pourraient pas être transformées sans manipulations ‘longues, sans dessiccation, en pièces de démonstration colorées. Pour rendre, en effet, une préparation anatomique claire et compréhensible, surtout au débutant, il est indispensable de pouvoir distinguer facilement, d’un coup d'œil, ses divers éléments : la couleur facilite heureusement la transition du dessin, loujours trop schématique, au cadavre, toujours complexe.
Pour remplir ce but, diverses conditions devraient être réunies :
1° Emploi de couleurs simples, faciles à se procurer ;
2° Application des colorants aisée, sans manipulations trop longues ou trop compliquées.
3° Colorants prenant sur la pièce encore humide, donc sans précautions spéciales et sans manœuvres de dessiccation, longues et délicates ;
4° Fixité relative de ces colorants, de manière à empêcher
le mélange des diverses couleurs, assurer la conservation el permettre les manipulations.
Nos essais ont élé nombreux pour réaliser ces conditions, simples en apparence : nous les exposerons ci-après.