‹ Essai sur la condition des barbares établis dans l'empire Romain auChapitre 162 sur 162 · FI. Stilicho (Vandalus · texte numérisé non relu

FI. Stilicho (Vandalus

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LES DEUX MEROBAUDES

Saint-Martin, dans son commentaire de Lebeau (Hiêt, du Bas^Empire, t. VI, liv. xxxii, p. 177, not. 3), consacre un article spécial à la question des deux Merobaudes.

On ne peut admettre que FI. Merobaudes, consul d'abord en 377, puis en 383, soit le même que FI. Merobaudes, auteur du Panégyrique d'Aétius et de divers fragments publiés par Niebuhr sous le titre de FI. Merohaudis Carminum Panegyrici" que reliquiœ in memhranis Sangallensihus, Bonn. , 1824.

L'inscription découverte à Rome en 1813 (Orelli-Henzen, n. 1183) et gravée sur la base d'une statue élevée à FI. Merobapdes dans le Forum Ulpianum par ordre des empereurs Théodose et Valentinien le jeune, est de 435 {Dedicata IIII Kal, Aug. Conss. D D, NN, Theodosio XV et Valentiniano IIII).

On pourrait supposer qu'elle lui fut érigée après sa mort. Mais le Panégyrique WAétius est évidemment postérieur à la date de l'inscription : on y parle de la paix faite avec Genséric

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et de la prise de Garthage ; il n'a donc pu être composé que pour le troisième consulat d'Aétius, c'est-à-dire en 446. Or, quelle que fût alors la limite d'âge fixée pour le consulat, limite très-variable sous les empereurs qui la modifiaient à leur gré, il n'est point vraisemblable que FI. Merobaudes, consul pour la première fois l'an 377, ait vécu jusqu'en 446. L'inscription, du reste, ne mentionne point le consulat dont parle M. Ozanam: on y lit seulement V. S. fVir Spectabilis.J

La Chronique (fidatius nous apprend que FI. Merobaudes, gendre d'Asturius, qui fut consul en 449, succéda à son beaupère en qualité de maître de la milice et remporta de brillants succès sur les Bagaudes d'Espagne. (Asturio, magistroutritisque milttiœ, gêner ipsius successor ipsi mittitur Merohaudis, natu nohilis,,. Brevi tempore potestaiis suce Aracellinatorum frangit insolentiam Bacaudarum) . Gomme son beau-père, il cultiva aussi la poésie et son nom figure avec honneur dans cette école poétique des Gaules du v« siècle, qui comptait parmi ses plus illustres représentants Sidoine Apollinaire et Ennodius (Rossi, Bulletin d'archéologie chrétienne, 1871, 3« fascicule, p. 118). Nous nous expliquons dès lors trèsbien cette double illustration de la plume et de l'épée que rappelle l'inscription : Ingenium fortitudini ut doctrinœ natum stiloet gladio pariter eœercuit,

M. Ozanam consacre plusieurs pages à FI. Merolmudes ; il cite plusieurs passages des fragments de ses œuvres pour nous donner une idée du talent poétique de ce Barbare tellement imbu de la civilisation latine qu'il prenait parti dans ses vers pour Rome contre la Germanie :

Teutonicum Latiis hostem cum steraeret armis. Tune ad bella rudem nec adulco Marte ferocem.

(Panég. (fAétius, v. 194 et suivants.)

En effet, bien que Sidoine Apollinaire et d'après lui Sirmond en fassent un Espagnol, ortu Hispanus.,, fSid. notœ Sirmondi ad eœcusatorium ad Felicem) , il est certain que le nom de Merobaudes, commun à cette époque, est celui d'un Barbare et d'un Franc. Gette famille des Merobaudes, déjà ancienne et illustre, s'était en quelque sorte nçituraliséç dans l'Empire.

Rien ne s'oppose à ce qu'on voie dans le FI. Merobaudes de l'inscription (vir antiquœ nohilitatis) le descendant, le petitfils de Merobaudes, roi franc, qui s'était attache au service de Rome sous Yalentinien !•', et le fils d'un autre Merobaudes, duc d'Egypte en 384. Le petit-fils ajouta à l'illustration de ses ancêtres une nouvelle gloire, celle de l'écrivain (novœgloriœ) . La statue et l'inscription devaient perpétuer le souvenir de cette double gloire.

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