FORMULES DIVERSES
Languedoc^ contre des fièvres épidémiques d'origine palu« déenne^ même dans un cas de fièvre rémittente grave. Cependant^ essayées en 1857 en Bretagne^ elles n'eurent pas le même succès. Pourquoi? Il nous a été impossible de le découvrir. Nous désirons sincèrement que des expériences plus multipliées puissent démontrer Tefficacité de ce médicament. II est très-bien toléré à tous les ftges^ il ne produit sur les viscères abdominaux aucun des troubles que Ton reproche au sulfate de quinine^ et il est beaucoup meilleur marché que les pilules préparées avec cet alcaloïde. Ce serait donc une précieuse acquisition pour les hôpitaux et les dispensaires.
il nous serait facile de multiplier ces formules; mais nous avons voulu nous bbrner à celles qui nous ont semblé les plus utiles; nous avons surtout cherché^ dans le choix que nous en avons fait, celles qui nous ont paru les plus propres à démontrer la possibilité d'application des idées développées dans ce livre. Si ces idées réussissent à faire leur chemin^ d'autres^ nous l'avons déjà dit^ sauront se les assimiler; ils ouvriront à la science de la vie des horizons nouveaux ; ils recueilleront des riches moissons dans le champ où nous avons essayé de tracer un modeste sillon : c'est notre vœu le plus cher, c'est le but de tous nos travaux.
Enfin, en terminant, nous devons expliquer une lacune de notre formulaire; il n'indique aucun traitement contre le cancer.
Depuis plusieurs années déjà, nous cherchons un spécifique contre cette terrible maladie, et nous avons quelque espoir d'y avoir réussi ; mais les expériences cliniques ne sont pas encore assez complètes pour avoir transformé l'espérance en conviction. Nous attendrons donc des résultats bien positifs avant de publier notre formule, et nous nous bornons aujourd'hui à prendre date.
En choisissant, dans les volumineux recueils de nos riotes, un petit nombre d^observations, notre intention n^a pas été de les présenter comme une démonstration absolue de Pefficacité dés formules qui précèdent ; un volume tout entier eût été insuffisant et personne n^aurait eu la patience de le lire ! Nous avons cherché seulement à donner aux médecins une idéede Tefifet thérapeutique de nos préparations ; et^ pour cela^ nous n^avons pas choisi exclusivement parmi les cas suivis de guérisons confirmées; souvent nous avons préféré publier des insuccès, quand ils nous ont semblé offrir quelque intérêt pour la science.
Ces observations seront donc rapides, souvent même incomplètes ; mais les difficultés qu'il a fallu vaincre pour en réunir les éléments, méritent peut-être un peu d'indulgence.
L'auteur de ce livre, quand il a entrepris ses travaux scientifiques, touchait à la cinquantaine, il était attaqué de plusieurs affections chroniques très-graves, et il avait sa part des soucis et des devoirs imposés par la famille et la société; enfin, privé de l'honneur du bonnet doctoral, il ne pouvait appliquer pratiquement ses idées thérapeutiques, qu'à l'aide du concours bienveillant des médecins. Partout où il a transporté son laboratoire ambulant, à Palerme, à Naples, à Rome, à Paris, à Montpellier, en Bretagne et en Languedoc, il a sollicité ce concours.
Quelques-uns l'ont dédaigneusement repoussé ; de ceux-là, il s'efforce d'oublier les noms; d'autres, et c'étaient les plus savaofts, l'ont encouragé et aidé dans ses travaux; il voudrait pouvoir ici leur adresser à chacun nominalement l'expression de sa
vive reconnaissance^ mais ils sont trop nombreux : à chaque nom, il faudrait ajouter une louange méritée. Cette nomenclature ressemblerait à de la camaraderie ; et Tamitié a aussi ses pudeurs.
C'est donc avec le concours de plusieurs médecins qu'ont été recueillis les éléments des observations qui vont suivre; mais la rédaction appartient presque en entier à Fauteur^ et cW sur lui seul que doivent retomber les critiques; il les subira avec résignation si elles sont motivées^ mais il est au moins bien certain que personne ne mettra en doute ni la sincérité de ses convictions^ ni Texactitude des faits qu'il affirme.
Première observation. — Le nommé Jean-Pierre la Hille, laboureur^ est ftgé de 82 ans. Sa santé, qui n'a jamais été trèsremarquable^ est fort affaiblie depuis deux ou trois ans; il nous est amenée le 18 avril 1851^ par M. Dedieu, médecin au Puy-de-Touges ^ et nous constatons^ avec ce praticien, les symptômes ci-après. Affaiblissement de la vue, de Tintelligence et de la mémoire : pesanteur habituelle de tête et étourdissements; quintes de toux le matin et le soir^ bronchorrbée abondante: un peu de dyspnée; grande difficulté de se livrer au travail, malgré la bonne volonté de ce brave homme.
Traitement prescrit : le matin et le soir, une pincée des poudres stomachico-céphaliques, infusion de lierre terrestre; avant le dîner, 10 à J2 gouttes d'élixir cérébrique : soir et matin, frictions sur le thorax et l'épigastre avec notre Uniment' balsamique.
Le 18 juillet suivant, la Hille revient nous trouver; tous les symptômes décrits plus haut ont disparu, mais il s'est déclaré à la jambe gauche un ulcère d'assez mauvais aspect. Prescription : recommencer l'usage quotidien des poudres stomachico-céphaliques, panser la plaie avec un cérat aiguisé d'un peu d'acide phosphorique.
Le 22 octobre nous rencontrons aux champs le malade travaillant de tout son cœur; il nous assure être guéri et se refuse à tout traitement.
Le 2i mars 1852, la Hille a bien passé l'hiver, mais depuis plusieurs jours il a été repris de douleurs de tète constantes, toux
catarrhale, suffocations, inappétence et dyspepsie: impossibilité de travailler, affaiblissement général. Prescription : les pilules cérébriques avec addition de lactate de fer, tisane de lichen ; Uniment balsamique.
Ce bon vieillard s'est assez bien rétabli : deux ans plus tard, nous avons eu occasion de lui faire prendre, pendant quelques semaines, un peu d^or potable, et puis nous l'avons perdu de vue; il est mort en 4858, d'une pneumonie, à l'âge de 90 ans.
Decxièmb OBSERVATION. — Mademoiselle Marie L est ftgée
de 49 ans; c'est une grande et belle personne d'un visage très^agréable, mais entièrement défigurée par une hideuse blépharite purulente, qui entoure ses yeux de deux plaies toujours enflammées; la conjonctive est souvent injectée de sang : les douleurs de tête et celles de Tépigastre et des hypocondres sont fréquentes ; la suppression des menstrues n'est pas totale, mais il y a eu, depuis trois ans, alternatives de dysménorrhée et d'aménorrhée. Tel était l'état de cette intéressante malade quand elle nous fut adressée le 10 mai 1851 par un praticien de Saint-Frajou. Elle avait consulté plusieurs habiles médecins, entre autres MM. les professeurs Estévenet et Dieulafoy qui lui avaient fait suivre les traitements indiqués par la science: à l'intérieur, l'iodure de potasse et l'huile de foie de morue, sur les paupières, des pommades tantôt avec le minium, tantôt avec l'extrait de Saturne ; enfin des cautérisations fréquentes avec le nitrate d'argent : le mal n'avait fait qu'empirer.
Prescription : 2 pincées par jour des poudres stomachiconervines dans une tasse de petite centaurée; trois fois par semaine, un bain avec feuilles de noyer et iodure de potasse, sur les yeux, lotions d'eau fraîche.
Le 4 juillet suivant, amélioration marquée de l'état général, plus de douleurs; les règles sont revenues exactement et plus abondantes, il y a eu, en outre, un léger flux hémorrhoïdal; mais les paupières sont rouges, un peu douloureuses, et la conjonctive est encore légèrement injectée. Prescrit : les pilules antihystériques avec le cyanure d'or et de fer, collyre avec feuilles de noyer et sulfate de zinc.
28 juiUet. — La santé continue passable, sauf un peu d'amé-
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norrhée ; il y a eu quelques hémorrfaagies nasales^ mais l'état des yeux demeure stationnaire. Prescrit^ pour toute médicar tion^ les pilules toniques au succino-phosphate d'or et de fer: aux yeux eau fraîche.
18 août. — L'état des yeux est fort améttoré ; épistaxîs fréquente ; continuer le même traitement.
S^ juin 1852. — . Les yeux sont revenus à l'état à peu près normal^ seulement ils sont sujets à s'injecter de sang à l'époque des menstrues^ qui sont peu abondantes. Prescrit : les mêmes pilules (une par jour) dans lesquelles le succino-phospliate d'or et de fer est remplacé par l'iodure de fer et d'or; tisiane de houblon et de safran : avant le principal repas , quelques gouttes d'or potable.
Quelques mois de ce traitement ont sufii au rétablissement complet^ et, depuis plusieurs années, la santé s'est maintemie excellente.
Nous supprimerons les commentaires que pourrait suggérer cette observation, nous bornant à ajouter, un fait assez remarquable au point de vue étiologique. En 1853 mademoiseUe
Marie L m'adressa son frère âgé de 24 ans, atteint de phthisb
au premier degré, que notre traitement du reste a complètement guéri. Il y avait eu, dans la famille, d'autres phthisique^.: toutes ces affections héréditaires se touchent. , : .,
Troisième observatiom. -^ La fille Jeanne Gabarrot âgée de 19 ans, nous a été adressée, au mois de, septembre 1851^ par H. Bayonne, médecin à Gimont, pour dysménorrhée et chlorose, qui avaient résisté aux traitements ordinaires. Son état offrait des symptômes qui simulaient laphthisie : la base du poumon gauche rendait à la percussion un sou mat caractérisé. Les poudres stomachico-céphaliques le matin, lés pilules sédatives le soir, ont caîmé les douleurs et rétabli les fonctions. La guérisoii a été achevée par les poudres sédatives corroborantes.
Ce cas n'offre rien de remarquable; le suivant et^t plus curieux.
QuATRiÈVE OBSERVATION. -- Louise»Hartin> âgée de 20 ans.
m'a été adressée le 9 juillet d853^ par M. Bouzin père^ médecin à Montpezat. Elle est, depuis trois ans^ attaquée d'une surdité assez intense^ accompagnée d'une céphalalgie constante et intolérable: cette affection locale s'est déclarée à la suite d'une aménorrhée presque complète. Prescrit: la poudre stomachico-céphalique, additionnée d'une petite dose de poudre sédative corroborante: user fréquemment de la poudre «rrhine en guise de tabac.
Le 22 juillet^ les douleurs de tète ont presque totalement disparu : l'état général est meilleur^ mais la surdité des deux oreilles a peu diminué. Persévérer dans le traitement.
Le 30 août; la malade, se trouvant mieux, a repris les travaux des champs^ et n'a pas suivi exactement le traitement : depuis quelques jours, la céphalalgie a reparu avec plus d'intensité que jamais, la surdité persiste. L'application du topique anti-névralgique, sur les tempes, à la nuque et derrière les oreilles, fait disparaître immédiatement les douleurs. Prescrit : les pilules anti-hystériques, tout en persévérant dans l'usage de la poudre errhine.
Le 17 septembre, les douleurs de tête ont tout à fait cédé, le flux menstruel est assez abondant, la surdité a un peu diminué. Prescrit : Tusage des poudres stomachico-nervines, en continuant les poudres errhines : mais il serait indispensable d'employer un traitement local contre la maladie des oreilles; la malade s'y refuse, elle se borne à user des poudres pendant quelques semaines. Sa santé s'est tout à fait rétablie; mais elle est demeurée un peu sourde : eût-il été possible de la guérir complètement? C'est probable; mais il est fâcheux d'être obligé de terminer, par un doute, cette observation qui nous semble intéressante. Celle qui suit n'est curieuse qu'au point de vue de l'action des pilules cérébriques, aussi en abrégerons-nous les détails.
Cinquième observation. — M. de *** est âgé de 40 ans : sanguin et très-impressionnable, il a été sujet, dans sa jeu* nesse , à des affections de la peau et plus tard à quelques douleurs pour lesquelles on lui a souvent prescrit les eaux de Luchon qui lui réussirent; mais en avril 1855, à la suite de fatigues, de chagrins, et peut-être aussi d'un peu d'abus des
plaisirs^ il est tombé dans un état qui l'înquiète. Céphalalgie presque continuelle et souvent insupportable; éblouissements fréquents, troubles dans les fonctions digestives, inappétence; alternatives d'insomnies totales et de somnolences diurnes, fatigues inusitées au nrK>indre exercice; impossibilité de supporter ni le vin pur, ni aucun aliment épicé ; marche un peu flagellante, enfin quelques fourmillements du rachis.
Ses médecins ordinaires lui conseillèrent un régime doux/ quelques tempérants et des évacuants légers ; ce traitement n^avait amené aucune amélioration. Il essaya alors les pilules cérébriques, à la dose d'une par jour eianiecibum. Celte médication produisit un effet tellement rapide, qu'au bout de très-peu dejours>îl avait pu reprendre toutes ses habitudes; 30 pilules suffirent à son complet rétablissement.
Un an plus tard, ces pilules cérébriques, avec une légère addition de la dose d'ambre gris, ont tout aussi bien réussi chez un autre malade appartenant à la classe supérieure de la société et qui, avec les apparences extérieures de la force, était devenu incapable des fonctions viriles. Le seul trouble fonctionnel qui coexistât avec ce fâcheux état, était une constipation habituelle liée à quelques difficultés de la seconde digestion. 10 pilules cérébriques amenèrent une telle amélioration, que le ci-devant malade voulut les continuer par reconnaissance ; il en prit encore 25 qui furent très-bien tolérées ; il n'y a pas eu de rechutes, et sa santé est parfaite.
L'observation suivante offre un résultat incomplet ; mais elle a peut-être plus de valeur médicale.
Sixième observation. — J teinturier à Toulouse, âgé de
44 ans, à la suite d'une myélite, est demeuré paralysé des membres inférieurs ; la vessie et le rectum ne fonctionnent plus, la station est impossible, les évacuations ne s'opèrent qu'à l'aide des lavements et de la sonde : fourmillement insupportable dans les membres et la colonne vertébrale, insomnie constante et presque totale. Tel était l'état de ce malade lorsqu'il nous a été abandonné, en avril 1855, par H. le professeur Estévenet, qui le considère comme tout à fait incurable et qui soupçonne une
OBSBRTA-gO!» GUmQUBS. 451
éti(dogie syphilitique. Depuis trois ans, divers moyens ont été essayés sans aucun succès, entre antres des cautères, des deux côtés du rachis ; le seul traitement qw ait semblé produire un léger soulagement a été Tiodure potassique, ce qui confirme» rait ropÎQÎon de M. Estévenet. M. le docteur de Nontesquiou a bien voulu consentir à suivre ce traitement ; d'accord avec lui nous prescrivons : frictions des deux côtés du rachis, alternatif v^Eneni avec le chlorure acide d'or et le baume antinrhumatismal, tous les matins, I à 2 pilules cérebriques ; tous les soirs, les poudres stomachico-nervines; avant le repas, quelques gouttes d'or potable.
Quinze jours de cette médication ont amené une amélioration bien caractérisée, la station est devenue possible, les mouvements sont plus libres ; le malade peut faire quelques pas à Taide d'une caime. L'appétit se rétablit, la constipation est moins intense, il y a eu des selles naturelles ; mais les fourmillements des membres pelviens persistent, ainsi que l'insomnie et les douleurs ; les forces laissent beaucoup à désirer. Nous prescrivons le même traitement, en tenforçant les pilules cérebriques d'une double dose de cérébrate d'or et ajoutant au liniment gras un peu d'ammoniaque et quelques essences.
Après deux autres septénaires, nous constatons, avec H. de Hontesquiou, les résultats suivants. L'état général n'a pas empiré, au contraire, il y a une légère amélioration; les fonctions de sécrétion et de nutrition tendent à se rétablir, et le malade a pu, avec une canne, faire le tour d'une promenade publique à quelaue distance de sa maison. Il y a eu un peu de sommeil et le pouls est plus plein, mais le fourmillement et les douleurs persistent; le malade est découragé. Nous sommes d'accord à proposer de persévérer dans le traitement en le rendant plus énergique encore par des préparations phosphorées plus actives; mais le malade s'y refuse; il ne veut plus entendre parler d'aucun médicament. Nous sommes forcés d'abandonner ce malheureux qui, en effet, passe quelques mois sans suivre aucun traitement et retombe bientôt dans l'état le plus triste.
Si le traitement eût été suivi avec persévérance et énergie, aurait-on obtenu une guérison complète, ou bien aurait-on
seulement amélioré Tétat et prolongé la vie? On ne peut que conjecturer ; mais les premiers résultats obtenus permettaient d'espérer: et ces espérances étaient confirmées par l'action des médicaments qui formaient la base de ce traitement, dans des affections moins graves^ mais de même nature.
Nous pourrions citer des cas nombreux d'affections nerveuses^ hystériques^ ou hypocondriaques^ d'une intensité légère qui ont été guéries complètement au moyen de la poudre stomachico-céphalique le matin ; le soir^ de la poudre anti^spasmodique ou de la poudre stomachico-nervine; mais ces observations présenteraient peu d'intérêt ; peut-être en trouvera-t-on davantage dans la suivante^ qui a exigé l'emploi de plusieurs de nos préparations.
Sbptiéhe observation. — Hélanie Galian est ftgée de 46 ans révolus; on lui en donnerait à peine 10, à sa taille et à son aspect : maigreur extrême^ visage défiguré par la perte d'une partie des dents déjà cariées: gencives scorbutiques^ teint plombé, cachectique^ presque cancéreux: inappétence et dyspepsies constantes; constipation rebelle, aménorrhée totale depuis trois ans, époque où les menstrues se sont manifestées par une crise violente et puis ont totalement disparu; insomnies habituelles; attaques hystériques fréquentes, et, dans Tintervaile, douleurs insupportables à la tête, aux membres et à l'épigastre : enfîn^ palpitations ; la cage thoracique est tellement étroite qu'elle comprime les viscères.
Tel était l'ensemble des symptômes qu'offrait cette malade, quand elle nous fut recommandée en décembre 1856; son état était grave sans doute; mais^ au dire de la mère^ on ne devait lui assigner aucune cause héréditaire ; tout au plus pouvait-on le faire remonter à un accident de grossesse. L'enfant cependant était venu à terme, mais tellement chétif et souffreteux, qu'il fallut l'ondoyer dès sa naissance. Pendant toute son enfance, cette pauvre petite fut continuellement maladive. Elle était cependant arrivée à sa douzième année, quand le père, honnête artisan, vint à mourir laissant sa veuve et sa fille sans ressources. La cause première nous semble donc une lésion traumatique, intra-utérine^ qui a occasionné un
état cachectique mal soigné pendant l'enfance et aggravé, à Tépoque de puberté^ par les chagrins et la misère.
Plusieurs médecins du bureau de bienfaisance ont donné successivement quelques soins à cette infortunée; mais^ depuis un mois^ ils ont cessé de rien prescrire, jugeant toute médication inutile. H. le docteur Atoche^ qui assistait «à notre première exploration de la malade^ et H. le docteur Lafon-Gouz, qui a eu la charité de nous aider à lui donner des soins^ s'étonnent tous les deux de la témérité de notre espoir. Cependant nous avions entrevu un point d'appui sur lequel on pouvait baser un traitement méthodique. La jeune malade est douée d'une énergie qui indique une vitalité oppressée par des causes morbifiques^ mais qui se révèle encore ; le pouls est fébrile^ mais plein ; la peau se prête aux diaphorèses, les reins et la vessie remplissent leurs fonctions: il est donc possible de stimuler la vie, par des corroborants^ et d'essayer la méthode révulsive^ en stimulant les fonctions encore intactes.
Voici quelle fut notre première prescription : le matin^ les poudres stomachico-céphaliques ; avant et après le repas, une potion, dont Tor potable formait la base; dans la journée, quelques verres d'infuàion légère de chiendent et de fleurs de sureau; le soir les poudres stomachico-nervines ; matin et soir^ un lavement de décoction de guimauve et de laitues additionnée d'une forte poignée de sel marin.
Au bout de quinze jours de ce traitement, on constate une légère amélioration; l'appétit commence à se manifester, les digestions s'opèrent assez facilement ; un seul lavement de laitues, administré le soir, suffit pour assurer les selles du lendemain ; il n'y a eu ni crise ni boule hystérique^ la malade a retrouvé un peu de sommeil malgré les douleurs qui persistent, mais elle se sent plus forte à les supporter; elle marche beaucoup. Prescription : le matin, les pilules anti-hystériques ; le soir^ les pilules sédatives ; continuer la potion avec l'or potable : dans la journée tisane de safran^ édulcorée avec le sirop anti-scorbutique de M. Piette plus actif que celui du Codex.
Sous Teinpire de cette médication, et le huitième jour, les menstrues reparurent enfin à la suite d'une légère colique. Depuis ce moment, l'amélioration de l'état général a été constante
et assez rapide ; la croissance surtout^ qui avait été si longtemps arrêtée^ s^est développée avec une promptitude qui nous étonnait nous-méme.
Ce n'est pas à dire cependant que les secours de la médecine n'aient pas été indispensables pendant longtemps encore; comme il arrive toujours dans ces états compliqués^ Télément morbide reparaissait continuellement, tantôt sous une forme^ tantôt sous une autre. C'étaient des céphalalgies atroces^ des névralgies maxillaires^ des entéralgies rebelles, des alternatives de constipations et de diarrhées, des symptômes de congestions sanguines, suivis de périodes d'anhémie, des pertes utérines suivies des dysménorrhées. Toutes les préparations des premières pages de notre formulaire ont été tour à tour appliquées à cette pauvre enfant et' toujours avec succès. Après chaque crise^ Tétai général se trouvait meilleur qu'auparavant, et Fon revenait à l'usage quotidien des poudres stomachico-céphaliques le matin^ et anti-spasmodiques le soir. Pendant ce long traitement il est survenu deux maladies aiguës ; l'une était une fièvre assez intense avec des accidents nerveux : elle fut combattue par des pilules de thériaque avec partie égale de nos poudres anti-spasmodiques, et une potion de valériane et de quinquina ; l'autre, une pneumonie avec symptômes bilieux, fut traitée par nos poudres anti-<;atarrhales et un peu de kermès, les quatrième et sixième jours.
Enfin, depuis six mois, aucun médicament n'a été nécessaire, et Hélanie Galian, rendue à la santé, est une des plus laholieuses ouvrières d'un magasin de lingerie.
HciTiÈMB OBSERVATION. — M. de C... cst âgé de 70 ans, père d'une nombreuse et belle famille. Il a joui d'une bonne santé pendant presque toute sa vie ; mais, depuis environ deux ans^ il est sujet à des coliques et des embarras intestinaux ; dans les derniers trois mois, les souffrances sont devenues insupportables et ont résisté à tous les traitements.
Voici l'étal constaté le 4 mai 1856 par M. le docteur Lafontr Gouzi, qui a bien voulu nous aider de ses lumières dans ce traitement ; nous copions ses notes.
o Douleurs atroces dans la région épigastrique ; si l'on essaye
a quelques aliments dans les moments de rémission^ ils sont, il en général, rejetés presque immédiatement. Le peu qui est a toléré est toujours mal digéré; aussi l'amaigrissement est it extrême, le faciès presque grippé, la prostration des forces, (( complète. Cependant Texamen de la région épigastrique et ce de Tabdomen ne fournit aucune indication pathologique: le « ventre est souple, indolent et n'offre aucun point d'obstruC' c< tion.D
Nous prescrivîmes : frictions sur Tépigastre avec le topique anti-névralgique ; le matin et, dans la journée, quelques cuillerées d'un opiat composé avec la poudre anti-spasmodique, et le sirop de fleurs d'orangers et le miel ; le soir, et pendant la nuir, un autre opiat avec les poudres stomachico-nervines associées au miel et au sirop de jusquiame.
Au bout de quelques heures, il y eut assez de calme pour pouvoir conseiller quelques huîtres et un potage qui furent bien tolérés ; trois jours plus tard, le malade supportait les aliments solides. 11 y eut encore une ou deux crises avec douleurs gastriques et lombaires; mais elles cédèrent assez facilement aux anti-spasmodiques. Le complet rétablissement fut assuré par Tusage quotidien de l'or potable : et, à la fin du mois, M. de C... put repartir pour son château et reprendre ses habitudes.
Neuvième observation. — Pour abréger, nous réunirons, sous ce titre, trois cas d'affections utérines, dont nous supprimerons les détails, nous bornant à reproduire les traits principaux :
Isabeau G , âgée de 29 ans, mère de deux enfants, a
fait, il y a trois ans, une fausse couche, à la suite de laquelle, s'est déclarée une maladie de matrice. A subi un traitement de 14 mois par la cautérisation et les moyens usités, qui avait apporté un peu de soulagement; mais depuis quelques semaines, tous les désordres locaux ont reparu et l'état général empire tous les jours. Quand elle vint nous consulter, le 10 mai 1851^ rhypogastre était douloureux, les ovaires résistaient à la pression ; le museau de tanche offrait des points d'excoriation ; il existait un écoulement leucorrhéique abondant et fétide ; enfia la malade se plaint de dyspepsies, de dyspnées et de palpitations.
Tel était Tétat qui. a été guéri par l'usage continuel des poudres stoinachico-céphaliques^ des pilules anti-hystériques, de la teinture anti-hystérique et des bains de siège avec la ciguë et Técorce de chêne. Mais ce traiteipent a été fort long; plusieurs rechutes ont eu lieu ; il a fallu user, à deux reprises différentes^ de nos pilules toniques au succino-phosphate d'or et de fer et du liniment balsamique. Ce n'est que le i4 mars d853^ que nous avons pu constater une véritable guérison. Depuis cette époque^ la malade a joui d^me bonne santé.
Le cas de Marie T... âgée de 31 ans^ célibataire^ est à peu près semblable ; elle a suivi, en J852, notre traitement contre ITiystérie pour une affection de matrice, qui présentait des symptômes assez graves du côté des ovaires. Les pilules anti-hystériques, avec les bains de ciguë et d'écorce de chêne les a fait disparaître ; mais il s'est bientôt manifesté une toux hectique avec une petite fièvre et une matité inquiétante à la base des deux poumons. Ces symptômes ont cédé après quelques mois d'usage des poudres anti-catarrhales et du liniment balsamique ; mais quand les poumons eurent recommencé leurs fonctions, les désordres du côté de la matrice reparurent de plus belle. Le traitement anti-hystérique les fit de nouveau disparaître, mais le poumon recommença à donner des inquiétudes. Dans cet embarras, nous eûmes l'idée peut-être un peu bizarre de lui administrer simultanément nos spécifiques contre les deux affections, une sorte de thériaque avec nos poudres stomachiconervines et anti-catarrhales , le succino-phosphate d'or et de fer, la ciguë et le phellandrium. Toutes ces drogues furent bien tolérées, le rétablissement fut lent, mais graduel; et, depuis deux ans, cette brave fille a pu se placer comme gouvernante chez un respectable curé, et sa santé résiste à toutes les exigences de ce service.
La femme Laveran nous a été amenée, en 1850, par H. Bouzin père, médecin à Montpezat; elle est attaquée de douleurs lombaires qui ont résisté à plusieurs moyens appropriés et qui sont compliquées d'un grave prolapsus de matrice ; cet état a cédé assez facilement à notre traitement anti-hystérique ; mais aussitôt qu'il était suspendu, le ihal reparaissait. Il a fallu trois ans d'usage à peu près constant des poudres stomachico-cépha-
liques le matin ; le soir^ des stomachico-nervines^ pour obtenir un complet rétablissement.
Nous ternjinerons ces cas de chloroses et d'hystéries, par une observation qui nous parait intéressante, par cela même que ce n'est pas nous qui l'avons recueillie ; elle nous a été communiquée par H. le docteur de Montesquiou qui, seul, a dirigé le traitement : nous copions ses notes.
Dixième observation. — a Madame X., âgée de 34 ans, (( bien constituée, d'un tempérament lymphatique, au système a nerveux fort sensible, est sujette depuis longues années à une « perte blanche qui ne s'arrête que par des intervalles très- « courts. Ses règles suivent rarement leur cours ordinaire ; a elles apparaissent sous forme de matières glaireuses mêlées a de stries sanguinolentes, ou simplement d'un liquide visqueux «légèrement rosé.
« Madame X. se plaint de faiblesse d'estomac, de douleurs a de poitrine suivies d'une toux sèche, d'insomnie, d'un sentia ment de douleur dans le bas-ventre, et de douleurs qui (( semblent avoir leur siège dans les ovaires.
« Elle a déjà suivi plusieurs traitements pour combattre cet « état; mais leucorrhée, dysménorrhée, chloro-anhémie perce sistent toujours. Après un examen attentif de la malade, au a mois de février 1857, je lui ai ordonné le traitement qui suit : a pilules anti-hystériques de 1 à 3 par jour; tisane de mélisse « avec 2 gouttes d'élixir cérébrique ; fumigations balsamiques, (( tous les jours; bains de siège avec écorce de chêne et sulfate « de zinc. Régime tonique. De temps en temps, interruption du « traitement pendant quatre ou cinq jours. Au bout de quelques « mois, ce traitement a produit les plus heureux résultats ; la «perte blanche a sensiblement diminué, les règles semblent « vouloir prendre leur cours régulier et donnent du sang vive- « ment coloré. L'appétit est revenu avec le sommeil, les douce leurs de poitrine et de bas-ventre sont moins vives et moins a fréquentes.
« Le 11 mai, je modifie le traitement, en substituant aux pi- « Iules anti-hystériques les pilules toniques du même formulaire « additionnées d'un peu de cigué en poudre. L'amélioration
Ki générale marche rapidement : la perte blanche est presque a insignifiante et la dysménorrhée a cessé. La médication est (( interrompue pendant quelques jours pour être reprise ensuite. « (Juillet 1857.)
a Pendant que madame X... suit ce traitement^ une violente a secousse morale, la mort de son mari^ vient interrompre la « médication et ramener le désordre dans son organisation, a Bien que la perte blanche ne reparaisse guère^ des douleurs a vagues se font ressentir dans tout le corps, et tous les soirs a madame X. est fatiguée par une toux petite , sèche , avec a agitation fébrile.
« Le il décembre 1857, je prescris : pilules avec valérate « de quinine et extrait de valériane, à prendre de 1 à 3 par a jour. Lavements fréquents avec mercuriale et miel, bains de « siège avec feuilles de noyer et ciguë. Régime et tisane névro-
(( Au mois de février 1858, madame X... se trouve en bonne « santé et n'accuse plus aucun des symptômes précités, si ce .(( n'est un peu d'inappétence et encore un peu de lourdeur dans (( le bas-ventre. Je lui conseille de continuer son traitement, en (( supprimant les lavements et revenant aux pilules anti-hystéri- «ques, 2 par jour.
«L'affection de madame X... a cédé complètement à cette a médication, elle se porte fort bien à présent ; mais je lui ai a conseillé de ne pas interrompre tout à fait ses remèdes Quela ques bains de siège avec feuilles de noyer et, de temps en « temps , les mêmes pilules, ont maintenu Téquilibre de ses (( fonctions. »
Nos lecteurs auront peut-être remarqué, dans les observations qui précèdent, Tutilité qu'on peut retirer du topique antinévralgique contre les affections nerveuses caractérisées par des douleurs intenses. Voici deux observations qui nous semblent préciser encore mieux l'action de ce médicament ; elles ont été recueillies, en 1856, par H. le docteur Béni-Barde, aujourd'hui établi à Paris, alors interne à l'Hôtel-Dieu de Toulouse.
Onzième observation. — « Le nommé X., âgé de 20 ans^ <c à la suite d'un bain de rivière imprudent, ressentit des dou-
a leurs vives sur tout le trajet du grand nerf sciatique. Brisé par « la souffrance, il se décida enfin à recourir aux secours de la « médecine.
« Dès la première visite, je reconnus, en effet, une névralgie <( sciatique bien caractérisée. En poussant plus loin mes invesa tigations, il me fut facile de diagnostiquer la concomitance «d'une lésion de la moelle épinière; mais, comme la sciatique a faisait éprouver des douleurs atroces, je résolus d'attaquer « d'abord cette complication. Le malade avait déjà essayé les «moyens usités en pareil cas, sans éprouver aucun soulage- « ment, j'essayai alors le topique anti-névralgique du formulaire « de M. de Lapasse. Après quelques frictions, sur le trajet du « nerf douloureux, le malade fut très-soulagé ; en persistant « dans l'emploi du remède, il obtint assez rapidement une gué- (' rison complète. »
Cette observation est du mois de janvier i 856; il est à regretter que M. le docteur Béni-Barde ne l'ait pas complétée, en indiquant le traitement employé contre TafTection principale ; il est vrai qu'il quitta Toulouse peu de temps après.
DouziÈMS OBSERVATION. — a Le Dommé ***, âgé de 50 ans, « d'un tempérament robuste, fut, à la suite d'une sueur réper- (i cutée, atteint de douleurs très-vives dans la cuisse et la jambe «et, principalement, le long du trajet du nerf sciatique. Appelé a peu de jours après l'accident et me basant sur les antécédents « et les symptômes présents, je diagnostiquai une sciatique rhu- « matismale et songeai alors à employer le topique anti-névral- « gique ; mais comme le malade présentait un état inflamma- «toire bien caractérisé, je commençai par faire appliquer « quelques sangsues, loco dolenti.
« Deux jours après, le malade fut frictionné trois fois par «jour avec le topique; et, en même temps, il prit, matin et « soir, deux pincées des poudres anti-podagriques dans une «ta/sse de tisane de salsepareille. Huit jours de cette médica- « tion amenèrent une diaphorèse, à la suite de laquelle le malade « put se lever; il continua, pendant vingt-cinq jours, l'usage a des poudres ; et, au bout de ce temps, sa santé était revenue à « l'état normal. »
Cette observation est aussi datée de janvier 1856 ; elle nous suggère une seule remarque. Nous avons essayé le topique antinévralgique contre les douleurs rhumatismales, mais avec moins de succès ; nous préférons, dans ces cas, le Uniment bromure.
Encore deux exemples de l'efficacité du topique anti-névralgique contre l'élément douleur.
Treizième observation. — M. de C... est âgé de 3*7 ans, d'un tempérament nerveux et délicat. Pendant toute sa jeunesse et depuis une chute grave qu'il fit à Tâge de 10 ans, il a été sujet à diverses maladies ou indispositions, toujours avec un caractère nerveux. Vers le commencement de 1851, toutes ses souffrances se tournèrent du côté des yeux ; sa vue s'affaiblissait et il commençait à se manifester quelques symptômes d'épaississement des humeui*s de Tœil gauche. Mais cet état était surtout caractérisé par des douleurs atroces des deux yeux et de tous les nerfs de la cinquième paire. Ces douleurs intolérables, qui duraient depuis plusieurs semaines, avaient amené des dérangements dans toutes les fonctions, souvent des accès de fièvre, et aucun des moyens employés par les médecins n'avait apporté le moindre soulagement. Les frictions avec le topique anti-névralgique sur les tempes, derrière les oreilles et sur la nuque, dès le premier jour, amenèrent un peu de calme. On ajoute aux frictions les poudres anti-spasmodiques , le matin ; le soir, les pilules sédatives et quelques bains antispasmodiques. En peu de semaines, toutes les douleurs avaient disparu et l'état général était fort amélioré. Cependant, les apparences de glaucome commençant étaient encore évidentes. Il y avait lieu de se confier aux soins d'un habile oculiste. Mais des affaires de famille détournèrent le malade des préoccupa* tions de son état ; un an plus tard, le glaucome était conformé.
Madame la comtesse de *** est âgée de 29 ans, d'une forte constitution, mais d'une famille sujette aux névroses. A la suite d'une grossesse rendue pénible par des émotions morales, elle est demeurée sujette à une violente névralgie trifaciale. Le tic douloureux se déclare par accès assez réguliers. Son médecin a essayé le sulfate de quinine, qui n'a produit d'autre effet que de troubler les fonctions digestives. L'application du topique anti-
névralgique sur le trajet du nerf fit disparaître la douleur instantanément ; elle reparut à diverses reprises^ mais de plus en plus faible^ et chaque fois cédant à l'application du topique. Le complet rétablissement fut assuré^ au bout de quelques se-' maines^ par Tusage des poudres stomachico-céphaliques le matin^ anti-spasmodiques, le soir.
Nous nous bornerons^ comme exemple du traitement antiépileptique^ à deux observations très-courtes.
Quatorzième observation. — Éliacin Laborie^ d'une famille de cultivateurs de la Haute-Garonne^ est âgé de 6 ans ; maigreur extrême^ pouls petit, filiforme; trouble constant dans les fonctions digestives^ yeux ternes^ regard effaré. Dès Tâge de 3 ans^ il a été sujet à des attaques épileptiformes presque continuelles dans les premiers temps; depuis un an^ elles ne reparaissent que tous les deux ou trois mois, mais elles sont d'une violence extrême. L'hérédité morbifique n'a pu être constatée avec certitude.
Au mois d^avril 1852^ notre traitement anti-épileptique est commencé à faibles doses : poudre anti-spasmodique le matin et dans la journée; le soir, les pilules sédatives; bains anti-spasmodiques^ avec feuilles de laurier-cerise trois fois par semaine. Au bout de quinze jours^ il se manifesta une attaque assez faible; le traitement fut repris^ en augmentant un peu les doses^ et il s'écoula un mois^ avant qu'on pût constater aucun symptôme de narcotisme. Dès qu'ils se manifestèrent, on remplaça les bains anti-spasmodiques par des bains toniques, les pilules sédatives par nos pilules toniques, et on usa du liniment phosphore. Les attaques devinrent de plus en plus faibles, la santé se raffermit, la croissance se développa; et, au bout de deux ans, l'enfant put être considéré comme guéri. 11 jouit aujourd'hui d'une parfaite santé.
QoiNziÈiiB OBSERVATION. — M. D***, âgé de 21 ans, est attaqué, depuis plus de trois ans, d'une affection diagnostiquée épilepsie par les médecins qui l'ont soigné; elle s'est déclarée à la suite d'une jeunesse maladive, et d'une croissance trop rapide. Les crises sont d'une violence extrême et se répètent
deux ou trois fois par semaine; toutes les fonctions sont troublées, et raffaiblissement général est arrivé à ce point, que le malade ne peut plus quitter son lit. Tel est le rapport qui "nous a été fait, au mois d'avril 1854, parles parents et le médecin. Cet état avait fait exempter le malade du service militaire.
Notre traitement ànti-épileptique amena d'abord une certaine amélioration; puis lorsque Ton en vint k essayer les toniques et les nervins, il se manifesta une ou deux rechutes. Mais Ton persévéra dans l'emploi de nos préparations corroborantes et nervines; et, au bout d'un an, M. D*** complètement rétabli^ offrant, avec une grande taille, toutes les apparences d'une constitution athlétique, s'est engagé dans un régiment d'artillerie, où son service n'a jamais été interrompu pour cause de maladie.
Nous supprimons quelques observations qui seraient à peu près semblables aux deux qui précèdent^ et nous nous bornerons à noter un cas d'insuccès.
Un épileptique confirmé qui se trouvait, en 1851, à l'hôpital général de Montpellier, nous fut confié par H. le professeur Rech. C'était un jeune homme très-intelligent et qui appartenait à une famille chez laquelle on avait constaté des cas de manie. Les poudres et les bains anti-spasmodiques n'amenèrent ni soulagement ni narcotisme; les toniques semblaient produire une légère amélioration, mais nos médicaments ne furent pas administrés avec exactitude, et le traitement fut abandonné au bout de trois mois.
Seizième observation. — Le nommé L..., âgé de â5ans^ a été réformé, le 30 juillet 1850, du service militaire, ainsi que le constatent son congé et le certificat de visite et de contre-visite des savants professeurs du Val-deGrâce, pour carie du premier métacarpien de la main gauche. La plaie est profonde, livide, le suintement abondant, les douleurs assez vives pour empêcher l'usage de la main. Le malade est bien constitué et ne présente d'autres troubles fonctionnels qu'une diarrhée assez légère.
Les poudres stomachico-céphaliques furent prescrites mati n et soir dans une limonade phosphorée, la plaie fut panséo avec la décoction de feuilles de noyer.
OBSERVATIONS (XINIQUES. 463
Au bout de quinze jours de ce traitement^ la diarrhée était arrêtée^ la plaie avait repris une couleur vermeille^ mais l^écoulement sanieux restait abondant, et les douleurs qui^ de la main, remontent jusqu'à Tépaule persistent encore. Les pilules cérébriques furent administrées à la dose de deux par jour, avec la tisane de feuilles de noyer, et la plaie fut pansée avec le cérat de Galien additionné de quelques gouttes d'acide phosphorique.
Sous Fempire de ce traitement, l'amélioration marcha rapidement vers une guérison qui fut complète au bout de trois mois; et L... put se placer comme valet de ferme dans une exploitation agricole. Il n'a pas cessé de se bien porter.
Dix-SBPTiÈMB OBSERVATION. — M. C..., mécanicien, âgé de â9 ans, est atteint depuis quinze ans, d'une carie du tibia de la jambe gauche. Cette affection grave s'est manifestée à la suite d'une tumeur blanche du genou, et a débuté par l'apparition d'une plaie purulente, laissant échapper parfois des petites esquilles d'os nécrosés; on fut même obligé d'enlever un fragment assez volumineux de la crête du tibia. Un cautère, à la partie interne du mollet, ne modifia en rien l'état du malade et plusieurs foyers purulents s'ouvrirent successivement jusqu'au tiers inférieur de la jambe. Ces foyers ont paru et disparu tour à tour; le premier a constamment persisté. Le malade, envoyé une première fois aux eaux de Baréges, en rapporta un léger soulagement; l'année d'après, il y revint sans aucun succès; l'iodure de potassium et l'huile de foie de morue n'eurent pas de meilleur résultat.
Le 9 mars 1858, M. le docteur L. de Montesquiou voulut bien m'accompagner chez ce malade. — Nous fûmes frappés de l'état d'affaiblissement général : la station est presque impossible; les mouvements de la jambe sont très-douloureux ; les digestions difficiles, fréquemment accompagnées de diarrhée ; le pouls est petit, fébrile, l'amaigrissement complet. Le faciès exprime la souffrance, une pâleur mate envahit le corps.
Le malade est d'un tempérament très-lymphatique et il y a eu, dans sa famille, des affections scrofuleuses; il se plaint de gonflements fréquents des gencives qui, en effet, sont légère-
ment engorgées et décolorées. Nous constatons, à la jambe, une déformation et un gonflement considérables vers la portion supérieure et à la tête du tibia. Le foyer purulent est assez restreint, et laisse écouler avec abondance un pus sanieux et fétide.
Nous prescrivîmes la potion phosphorée édulcorée avec le sirop anti-scorbutique; la tisane de feuilles de noyer avec une pincée de poudre stomachico-céphalique, et, trois fois par jour, des lotions locales, avec décoction de feuilles de noyer.
Sous Tempire de ce traitement, Tétat général s'améliora un peu; mais les forces laissaient encore à désirer, les douleurs étaient vives, Taspect de la plaie restait le même. — Nous prescrivons alors les pilules cérébriques additionnées de I centigramme d'acide phosphorique vitrifié par pilule ; on continua le reste du traitement. Un mois plus tard, il se déclara une crise générale avec fièvre assez intense qui dura un peu plus de deux septénaires; mais quand il fut possible de reprendre le traitement, Tamélioration de tous les symptômes était bien caractérisée et s'est toujours maintenue. Bientôt, le malade a pu se servir de sa jambe pour les travaux du tour; il marche sans douleurs, et toutes les fonctions s'accomplissent régulièrement.
H. le docteur Lafont-Gouzi dont nous avons sollicité le concours, en l'absence de M. de Hontesquiou, est frappé de la constance avec laquelle la nature reprend peu à peu ses droits. Cependant, il a observé, comme nous, que l'on ne peut, sans inconvénient, permettre de trop longues périodes d'interruption du traitement. Au mois de juin 1859, le rétablissement de la santé ne s'est pas démenti, la plaie ne présente plus qu'une très-petite ouverture par laquelle s'échappe, de temps en temps, un liquide séreux. Il y à tout lieu d'espérer que la continuation du traitement consolidera la guérison.
Nous aurions désiré compléter ces exemples de l'application de nos formules corroborantes et nervines par un petit nombre d'observations sur les effets de l'or potable administré comme agent prophylactique et dans le seul but de maintenir l'équilibre général des fonctions. Hais jusqu'à ce que les idées thérapeutiques développées dans cet ouvrage aient fait des prosélytes, il nous était bien difficile de persuader à des personnes en bon état de santé, qu'il pouvait être utile de lutter contre cette ma-
(»S£RYATI0N8 CLINIQUES. M5
ladie qui consiste à vieillir tous les jours. Il nous aurait donc fallu prendre nos exemples sur nous-méme^ ou parmi nés vé* nérabies ascendants» et il nous répugnait de faire entrer le public dans le sanctuaire intime de la famille. — Nous nous bornerons donc à une seule observation : en la rapprochant des applications de Tor potable dans les cas relatés plus haut, on pourra se faire une idée de Taction de ce médicament comme alexipfaarmaqué.
Dix -uuiTiÂME OBSERVATION. — Madame de... a dépassé là quarantaine ; elle a été traitée^ pendant plusieurs années^ par M. le professeur Dieulafoy, pour une affection de matrice qui a exigé de fréquentes cautérisations et un traitement médical long et compliqué. Depuis que Torgane est à peu près rétabli^ madame de... éprouve souvent des dyspepsies et divers autres troubles fonctionnels.
En 1851 M. Dieulafoy l'engagea à essayer Tor potable pour mettre fin àce fâcheux état de santé. Au bout d'un mois^ madame de.... se trouvait tellement mieux^ qu'elle se décida à faire un usage à peu près habituel de ce médicament» qu'elle continue à prendre par reconnaissance^et nous l'avons encouragée à y persévérer.
Dix-NBUViÉME OBSERVATION. — HadameD... nous a été adressée en 1852 par H. Sarrade^ médecin à Noé, pour affection hémorrhoïdale très-grave. Elle est bien constituée^ d'un tempérament lymphatico-sanguin avec tendance aux congestions. Depuis trois ans^ elle est attaquée d'hémorrhoides^ qui^ dès le débuts Qnt. abondamment flué^ sans que le flux menstruel fût sensiblenient diminué ; peu à peu le bourrelet hémorrhoîdal s'est montré au dehors^ et il a été de plus en plus difficile d'en obtenir la réduction; enfin^ depuis quelques semaines^ le gonflement est devenu si considérable qu'il est impossible de le faire rentrer. L'irritation locale était extrême^ plusieurs points étaient ulcérés^ et les douleurs constantes acquéraient une intensité effrayante toutes les fois qu'une selle devenait indispensable; ijautile d'ajo^uter que ces douleurs avaient profondément affecté l'état général; les di^stions ne s'opéraient qu'avec des laxatife et des lavements ; rinappéjtence> du reste^ était à; pçu pi:è$ cooi^
4M OBSBRYATIONS GUNIQUSS*
piète^ et à l'insomnie habituelie^se jouaient souvent des accès
Deux habiles médecins, oonsnllés sépaiâttent, ftooent d'avis qn'nne opération était incUspenéable; la malade redoutait cette estntoiîté^ et nous voulûmes essayer notre tnHlemeBl*ant»-hé» morrhoîdal pour prévenir, s'il était possible, remploi de cette dernière ressomce.
La malade prit tous les matins 3 à 4 pincées des poudres antiliémorrfaoldales, d'abord dans- de la limonade tàrtrique, puis au bout de quelques jours, dans de la tisane de valériane : le soir, 2 à 3 de nos pilules sédatives; quatre à cinq fois par jour on ai^liquait, loco dôlentiy des pinceaux de efaarpie imbibés du baume anti-hémorrhoîdal.
Pendant les premiers jou^s, ce traitement ne produiât aucun effet appréciable sur la tumeur; les douleurs continuaient; la seule amélioration était un peu de calme et de Sommeil et plus de régularité dans Fènsemble des fonctions..^ La malade eut la constance de persévérer dans le traitement Enfin, au bout d'un moîS) la tumeur était entièrement cicatrisée, moins vo* lumineuse, et les souffrances tolérables. Nous administrâmes des pilules avec la poudre anti-hémorrhoîdale, l'extrait de valériane et la thériaquè qui furent encore continués pendant quinze jours. 'A cette époque, raméltoration'lUt as^È lâàrquée, pour essayer la réduction de- ta tumeur. Une de ces tentatives occasionna un flux hémorrho!dal aboYifdant, après lequel la réduction du bourrelet fut facile; et, depuis ce moifient^ Cette petite opération est toujours faite ji>ar la malade elle-même;
Après quelques'jours de repos, les douleùn^ étant tolérables, nous suspendîmes' les poudres et les pilules qui furent remplacées par quelque^ pincées des poudresstomachico-céphaliques; le Uniment spécifique fut continué, '
Cette modification' dans le traitemeyit fu(t suâvie 4'ane nouvelle hémoitbagie :ansde sans gravité.
Au bout de deut ïnois de traitemdnfk, ta tniàlàde se retrouvait donc danà l'état titri avait caractérisé te début de l'affection.
Nous prescrivfanes alors le traiteti^ent antirfaémortiioïdal tel quil est Indiqué^ dans notre formulaire : en y ajoutant seule- DMnl une cuillerée par jour d'eau hémostatkiue, il fut suivi
OBSBETAfTIONS CLIKI0DIS*' 46t
pendant quelques mois, et assura un complet rétablissements .
ViNGTii^MB OBSERVATION. — Le fioiftmé X..., âgé de 64 ans, nous fut adressé en 1895 ï>ar un médeéiw de la localité, pour cystites fréquentes, compliquées d'hématuries. Pendant les inter vrileede ces attaques, le mahdé souffrait de coliques et d'embarras gastriques. Un mois seulement d'usage quotidien de l'eau hémostatique fit disparattre ces accidents et son rétablissement fut acbevé par les poudres stomachico-cépbaKques' et le liniment balsamique sur le périnée et i'hypogastre. Nous citons ce cas en en supprimant les détails, dans le seul but d'attirer l'attention sur les eifeits de l'eau hémostatique.
Vingt btûnièmb obseryation. — Htiaire Dangla, âgé de 22 ans, né à Lussan (Haute-Garonne), soldat au 5""* régiment d'artille* rie, a été réformé] le 20 août 1867 pour hépatite chronique ei hypertrophie concefktrique du cmur, suivie d'a^citê et ànasarçfue: (Congé de réforme du ô»» d'arti)térîe avec certificat de visite et de contre-visite.)
Dadgla est fgrand, bien constitué ^«t d'un tempérament lympfaatico-sanguin; avaiit>la mala^ actuelle,' il avait toujours, joui d'iine bonne 6(Mité;U n'ya|>asd'héré(lilé'morbifique dans safam^lCi. M. ledocteurL. de Montesquiou qui a vu oé malade à son retouc. du corps, constata, le 15 septembre 1857, les sympt6nies suivants}: feee livider^ yeux^hagards, respiration difficile, prostifation domplète des force^^- infiltration des membres inférieurs, marché presque impossible ; tel est f état que le retour à l'air natal n'a pu améliorer, et à ces symplô^mes, sont venus s'ajouter^ depuis quelques jours, une fièvre lente avec toux, vomissements fréquents, et une grande difficulté ûe déglutition.
Ordonné : élisdr anti-bydropique, deux cuillerées par jour; tisane d'asperges édulcorée avec sirop d'asperge et de digitale, frictions avec Uniment balsamique additionné de teinture de digitale. ♦ • .
Le 25 septembre suivant, le mMade semblait éprouver quel« que soulagement ; mais il prétendit ne pouvoir supporter le sirop-qui. &it administré en ïavem^its et bien ioléré; les autres
^8 QBSERYATIOIIS GUNIQUE5.
médicaments furent continués. Le % octotoe, Tamélioration générale est tout à fait déclarée; le malade a quitté le lit, il peut faire d'assez longues courses sans fatigue. L'ascite et l'anasarque ont disparu^ il n'existe plus qu'un |)eu d'cedème aux jambes et aux pieds, mais la fièvre et la toux persistent encore. Nous prescrivons, deux fois par jour, les poudres anti-catarrhales, la tisane de racine de violettes édulcorée avec le sirop de quinquina et de Tolu ; on continue le Uniment balsamique.
Le 5 novembre, l'amélioration générale est de plus en plus marquée, la fièvre et la toux diminuent d'intensité ; nous remplaçons les poudres anti-catarrbales par les pilules résolutives. Le malade suivait ce traitement depuis deux ou trois semaines, lorsqu'il se déclara une fièvre caractérisée typhoïde par le médecin qui, pendant notre absence, surveillait son traitement. Celte maladie fut traitée par des préparations de quinquina. La convalescence laissa le malade sans autre symptôme morbide qu'une faiblesse générale et un peu d'œdèroe des extrémités inférieures. Sur le rapport qui nous fut adressé, nous nous bornâmes à prescrire pendant quelques semaines l'usage de l'élixir anti-hydropique, et le malade se rétablit complètement. L'été suivant, il avait repris les pénibles travaux des champs, et l'exploration que nous fîmes, avec le concours de H. le docteur Atoche, ne nous offrit aucun signe d'altération morbide. Dangla. présentait, au contraire, tous les caractères de la force et de la. santé.
. Nous pourrions citer encore quelques cas d'hydropisie traités avec succès, tantôt par le seul emploi de l'élixir anti-hydropique et des pilules résolutives, tantôt en associant à l'élixir des pilules cérébriques additionnées de cloportes; mais il nous semble plus intéressant de terminer ces exemples de traitements d'hydropisie par un cas d'insuccès. Il s'agit d'un jeune homme de 19 ans atteint d'une ascite consécutive à une afiection du foie. La maladie, qui durait depuis longtemps, avait résisté à un traitement par les mercuriaux, l'aloès, la digitale, etc., etc. Le ventre était distendu outre mesure, toutes les /onctions troublées, et une fièvre lente avait occasionné une telle prostration des forces que le malade pouvait à peine quitter son ht.
Nous prescrivîmes alternativement l'élixir anti-hydropique.
.OBSBEVATIONS CXilNIQUES. Ât%
les pilules résolutives et les pilules cérébriques additionnées de poudre de cloportes ; ce traitement agit sur rensemble dés fonctions^ qui se rétablirent; la lièvre disparut et le malade put se livrer à quelques travaux des champs ; mais Fascite persista.
Dans rimpatience d'arriver à une guérison^ le malade voulut essayer des bains de vapeur ; ils lui furent administrés par les soins d'un habile praticien de Toulouse, H. le docteur Cany^ qid, après avoir inutilement essayé ce moyen thérapeutique^ fut d^avis d'un traitement par Taloès^ le camphre et la digiUile.
Nous avons perdu de vue ce malade ; et il nous est revenu qu'il avait succombé au bout de quelques mois.
Si l'on eût persévéré dans notre traitement^ le résultat aurait-il été plus heureux ? Il faudrait des expériences plus générales pour oser l'affirmer.
YmGT-DEDXiÉME OBSERVATION. — Au moîs de mai 4848^ on nous adressa le sieur Laveran, cultivateur^ ftgé de 64 ans^ atteint^ depuis plus de dix ans^ d'un asthme suffocant^ qui avait résisté à tous les traitements. Ces crises de suffocation se renou' veilent toutes les nuits; il lui est devenu impossible de coucher dans un lit. Pendant la journée^ il est fatigué par une toux sèche et incessante ; la maigreur est extrême, le teint plombé ; la digestion s'opère imparfaitement ; le pouls est petit et fébrile ; les signes stéthoscopiques indiquent un état grave des poumons.
Le traitement employé a consisté uniquement dans la médication suivante : poudre anti-spasmodique le matin, anti-catarrhale le soir, tisane d'hysope. Uniment balsamique soir et matin. L'amélioration fut lente, mais progressive ; les fonctions digestives furent les premières à se rétablir ; peu à peu les nuits furent plus calmes, le décubitus devint possible et les forces se rétablirent. Hais la toux et la dyspepsie ne cédèrent totalement qu'après avoir persévéré pendant plus de deux ans dans ce traitement.
Au moment où nous écrivons ces lignes, le sieur Laveran continue à jouir d'une santé satisfaisante pour un homme de son 48^*
'470 OBSBRTATIONS CLIffIQraS,
ViNGT-TBOisiÈifB OMBRYATION. — Le sieuf Â....^ ftgé de 45 ans^ chantre à la cathédrale de Toulouse^ est doué d'une voix de basse remarquable. Il est'd^n tempérament ^n^în^ et sa constitution paratt assez bonne» Depuis dix aiis^ il est atteint de suffocations qui ont Uni par' dégénérer en âstbme bien caractérisé; depuis quinze mols^ il est obligé ée ^ùtmit dans un fauteuil. Chaque fois quH essaye déchanter^ fl éprouve immédiatement après, une crise de suffocation et de toux ; ces crisijsse représentent aussiaprès une digestion pénible; il^ ne peut plus supporter un repas régulier >; dans rintervaHe des crises, la toux est fréquente; il n'a pas de* branchorrtiée habituelle, mais il est sujet à desbronchiles q«i aggravent son état. — Nous prescrivons le i*' février 1854, les poudres anti-catarrhales le matin; le soir, les pilules sédatives, la tisane d'hysope et le Uniment balsamique soir et matin.
Le 8 mai suivant, Tétat gépéral est améli<;Hré, le malade a repris ses habitudes; mais il a éprouvé, peu de jours auparavant, une forte crise de suffocatipaet.de toMx; il prétend que les poudres du matin lui oçcasîQnnentdesnauséea: eilee, sont remplacées par un opi^t. ds^s lequel nousassocions aux poudrer, le sirop de cachou, un peu de vanille et quelques cenitigrammes d'extrait 4e datura, avec une fortç dose de miel; on continue le reste du traitement. -^ Le 2 mars 1855, la guérison est complète. A... recommence à chanter au lutrin et, depuis cette époque, sa bonne santé ne s'est pas démentie.
YiNGT-QUATBiÈiiiB OESBavATiQN. — Le .sieuT Chauffepicd, porteur.de contraintes, âgé. fie 46 a^s, nou^.çst recommandé par H. le docleuc Lécussan; il a suivi,^ saqs fiucun succès, plusieurs traitements contre un asthme à forme grave.. Au mois de mai 1853, nous, constatons une dyspnée constante, des quintes de toux fréquentes et opiniâtres, des expectorations jaunâti^, quelquefois rouillées. L'examen stétbosco{)ique.Gévèle un ^qnphysème confirmé. Le malade a été obligé d'interrompre l'exercice de son emploi et il craint de ne pouyoii; le continuer : nous prescrivons, soir et malin, les pilules antir^^hiua^iques ; dans la journée, l'usage fréquent de nos tablettes pectorales. La tisane d'hysope édulcorée avec le sirop de bourgeons de sapin et de
OBOOEtYilTIOItS OJNIQUBS. 471
Tolu; enfin âoir et matin^ liniinent balsamique reoforeé de iein-' tare de datura stramonium. Un mois plus tard^ cet bomme vuil nous trouver tellement soulagé^ quil nous suffit de continuer k^ traitement>4veelc|$ poudres antHcatarchales le matin ;<ailtHspa8*< modiques l&soir^ sans i interrompre Tusage du Ummenti . i
Pendant tout le couis de ce traltemeitt, Iq malade nfa •ressenti que deux crises de suffocation qui ont eu lieu pendant lanuit^ au bout de troi&mois il avait reprb ses occuputions»». et une: période totale de :six mjDis suffit pour faire disparattre toualea symptômes ni0Ti9Mes<i .Nous^^ rengageâmes à user de temps e|i temps de la tisane d'hysope; et il n'a pas éprouvé de rectale^
Noua pourrions citer .encore quelques, observations, sur le traitement de Tasthme; mais elles se ressembleraient toutes* Passons donc à un ordre d'afifections plus graves encore.
ViNGT-aNQUiÈME OBSERVATION. — Le sieur X dit Cadet^
portier de l'hôtel du Midi, à Toulouse, ftgédedi ans, atteint de phthisie tuberculeuse au deuxième degré, nous fut recommandé au mois de février 1849, par M. le docteur Vignes. Cet éminent praticien a suivi avec intérêt toutes les phases du >traite<* mei^t que nous allons résumer, et il veut bien nous autoriser it nous servir de ses notw. - •
Le malade, d'une constitution feible, d'un lempévament lymphatique, a éprouvé, depuis plus d'un an, les premières atteintes de sa cruelle maladie. La prostration des forces est oomplètéj les sueurs abondantes, la fièvre hectique assez întehçe'; l^touiD continuelle empéehe le sommeil ; la diarrhée* s'est déelarée déjà depuis quelques mois, ainsi qu'une fistule àil^'arius. La fonte tuberculeuse i» occasionné des cavernes dans^les deux poumons.
Nous prescrivîmes d'abord les poudres anti-eatarrhahes, à la dose de 5 à 6 pincées par jour, dans une infusion dé lierre^er^ restre édulcorée avère le sirop de bourgeons de sapin ; -le soir 3 à 3 pilules anti^catarrhales ; soir et matin, le Itniment balsamique ; pour nourriture^ le lait, coupé avec>du bouillon et du pain de gluten.- • •• .. m .■....■ . .■ .mi.
Au bout de huit jours, la toux était un peu ôalmée et les forces^ tendaient à' revenir^ Nous remplaçâmes, pendant ia journée , la poudre anti-catarrhale par celle que nous avons
471 OBSnVATlORS GLI1IIQ08S»
nomknèeiuiti-phthisiqùe, et Tusage des viande» toniques fut per* mis au malade ainsi que le vin. Il fiUlut quinze jours seulement de c^te médication pour présenter une amâtoration bien caractérisée de tous les symptômes. Ce fut alors que la potion phos* phorée fut essayée et parfaitement tolérée ; nous y ajoutâmes Tusage du Uniment phosphore. Sous l'influence de cette médication, la santé revint avec les forces ; la fistule, qui avait résisté plus longtemps que les autres symptômes, se cicatrisa nalureliement au bout d'environ trois mois. Il ne restait plus qu'une toux légère, sans expectoration. Cette dernière trace du mal céda à l'usage de la poudre corroborante avec la tisane de lichen et de lierre terrestre. Au bout de six mois, M. le docteur Vignes put constater la guérison complète, dont cet excellent ami m'a souvent félicité. Dix ans se sont écoulés, et le nommé Cadet n'a pas cessé de jouir d'une bonne santé.
YmoT-sixiÈMB OBSBRYATION. — Le sieur Masse (Jean), coiffeur, est atteint d'une hémoptysie grave. Nous trouvons, le 28 janvier iS55, le malade presque entièrement épuisé par l'abondance de l'hémorrhagie. Il a rempU une cuvette de sang et, d'après ce qui nous est rapporté, le même phénomène morbide se repro* duit chaque jour depuis plus d'une semaine. Cet état avait ré* sisté aux soins éclairés de plusieurs médecins.
Avant tout, il fiedlait arrêter l'hémoptysie. Nous ordonnâmes donc l'eau hémostatique par cuillerées toutes les quatre heures ; quelques pincées de poudres anti-catarrhales dans la tisane de consoude, et le Uniment balsamique. Au troisième jour de ce traitement, le malade se sent p^us fort, l'hémorrhagie semble avoir augmenté et il a prouvé la sensation d'un. poids qui descendrait de la poitrine au bas-ventre ; le lendemain, la même sensation du bas-ventre vers les membres inférieurs. Dès ce moment, l'hémoirhi^ie diminue et tous les symptômes s'améliorent.
U était temps d'attaquer la maladie dans son essence; et avant de commencer le traitement, nous d^irions recourir aux lumières de H. le professeur Dieulafoy. Ce savant, aussi charitable qu'il est zélé pour les progrès de la science , voulut bien eïaminer le malade, et nous copions les notes qu'il recueillit ^»ès l'avoir exploré :
OBSBRYATIONS CtlNIQUBS. 473
M Au mois de février 1855, M. de Lapasse m'envoya le noma roé Masse pour constater son état de maladie. Il est âgé de a 3t ans, teint brun^ peau mate, les yeux. caves. Il me raconta « qu'il avait été atteint, il y a déjà trois ans» d'une hémoptysie « grave. Je ne puis évaluer la quantité de sang rendu. Cette hé^ a moptysie s'était renouvelée plusieurs fois ; et, depuis longa temps, le malade se plaignait d'une toux fréquente, accom- «pagnée de crachats épais, mêlés de sang et de matières « brunes ; insomnie, amaigrissement considérable, perte de l'ap- «petit, oppression assez grande; sous la clavicule gauche, «respiration trachéale, pectoriloquie parfaite, matité dans un a espace de 12 centimètres, en avant et en arrière à la même « hauteur ; gargouillement en avant ; à droite , la respiration « semblait être naturelle ; pouls faible, accéléré; douleurs de « poitrine, augmentant par la pression dans les espaces interacostaux>i Je déclarai Masse phthisique, et le renvoyai à M. de « Lapasse. »
L'indication thérapeutique était double : achever d'arrêter l'hémorrhagie, rétablir graduellement les forces en agissant sur lés fonctions du poumon.
Les vapeurs balsamiques, suivant notre procédé, furent dégagées dans la chambre du malade. Il prit quatre fois par jour une potion d'eau hémostatique édulcorée de sirop de bourgeons de sapin et de consoude ; quelques-unes de nos tablettes pectorales et les frictions avec le Uniment balsamique furent prescrites sur toute la cage thoracique.
Le 24 février, l'amélioration de tous les symptômes est bien caractérisée ; mais il y a encore du sang dans les expectorations du matin. Le traitement est continué ; seulement, dans la potion, le sirop de bourgeons de sapin est remplacé par celui de phellandrium.
1*' mars. — Toute apparence de sang a disparu des expecto* rations. La même médication est continuée en y ajoutant les poudres anti-catarrhales.
14 mars. — A la suite d'un écart de régime et d'un refroidissement, il y a eu une légère hémoptysie. Elle est arrêtée, en augmentant les doses d'eau hémostatique pendant quelques jours.
474 OBSBRYATIOm GumcfOBs^*
14 mai.— L'étal généra continue bon, toutes les fonotioiis sont régulières, le matin seulwnent quelques crachats sangui-' nolents, tiès-peu de toux^. Nous essayons' de» remplacer notre traitement par l'huile de foie dé momii el la tisane de feuilles de noyer coupée avec-dli laît. '
25 mai. — L'huile de foie dé niorue a nttl réusèl. La toux re* paraît ainsi que leà désordres intestinaux. Nous presèriii^s lé matin les pilules toniques, avec le succino-phôsphated'or etdeî fer; dans la journée, les poudres anti-phthisiqaes ; le soir, les pilules anti-catarrhales ; Uniment bateattiique soir et mâtin. '
15 juin. — Cette médication a pleitiement répéndu à nos espérances. Prescrit : les poudres anti-phthîsîîqoes le matitt, anti^ catarrhales le soir, pour tout traitement.
Dans les premiers jours d'août> il n'è^fetcAt plus aucun symptôme extérieur de phthisie. Masse fut appelé en Espagne pour uit voyage fatigant qu'il supporta parfaitement. A son retour et pendant trois mois, nous lui conseillâmes l'usage qjuotî^n de 2 pincées des poudres anti-catarrhales; et au mois de jinvier, il se présenta à M. le professeur Dieulafoy pour conélaler saguérison.
Nousachevonsdetranscrire les notes de cet éminent professeur :
«Au mois de janvier 4856, j'ai revu ledit Masse; il avait de « l'embonpoint, sa peau n'était plus bistrée; il m'a ditquH « ne crachait plus, que l'hémoptysie était arrêtée et que son ajl- « petit était bon. Très-étonné d'un pareil résultat, je voulus « m'assurer par l'auscultation de la réalité de celle guérison; « Souâla clavicule gauche, il y avait encore un peu de matité, a mais plus de pectoriloquie ; la santé eèt rétablie; et depttii « cette époque. Masse n'a pasf cessé de se bien porter. » '
L'observatiôb qui va suivi^,recueillic à Montpéftier en 1«50' et 1851, présente un insuccès, puisque le malade a malheureuses ment succombé, malgré tous nos efforts ; mais ëllenoos senfl)le offrir un certain intérêt pathologique. • i (•« i
ViHGT^SEPTtÂM» oBSBRVATUKi; -^ M. L.,. avocaf, ftgé de 43f4ns, marié depuis-quàtte aoisel pèié de'<dèuatenfiBnls/ é'une famîUe phthisique, est atteint^ dépuis dix*huit cnois^ dlune phtiûsleAnbonculeuse arrivée au dernier période. ll<i été inutilement aux Eanoo-
Bonnes ; il a suivie sans plus de succès^ divers traitements ; et, en dernier lieu^ il a été soigné par H. le docteur Bertrand^ professeur agrégé, qui a cessé de rien prescrire, regardant le malade comme perdu. L'état était en eflfet desphis alarmante ; le fiafcies hippocratique, la voix caverneuse, IrpaMjd sOQvelit impèësible, la toux constante ; matité complète dans tout le poumon gauche et à la base du poumon droit ; rMe sous-*<9répKant, gargouillement, pectoriloqoie; te désordite putaionairel était complet; la diarrhée constante depuis tongtèmps ;' une Bstalé douloureuse ouverte à l'anus; les exitrémités inférieures œdématiées; là prostration des forces est totale, la* flèvte ardente et continue.
Tel était le triste ens€imble des symptdsdues constatés avec H. le docteur Ducel, qui avait bien voulu m'àccorder son concours éclairé pour suivre ce traitement, dont voici le résumé succinct Dans les premières semaines, no«3 prescrivhne^ seulement les poudres et les plhdes atiti»catârrliales avec le liniment balsamique. Cette médication fut bien tolérée ê^ il s'était déclaré une améliors^on sèitisfoisantedans l'élàl général J mais TappétU ne revenait pas et' les potidrss ' ami-catarrhalés provèquaiehl quelques nausées.^' j i * .
Nous eûmes alors recours à la potion phosphorée le matin ; dans la journée, les poudres anti'-phtbi^ques âvec la tisane de lichen et lierre terrestre ; et, le soir, nos pilules corroborantes additionnées d'un peu de )usqu)ame et de bëltadohe. '
Dès ce nKxnent, tout sembla marcher vers une guérlson ; les digestions revenaient à l'état normal, et la flstule était cicatrisée. H. Ducel fut heureux de constater que : « Le poumon, sans cr avoir repris ses fonctions normales dans toute leur intégrité, <(. était cependant revenu tel qu'il; n'hésîtei*àît pas i garantii» la '« possibitiM 'd'une gUérison complète seulement avec l'aide des « moyens ordinaires. » Cependant H fat d'dvîs, avec nous, de continuer le traitement i^Ui avait ii bien réussi. '
Le malade' côimmen^ait à i^éprenfdre ses habitudes, quand au m<HS<l^afvril> il éprouva* un grave adcidènt. Il conduisait lui-même ses deux enfants dans une vokurel Le^heval s'emporte, se dirige vers un précipice effrayant, et ce fut à une sorte de ntiracle qu'ils durent de ne pas* y être précipités. On ramena à Montpellier' M. L., dans un état d'agitation diflBcile à décrire.
476 OBSERVATIONS GLiNIQUBS.
Dès cet instant^ tous les sy mptAmes de la phthisie reprirent avec une redoutable intensité ; une hémoptysie eut lieu le lendemain ; elle fut arrêtée par Teau hémostatique^ mais la persistance des autres symptômes annonçait une fin prochaine^ qui eut en effet lieu au bout de quelques semaines.
Vingt-huitième observahon. -- H. P., sous-ofBcier dans un régiment de cavalerie, âgé de 24 ans et issu d'une foonlle où la phthisie est héréditaire^a été réformé le 30 décembre 1849, ponr cause de phthisie tuberculeuse^ ainsi qu'il est constaté par le certificat de visite des médecins militaires de son corps: celui de contre-visite est signé par H. Michel Lévy et les autres savants professeurs du Val-de- Grâce.
Il est donc revenu au sein de sa famille ; mais Tair nataU dont on avait espéré un soulagement^ ne put arrêter lesprogrte de sa maladie : il fut obligé de s'aliter. Il nous fut impossible de vi^ter ce malade ; sa famille et le médecin qui le soignait nous renseignaient sur son état. Nous conseillâmes^ dans la Journée^ les poudres anti-phthisiques, dans une infusion de lierre terrestre ; le soir^ les pilules anti-catarrhales^ et le Uniment balsamique soir et matin.
Après un mois de ce traitement, le malade se sentait tellement mieux^ qu'il commit Pimprudence d'aller à la chasse ; une rechute se déclara presque immédiatement^ et Ton vint encore réclamer nos conseils. Nous recommandâmes de reprendre le même traitement^ en y ajoutant la potion phosphorée, et le Uniment balsamique fut remplacé par un Uniment phosphore.
Le rétablissement fut assez prompt ; on prévint une nouvelle rechute par l'usage de nos pilules toniques d'or et de fer, qui furent continuées pendant plusieurs semaines. Après quç la toux eut totalement disparu, il restait un peu de difficulté dans les digestions; elle fut combattue par les pilules cérébriqnes.
^ix mois après le commencement de notre traitement, H. F..., parfaitement rétabli, partait pour contracter un nouvel engagement dans son ancien régiment^ dont il est aiyourd'hui un des officiers les plus distingués.
L'observation suivante a été recueiUie par M. le docteur Salamon^ qui a bien voulu prendre connaissance de notre forma-
kire et en essayer Tapplication. Nous copions textuellement le résumé que nous devons à son obligeance^ et nous garderons dy rien changer.
ViNGT-NEUViÈVB OBSERVATION. — a La nomméc X..., blana cbisseuse, âgée de ^ ans, nifariée et mère d'un enfant de a 6 ans^ vint réclamer nos soins au mois de novembre 1858. a Voici le résultat de mon interrogatoire et de mon examen : a au dire de cette femme /elle avait considérablement dépéri a depuis deux ans, époque à laquelle elle avait^ disait-elle^ pris « un rhume de poitrine qu'elle avait négligé^ et qui^ depuis un « an^ lui faisait cracher le sang très-souvent. Elle se plaignit de a sueur§ nocturnes abondantes^ qui^ comme le prétendu rhume^ « ne ravalent plus quittée. Depuis quelque temps^ la toux était a devenue très-fréquente^ surtout la nuit^ ce qui la privait de a sommeil ; ses crachats étaient abondants , légèrement purua lents^ parfois sanglants. Elle ajoutait que depuis qu'elle avait « nourri son enfant, qui tétait encore à l'âge de 30 mois^ elle a sentait des douleurs en plusieurs points de la poitrine, et a surtout de la région postérieure. Depuis huit mois seulement^ a elle avait peu d'appétit, et parfois de la diarrhée. Ses parents a sont vivants et bien portants.
a Examen. ^- Face blafarde et bouffie, extrémités inférieures a légèrement œdématiées au niveau des malléoles ; corps trèsfi amaigri. — Percussion. — Matité au sommet des deux poua mons, plus prononcée à droite qu'à gauche. — Auscultation. « — Craquements humides avec râle sous-crépitant au niveau « des fosses sous-épineuses et sous-claviculaires surtout; bron- « chophonie et respiration légèrement caverneuse avec gar- 0 gouillement à droite.
a Diagnostic— Phthisie pulmonaire à la seconde période.
a Traitement. — Pauvre de ressources contre cette terrible « affection, et ayant entendu vanter beaucoup un traitementc institué par M. le vicomte de Lapasse, qui m'avait déjà lui- « même montré des cas de guérison, en m'indiquant son trai* « tement, je me décidai à en faire usage chez cette malade .Je ff lui prescrivis donc l'eau phosphorée et l'eau hémostatique ff contre l'hémoptysie, qui, au reste, n'était pas très-abondante;
478 OBSERVATIOlfS CUNIQDl».
en sQeoa4 lieu, les poudves antinoatairhalâB^el enfin le Uniment balsamique, employé. «q firiietions sur la fégkm thorncique ; une nourriture succulente. Je revis la malade un mois après : l'hémoptysie avait complètement cessé; Tétat général et Tétat local étaient k peu près Jes mémes^ jsauf un peu de calme dans la toux. Hôine traitement; avec addition' de 40 i centigrammes d'hypopbeq^tade soude par jour. Deux mois après, légère amétioration dafisl'éfat général » crachats moins abondants, non sanglants-,, pas d'amélioration locale notable, si ce n'est une légtèi^ i&minution dans retendue du rftle saus-crépitapt. Vtoie traitement, Avec laf?ements ami* donnés, additionnés de d9^uttes dd landaavm déSydenbam contre la diarrhée, qui, quoique moins, fréquente, se montrait eficpre^ quelquefois. Au bout de trois nma, ^unélioration no* table : les râles et lee craquements ont «disparu à gauche et , ont fait place k uneref^piration un peu sttdhB «t un peu obs&ure. A droite, absence de rftles cavetneuiy maiâ respiration fiulle, craquemente faomide& État généra* légèrement amé* lipré ; presque plus de dianiiée. Méaie< traiteiiient. -— Au 25 septembre, grande amélioration: plus de toux la nuit, plus 4^ sueum;. tr^snrares crachat) muqueux. Respiration bonne à gauche, encore un peu rude et .un peu obscure à droite, mais pas de râles, si ce/ n'est quelques r&Ies sibilants. État général bon, mai^ laissant cependant à désirer* La malade, qui se dit entièrement guérie,.est.QttCore>chloro^anémique: elle a des 0ueurs blanches ti^srabondantes, avec «de» palpitations de cœur. Elle a cessé le traitement pnemier pour prendre un médiçament.reconràtuant, recommandé aussi par M. le vi- .çomte/de,LjEipasae; c'^t l'iodure.d'or et de fer donnée.' en pilules.
« ^e n'oserais assurer avoir obtenu. Une; guérison complète, sm^hantjHep qu'après une amélioration qu'on^urrait presque appeler guérison, il arrive parfois que tout à^coup la phthisie reparait avec une intensité et une marehe ttès«4rapide , qui ;emporteot (es malades. Le temps seul en désidera. Quoi qu'il len soit, cependant, l'amélioralion est trôa^mle, «t un pareil résultat est presque un succès. D
OBSERVATIONS CUmQUBS. 479
TkehtiAmk OBSEavATiOK.~tf« D^..> ftgé-de 29 ans, proprié» iaite^^ d'un tenapéraaient lymphatico-nerteux^ est attaqué de» pais cmq aas d'une affeciioti de la rate, consécutive d'une fièvre intermittente Irès^^prolongée.
Vers la fin de 1851, la rate avait pris un développement considévaMe, appréciable au toucher et même à k vue ; elle était dure;rrésislantev doulouoreuse à la pression. Toutes les fonctions se ressentaient de cet état morbide, qui était accompagné parfois dé douleors Ivès-vives. Plu^urs traitements avaient été inu» tîtement essayés^ yusage quotidien de 'nos pilules résolutives combiné ^eo un' emplâtre de thériaque et de ciguë, fit dispa«raltre au boutade quelques môisles douleurs et l'hypertrophie de l'orgaiie; Lia guérison complète se réalisa après un délai de quelques mois, pendant lesquels M. D... alternait l'usage des pilules résolutive^ avec l'br potable administré ante cibum. De* pais lors, lamaladie' a quelquefois 'mienacé de reparaître; mais die a toujours' tédé à l'usage des pilules.
Tabn^b-uniâmS; OBSBRYÀTiON. — Jean Lajmix^ cultivateur, nous a été recommandé par M. Botizin père, médecin à Mont* pezat, corlime atteint d'une affection de la rate et du foie. Il est âgé de 17 ans, d'un tempérament bilieux-sanguin, et souffre de douleurs assez vives et constantes dans les régions de la rate et du foie. Cette affection dure depuis pluis d'un an et présente une 4)uméfactiôn de la rate appréciable au toucher. Il a suivi un traitement par lés amers et la ciguë, qui a amélioré l'état du foie sans avpir eu d'action sur la rate. Nous essayâmes d'abord les poudres! stomachioo-eéphaliqnes, comtjinées avec Tiodure d'or el de fer. Ce traîleitieift éalma les dôuleilurs, mais la tumeur ne diminuait pas.^Nous passâmes alors, aux pilules résolutives^ et Faméliovation (ut sensible; Il fallut huit mots de cette médica» tion pour faire disparaître tous les symptômes morbides. Il y eut une interruption de quelques sen^ainesi dans le traitement^ qui fut suivi d'une rechute, et, dès ce moment, le malade fut exact à suivre les prescriptions^ La croissànde s'acheva> la santé se rétablit, et depuis 1S^> elle n'a pas été tpoublée. .
Il nous resterait encore bien des observations d'affections diverses ; mab nous voulons éviter de trop grossir ce volume, et
480 OBSBRYATIOIIS GUlfIQITIS.
«ussi de fatiguer nos lecteurs. Nous nous bornerons donc à un petit nombre de cas de goutte^ regrettant de ne pouvoir publier des observations bien complètes. La nature de cette maladie exige des traitements suivis pendant de longues années.
TBKNTE-DEUXiftMB OBSERVATION. — L'auteur de ce livre est obligé de se mettre en scène, il est d'une fiimUle où la goutte passe de père en fils depuis des siècles. Il en a éprouvé les premières atteintes, sous forme de rhumatisme, avant Tâge de 90 ans; dix ans plus tard, la goutte était bien caractérisée et passait alternativement du coude et du poignet aux genoux et aux orteils. Il fut soumis à ce martyre jusques en 1843 et pendant les cinq années de la maladie, les attaques devenaient de plus en plus douloureuses et rapprochées. L'avant-demièrecrise Tavait trouvé en] 1841, aux Néothermes, où M. le docteur Briau, le savant et aimable inspecteur des eaux de Cauterétsfut témoin compatissant de la violence de Tattaque. Les eaux de Vichy furent essayées par le conseil de M. le docteur Petit ; mais elles amenèrent une fâcheuse aggravation. Les articuhitions du poignet et du pied demeurèrent roides et douloureuses, la marche difficile, et Tirritation podagrique avait envahi la région lombaire'; les intestins, les reins et la vessie étaient troublés dans leurs fonctions.
Ces souffrances, passées à Tétat chronique» furent le motif des premières études de Tauteur pour arriver à découvrir un spécifique contre lagoutte : en 1843, le première ssaieutlieu. Après quelques semaines d'usage des poudres, le sentiment de bienêtre et de retour à la santé était tellement caractérisé, quil autorisait Tespérance. Cependant, il fallait s'assurer de la spécificité du médicament. Et à cet effet, il fut interrompu et remplacé par le régime le plus irritant et le plus contraire à la goutte. Peu de jours de cette manière de vivre suffirent pour faire reparaître tous les symptômes de la maladie ; et alors le traitement régulier fut repris avec un régime sagement tonique, et ramena la santé.
11 fallut cinq ans de l'usage quotidien des poudres, du baume, et souvent de quelques autres préparations oc«roborantes du formulaire, pour faire disparaître totalement les légers symptômes qui indiquaient l'existence de la diathèse podagrique à
rétat dincubation. Depuis lors^ Tauteur de ce livre a eu quelquefois sa part des infirmités humaines^ mais n'a ressenti aucune douleur goutteuse, et il est encore aujourd'hui assez ingambe, pour soutenir des promenades alpestres de plusieurs lieues.
Trente-troisième observation. — M. le vicomte de C... âgé de 45 ans, était atteint d'une goutte héréditaire dont les premiers accès remontaient à dix ou douze ans, quand il se décida au printemps de 1853 à suivre notre traitement. Le malade est d'un tempérament sanguin; sa jeunesse a été orageuse, et, dès le début de sa maladie, il a été forcé, par l'intensité et la fréquence des attaques, de se soumettre à un régime d'anachorète. Dans Tintervaile des crises qui se répètent trois à quatre fois par an, les produitstophacés qui encroûtaient les articulations et l'engorgement des ligaments voisins, avaient rendu la marche excessivement difficile. Plusieurs fois déjà il y avait eu des menaces d'irritation des viscères abdominaux.
Nous lui prescrivîmes deux pincées par jour de nos poudres anti-podagriques ; mais, par une erreur de pharmacien, au lieu de lui envoyer ce médicament, on lui remit des poudres de la formule de Sydenham. Il les prit pendant environ six mois, et il éprouva une amélioration, dont il s'empressa de nous remercier. Mais il se déclara une attaque plus violente que les précédentes, et qui dura plusieurs semaines. Ce fait, en opposition flagrante avec nos observations antérieures, excita notre surprise : on alla aux informations, et le remplacement des poudres fut bien établi.
Ce ne fut donc que vers la fin de 1853, que M. de C... commença notre traitement avec les poudres anti-podagriques et l'infusion de conyza à l'intérieur ; le baume anti-rhumatismal sur les articulations.
Cette fois, l'amélioration fut prompte et beaucoup plus complète; six mois n'étaient pas écoulés, que H. de C... venait nous voir. Toutes ses fonctions s'accomplissaient régulièrement; il jouissait modérément des plaisirs de la bonne chère, et il pouvait faire, sans fatigue, des marches de plusieurs kilomètres. Les articulations du pied et du genou ne fonctionnent pas complé-
482 OBSERVATIOPTS CLINIQUES.
tement^ mais cette raideur ne lui fait éprouver ni douleur m fatigue.
Il s'était écoulé près de cinq ans sans aucune attaque^ lorsqu'au mois d'août 1858^ H. de C... fut obligé de garder la chambre pendant quelques jours ; cette crise, qui fut très-légère^ ne s'est pas reproduite; mais depuis 1853^ notre traitement a été exactement suivi.
Trente-quatriève observation, h. le comte de R âgé de
42 ans, d'un tempérament lymphatico-nerveux, d'une constitution délicate, est atteint, depuiscinq ans, d'une goutte héréditaire. Au moment où il essaya notre traitement au mois d'avril i857, il éprouvait les prodromes d'une attaque imminente. Les premières doses de nos poudres anti-podagriques semblaient d'abord avoir rétabli toutes les fonctions ; mais au bout d'environ dix jours, l'attaque se manifesta avec violence. Les diverse&articulations des avant-bras et des jambes furent successivement le siège de l'irritation podagrique; la fièvre se manifesta avec une certaine intensité, et quelques accidents nerveux survinrent. Ces divers symptômes furent, tour à tour, combattus ; les douleurs, par l'application du Uniment bromure, la fièvre et les spasmes par des pilules dont la base était toujours la poudre anti-podagrique, mais qui étaient additionnées tantôt de masse pilulaire de cynoglosse, tantôt de thériaque. L'attaque ne dura que 15 à 18 jours; cependant la convalescence fut longue et compliquée de troubles spasmodiques; nous prescrivîmes l'usage quotidien des poudres anti-podagriques et anti-spasmodiques mélangées par égales parties. Il fallut encore quelques semaines de cette médication complexe pour ramener toutes les apparences de la santé.
Depuis cette époque, M. de R... fait un usage habituel des poudres anti-podagriques, et a éprouvé une ou deux menaces d'attaques; mais il n'a pas cessé un seul jour de vaquer à ses affaires.
Nous pourrions encore grossir ce volume d'autres extraits empruntés aux nombreuses notes qui, depuis bien des années, encombrent nos tiroirs; mais ces observations deviendraient
OBSERYATIONS tXlNlQUES. 483
monotones par les répétitions; et nous craindrions, en les multipliant outre mesure^ d'abuser de la patience de nos lecteurs^ sans avoir enrichi la science d'aucun fait nouveau et réellement utile. Ceux que nous venons de soumettre à l'appréciation des juges compétents^ suffisent, si ce n'est pour démontrer d'une manière absolue Tefficacité de nosformules, au moins, pour établir un commencement de preuve de leur spécificité^ et par conséquent, de la possibilité de guérir presque toutes les maladies réputées incurables. Nous n'avions pas d'autre ambition et nous n'irons pas plus loin.
Hais^ en prenant congé de nos lecteurs, nous regrettons sincèrement de ne pouvoir terminer notre œuvre par une pieuse invocation qui l'eût clôturé, s'il eût été écrit, il y a seulement deux ou trois siècles.
Un adepte ne manquait jamais, en achevant ses travaux, de les recommander à la protection de l'Esprit-Saint, de l'auguste Mère du Sauveur, à l'intervention des anges et des saints protecteurs; et il rendait grâces à Dieu qui lui avait permis de les mener à bonne fin. Hais aujourd'hui, ces formes obsolètes soulèveraient des risées ; nous resterons donc daps les habitudes de notre époque, en nous bornant à solliciter l'indulgente bienveillance de la critique.