CABOTEURS CHINOIS ÉCHOUÉS PRÈS DE MACAO
Le gouvernail de ces bateaux, le plus grossier qu'on puisse y o\r' (pi. 5g), n'est qu'une grande planche sortant entre deux montants séparés, du milieu de l'arrière qui est rentrant et dont les deux côtés, formant un angle obtus, soûl bordés obliquement sans que rien les réunisse. L'eau qui entre librement est maintenue dans une chambre intérieure, goudronnée et bien calfatée, qui occupe quelquefois près du cinquième de la longueur du navire; elle est aussi très-large pour que le gouvernail soit porté à droite et à gauche, comme un aviron, mouvement qui lui est nécessaire puisqu'il ne peut prendre d'angle dans la coulisse où il se trouve. Une pareille disposition charge le navire d'une masse d'eau considérable, très-irrégulière à la mer, et cet inconvénient est encore plus grand pour des Jonques de quelquefois s5 mètres de long sur 6 mètres de large, dont le gouvernail est formé de plusieurs planches réunies par des traverses; la barre n'est que la suite de sa partie supérieure, prolongée à 7 ou 8 mètres de l'arrière, où elle sort du pont qui est coupé en travers d'un côté du navire à l'autre, pour qu'elle puisse avoir le mouvement nécessaire. Uu pareil gouvernail doit produire peu d'effet, puisqu'on ne peut lui donner assez d'obliquité; il est exposé à des chocs très-violents, et, quand le bateau recule, l'effort latéral qu'il exerce sur la fente doit être énorme; aussi conçoit-on difficilement que cet arrière, séparé verticalement, et ce pont, tranché horizontalement, aient assez de solidité pour résister. Les grands bateaux de ce genre ont au-dessus de la fente un tableau plat, très-élevé, couvert de peintures grotesques, et le bas de leur arrière, un peu rentrant, laisse un creux au milieu.
Leurs formes sont très-plates et toutes les sections de la carène sont à peu près des demi-cercles ; le maximum de largeur est environ au cinquième à partir de l'arrière. Les bordages vont régulièrement d'un bout à l'autre, en se rétrécissant vers l'avant, qui est plat, assez large, presque vertical et souvent immergé à sa partie inférieure; quelquefois ils sont un peu arrondis et s'appliquent extérieurement à l'avant et à l'arrière, et ceux de la partie supérieure, placés obliquement, sont soutenus par des lattes verticales. La quille, clouée par-dessus le bordage et percée de trous, suit la courbure du fond, mais ne s'éiend pas jusqu'aux extrémités. La carène est peinte en blanc, les préceintes, très- nombreuses, le sont en noir, ainsi que les hauts, à l'exception des lattes qui sont rouges, et des extrémités qui sont quelquefois vertes; on y retrouve l'œil indispensable à tout grand navire chinois, dessiné sur les flasques de l'avant, dont la couleur indique, dit-on, la province à laquelle appartient le caboteur.
Les plus petits (/>/. 5g) n'ayant point de tableau, la fente de l'arrière qui va jusqu'en liant laisse les côté.', sans liaison. La mâture et la voilure sont semblables à celles que nous avons déjà décrites ; le mât de l'arrière est toujours placé à bâbord; mais les bateaux de moyenne grandeur n'en ont que deux ou même qu'un. On voit représenté, sur le second plan de la même plancbe , un autre bateau avec un gouvernail plus semblable au nôtre, dont la fusée est introduite dans une coulisse ronde.