‹ Essai sur la construction navale des peuples extra-européensChapitre 97 sur 126 · HO ARCHIPEL SANTA-CRUZ · texte numérisé non relu

HO ARCHIPEL SANTA-CRUZ

ses habitants. Ceux-ci, appartenant à la race noire du grand Océan, présentent beaucoup de ressemblances avec les nègres d'Afrique, mais sont moins paresseux; ils paraissent aimer la navigation et construisent des pirogues qui ne le cèdent que pour la grandeur à celles des autres archipels.

Le corps (pi. n4,/?g- ', 2, 3, 4» 5 et 6) est formé d'une seule pièce presque cylindrique, tant sa partie supérieure est arrondie, comme le montre la section faite en Ali; ses extrémités sont un peu relevées en pointe, plates en dessus où se trouvent quelques rainures. Il est percé par une longue fente n n (fig. 5), tellement étroite que les hommes qui s'y placent pour pagayer sont obligés de croiser les jambes, et, lorsque la pirogue doit prendre la mer, cette fente est couverte par des plaques dd (fig. 2), tenues par un amarrage qui les perce et embrasse deux petites traverses, dont l'uneest mise eu dessus, tandis que l'autre appuie en dessous sur les bords de la fente, comme on le voit sur la section en A B. Elles empêchent l'eau d'entrer, ainsi que les leviers, qui, ayant une très-grande hauteur, forment une espèce de chambre avec les planches verticales /; (fig- &) ; celles-ci reposent sur le bord d'une ouverture plus large que la fente pratiquée au milieu de la pirogue, et le tout forme une écoutille à hiloires élevés. Toutes ces pièces sont joiules par des attaches, et les leviers, maintenus par des amarrages passés dans des trous et sous des traverses // (fig. G), sont minces, polis, bien faits et se relèvent du côté du vent, où ils sont réunis par une planche k k, et par une plate-forme de lattes attachées sur des traverses. Le balancier leur est joint par quatre longues tiges obliques o o, qui se projettent au loin et y sont enfoncées, ainsi qu'une tige o o', entrant dans le dessous du levier, tandis que les autres sont amarrées sur ses côtés. Celte 1 éunion manque de solidité à cause du peu d eloignement des leviers, et, pour la fortifier, il y a toujours une ou deux tiges, partant de chaque côté de la plateforme, qui vont se lier au balancier, l'une directement, en n, et l'autre au moyen d'un piquet m; elles ont l'air de pattes d'araignée et sont disposées d'une manière tout à fait inverse de la plate-forme des Pros carolins. Des traverses placées sur les leviers et de longs amarrages les lient entre elles et ajoutent un peu de solidité à cet échafaudage que l'on entend craquer lorsque la vague imprime au balancier un mouvement différent de celui de la pirogue.

On trouve aussi à Va ni ko ro la plate-forme de sous le vent ; elle est formée d'une claie en lattes plates attachées sur plusieurs tiges reposant sur une planche longitudinale g g, fixée sur l'extrémité des leviers qui débordent sous le vent ; les deux tiges extrêmes , prolongées jusqu'à la planche du vent k k , ont en dessous une tringle qui soutient les autres branches de la claie. Cette plate-forme ne peut avoir ici la même utilité qu'aux îles Carolines, àcause de la disposition difierenle.de la voile, soutenue par une drisse passée dans uu trou au bout du mât; la base de celui-ci se termine en fourche et repose en e sur le soutien de la claie du vent ou sur un des leviers; il est très-oblique et retombe de lui-même lorsque la voile n'est pas hissée; il est tenu par quatre ou cinq haubans fixés à une cheville c (fig. 1) et attachés au vent et sous le vent sur les deux plates-formes. La voile, trèséchancrée (pi. n5), d'une forme élégante, est en nattes très-fines, réunies par deux coutures plates comme les nôtres, et ses angles supérieurs sont ornés de feuilles de latanier; elle est liée à deux vergues en bambous jointes par un amarrage ; la pi us haute, qui entre dans la fente de la pirogue lorsqu'elle est découverte, est retenue par une traverse placée à l'angle à o'",20 de son extrémité; mais, dans le cas contraire, elle est attachée à une petite pièce a, enfoncée sur le bout de la dernière plaque dd. La drisse et l'écoute sont fixées très-bas, de sorte que la voile doit faire beaucoup d'effort par le haut. Parmi les petites pirogues du grand Océan, il en est peu d'aussi bien disposées : elles peuvent affronter une mer assez grosse sans craindre d'être submergées, puisque leur écoutille est très-élevée, et elles paraissent bien marcher à la voile, mais avoir quelque peine à gouverner, car il nous a semblé que l'homme placé sur la plate-forme était trop éloigné de l'arrière pour tenir en route et qu'il était souvent obligé de changer sa pagaie de côté. Ces pirogues n'ont pas, à bien dire, de manière de virer de bord, et leur voilure se démonte pour changer d'amures; elles marchent beaucoup moins bien à la pagaie (fig. 3), et, lorsqu'elles sont couvertes, les hommes sont obligés de s'accroupir sur les plaques. Pendant notre séjour à Vanikoro, celles de Tévai

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