OBSERVATION PREMIÈRE
Forme ambulatorre.
V..., soldat au 13° chasseurs à cheval, entré d'urgence le 26 juillet, à cinq heures du soir. Il vient à pied du camp, environ à 300 mètres de l’ambulance. Depuis huit jours, dit-il, il a de la céphalalgie, de l’inappétence, de la diarrhée et une soif vive. Pendant la nuit qu'il a passée à l’ambulance, il s'est levé deux fois pour aller, sans le secours de personne, aux cabinets d’aisance. Le matin, à six heures, il se lève de nouveau pour se diriger au même endroit, et tombe mort à l'entrée de la tente. A l’autopsie, on trouve l'intestin avec plaques ulcérées sur une longueur d’un mètre.
OBSERVATION II Forme foudroyante.
Auguste Pierre entre le 28, meurt le 29, à midi, ayant continué à faire son service jusqu'au 27. Depuis quelques jours, il avait, dit-il, de l’inappétence, se sentant mal à l'aise. Le matin, sa tête était lourde, et le soir il avait de la céphalalgie avec rêvasseries, dans la nuit; les symptômes duraient depuis cinq jours. La dernière nuit, il présenta de l'agitation, se leva et marcha dans sa tente, sans but déterminé. Au réveil, il voulut prendre son service comme tout le monde; mais, en se levant, sa tête lui tourna, et on dût l'envoyer {à l'ambulance sur un brancard, dans un état de prostration complète, le faciès immobile et le regard hébété. Les pommettes sont d’un rouge foncé, la langue rugueuse, sèche et fendillée. Il répond difficilement aux questions qu’on lui pose. Il n’accuse de la douleur que lorsqu'on presse sur la fosse iliaque droite. Cependant le ventre n’est pas ballonné. Pouls à 128. Dans la soirée, perte de connaissance complète, carphologie et selles involontaires. Grande agitation toute la nuit. Il meurt presque subitement, à midi.
MÉDOE
— À l'autopsie, nombreuses plaques ulcérées sur l'intestin.
OBSERVATION III Forme cérébro-spinale.
Delh..., entre le 3 juillet, meurt le 26.
Depuis une quinzaine de jours, cet homme ressentait de la courbature, des douleurs générales, et avait souvent un violent mal de tête ; depuis trois jours, ses nuits se passent sans sommeil, agitées par des cauchemars.
Il est transporté à l'ambulance sur un brancard ; l'aspect du malade dénote un état grave; la face est stupide, l'intelligence obtuse; il répond difficilement aux questions qu'on lui adresse; sa langue est sèche, rugueuse, le ventre ballonné, les selles sont liquides.
24. La nuit a été très agitée; elle s’est passée sans sommeil. Nous trouvons le malade comme au milieu d’un rêve, prononçant quelques mots incohérents, cherchant sur son lit un objet insaisissable. A l'appel de son nom, il nous regarde d’un air hébété et ne peut répondre aux questions que nous lui adressons. La langue est sèche, noirâtre. Il existe une rigidité cervicale très prononcée que nous constatons en cherchant à fléchir ou à tourner la tête. Les selles sont involontaires; pouls, 124.
25. Le matin, le malade a les extrémités froides, violacées ; la face est cyanosée, le pouls est filiforme. On perçoit à distance le râle trachéal, précurseur de la mort. Il meurt dans la journée.
A l’autopsie, on ne trouve que quelques ulcérations près du cœcum, avec tuméfactien des follieules clos.