‹ Essai sur la Fièvre TyphoïdeChapitre 17 sur 35 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

Forme hémorragique et abcès de la rate.

Molin (Pierre), entré le 10 septembre, décédé le 20 du même mois.

Cet homme est resté trois mois à Sidi- Youssef, frontière de la Tunisie et localité très marécageuse. Toute la compagnie que le régiment y avait laissée, lors de la marche de la brigade Logerot sur le Kef, avait subi les atteintes plus ou moins réitérées du miasme paludéen. Lui-même a présenté de nombreux accès de fièvre. Il n’a jamais été malade avant son incorporation et son séjour en Tunisie.

Il entre à l’ambulance dans un état d’anémie complet. Fatigue rapide et besoin impérieux de repos. Intelligence assez obtuse. La surface de son corps est couverte de pétéchies ; on en constate particulièrement sur la face et sur les membres inférieurs. Il existe de l’œdème aux malléoles et sur les testicules. Malgré quelques accès de toux, on ne trouve aucun bruit morbide dans la cavité thoracique. Cependant, à la base du cœur et au premier temps, souffle moelleux, anémique, selon toute probabilité. Par ailleurs, inappétence, diarrhée, accès fébrile le soir. Ventre douloureux au lieu d'élection. Le 14 septembre, peu d'amélioration, abondante épistaxis dans la nuit. La diarrhée persiste.

16. Nouvelle épistaxis, tristesse et abattement du malade; indifférence pour tout ce qui l'entoure; céphalalgie, bourdonnements des oreilles, lipothymies; aux moindres mouvements, insomnie fatigante. Il accuse, pour la première fois, une douleur profonde dans l’hypocondre gauche. On constate que la rate est volumineuse(11 centimètres par percussion). Toujours même bruit de souffle à la base du cœur.

17. La douleur à la région de la rate est plus vive qu’hier. Nouvelle épistaxis et interorrhagie. Les gencives et la langue sont recouvertes d’un enduit brunâtre, indice également d’une hémorragie capillaire de ce côté. Soif très vive.

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