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REKIHQUB SUR L'ACCORD DE SEPTIËIE DE DOMINANTE

299. Il semble que la plupart des harmonistes considèrent l'accord sol si ré fa comme rattachant toujours au ton de do ('), quelle que soit sa disposition.

En réalité, la série de notes dont il s'agit rattache habituellement à do pour les raisons indiquées plus haut {\o'\x Dissonance, n" 208) et parce que très souvent le groupement des notes conduit à considérer sol si ré comme formant échelle ; dès lors, la tierce si ré étant prise pour tierce d'échelle ((}, la tierce ré fa est prise pour tierce de raccordement (C), d'où le rattachement à do. Mais, avec certaines dispositions telles que la suivante :

on est porté k considérer ré fa comme formant une tierce ordinaire ou tierce d'échelle (()■ tandis que l'intervalle sol ré ne s'impose plus comme quinte (*): on peut donc très facilement attribuer à la sérïisolsi ré fa, non plus la constitution qu'elle a dans le ton de do, savoir T 1 1', mais bien celle de T /' ( quelle a dans le ton de la, d'où le rattachement à ce dernier ton :

C) En réoUU', les linrninuistt's [ic tiidtent piis de fois nous verrons plu» loin t|ue co qu'ils étuiiient s< avec les rattachements. {Voir vi-après n> 319.}

( ' ) L'intervalle $ol ré, qui vnut cïactemcDl une qi le Ion de la mineur {voir 7* l'arlîe, /iitervalUs)-

të ili-»igné ici sous lo nom rie raltac/iemenli . Tonto- 11 du résolutions régulières n'est p»s sanf niialogie

. — BATTAGIIEIISNTS.

ARTICLE II. — Attractions mnsieales.

300. Oq éprouve souvent, aussi bien dans les nitlachements ijuaii cours de la composidOQ musicale, certaines tendances instinctives à faire marcher les parties dans un sens déterminé, ou à porter la mélodie sur telle note, ou à résoudre une dissonance sur telle échelle, etc.

Pour expliquer ces tendances instinctives, qui sont très réelles, les théoriciens admettent ordinairement qu'il existe en musique certaines attractions dont les plus fréquemment invoquées sont, d'une part, l'attraction entre les degrés de la gamme dont l'intervalle n'est que d'un demi-ton et, d'autre part, la propension qu'auraient les notes dissonantes k résoudre en descendant d'un degré, exception faite toutefois pour la note sensible, laquelle éprouverait une tendance spéciale à résoudre par une marche inverse, ascendante vers la tonique.

Cette façon d'interpréter les faits ne satisfait pas plus l'esprit que la théorie du Bachelier de Molière, expliquant que l'opium fait dormir :

« Quia est in eo

» Vilus doriniliva

0 CuJQS est natura

n S«D SU S assoupi re u.

11 semble que lei^ tendances instinctives ou attractions que nous éprouvons sont de simples conséquences de ce qui a été établi antérieurement, et peuvent s'expliquer sans avoir à admetti-e aucun principe nouveau ni aucune hypothèse sur l'existence de forces attractives spéciales, de nature inconnue.

SOI . A titre d'exemple, considérons les sons :

Si (Hi tes entend ex abrupto, et si on les interprète dans le ton de do, on tendra à rattacher en résolvant snr do mi, c'est-à-dire sur les deux demi-tons conjoints :

Si l'on entend /(7 si dans les mêmes conditions, on tendra à rattacher en résolvant sur mi do, c'est-à-dire encore sur les deux demi-tons conjoints :

De sorte qu'en résumé, si l'on entend les sons si /a en les interprétant dans un ton quelconque (soit comme si /a, soil comme si mif, soit comme do'j fa), on résoudra instinctivement de l'une des façons suivantes (') :

rllAPITRE VI. — REHARQUES DIVERSES. 199

c'est-à-dire intérieurement ou exlériourement, mais toujours sur les demi-tons conjoints, Dans cet exemple, comme dans bien d'autres, les faits sont donc conformes aux trois pseudo-lois d'attraction rapportées plus haut.

302. Mais il est aisé de voir que ces faits peuvent s'expliquer sans admettre aucune loi nouvelle :

Les sons si fa entendus ex abrupto formant un ensemble dissonant (intervalle complexe), notre amour des rapports simples explique notre double tendance :

1° A substituer la consonance à la dissonance, c'est<à-dire à exécuter une résolution ; a" A rattacher les sons entendus à la note de référence par rapport à laquelle ils s'expriment par les fractions les plus simples, c'est-à-dire, par exemple, au ton de do :

Cette double tendance sera évidemment satisfaite si les parties se portent de si et de /a vers des degrés appartenant à l'échelle tonique du ton de do. Et, comme il s'agît uniquement de rattacher le plus simplement possible, sans avoir à exprimer aucune idée musicale particulière, les parties rallieront l'échelle tonique par le plus court chemin, c'est-àdire eu franchissant les intervalles si do et fa mi, dont chacun vaut seulement un demi-ton :

Fig. sfî.

jrita^^AtXei I

Nous constatons donc que ce rattachement, bien qu'elTectué conformément aux principes généraux exposés dans les chapitres précédents, • a l'air n cependant de s'être exécuté sous l'influence d'une attraction spéciale qui existerait entre les demi-tons de la gamme.

303. De même, si les notes proposées sont do sol do fa, nous tendrons à rattacher à do et à résoudre ainsi :

parce que, grâce à cet unique et minime mouvement de la partie supérieure, nous obtenons à la fois la résolution (retour à la consonance) et le rattachement (retour à l'échelle tonique). Le mouvement de /a vers nu est donc une conséquence des principes déjà exposés; néanmoins tout se passe comme si ce mouvement était régi, soit par l'attraction hypothétique entre les demi-tons de la gamme, soit par la tendance supposée à résoudre les dissonances en descendant d'un degré.

lO» cmQVlBME PARTIE. — RATTACHE H BM3.

304. De mùme encore, si nous considérons les appogiatures suivantes :

on voit que tout se passe comme si la noie dissonante avait une marche contrainte consistant à descendre d'un degré, à l'exception de la note sensible qui devraît, comme on dit, monter à la tonique.

Mais it est inutile d'admettre ces pseudo-lois, notamment celle qui régirait la marche de la note sensible, car le mouvement de si vers do, bien qu'ascendant, résulte simplement, comme dans le cas précédent, de notre tendance à rallier l'échelle tonique par le mouvement le plus simple possible.

305. Il semble qu'en raisonnant comme dans les exemples précédents, le lecteur réussira facilement îi reconnaître la cause réelle des attractions ou tendances instinctives qu'il aura pu éprouver. A.11 surplus, il trouvera dans les paragraphes suivants quelques renseignements sur les attractions qui s'exercent dans le rattachement d'un groupe de sons entendus ex abrupto, puis sur les attractions que l'on éprouve souvent au cours de la composition musicale, et endn sur la non-réciprocité de certaines attractions el afûnités.

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