RÉAPPARITION FORTUITE D'INTERMÉDIAIRES SLPPRIMÉS
675. Lorsqu'on module d'emblée par une parenté du second degré, cela tient souvent à ce qu'on a envisagé par la pensée, et sans l'employer elTectivement, l'échelon de parenté intermédiaire; ainsi, lorsqu'on module d'un ton majeur à un autre ton majeur situé à une tierce majeure plus bas, la pensée musicale peut s'être déroulée par un processus tel que celui du cas suivant :
Etant dans un certain ton, en ré majeur par exemple, en prendre le contremode, mais par la pensée seulement et sans l'employer effectivement ; celte opération ayant fourni ré mineur, se porter sur le corrélatif de ce ton, soit sur si\^ majeur : on voit qu'on a ainsi passé du ton donné à son fauxcorrélatif, c'est-à-dire au corrélatif de son contre, mais sans faire usage de ce dernier; or, il arrive quelquefois que ce contre, jusqu'ici sousentendu, vient à reparaître bientôt d'une facjon effective.
676. Dans le Sigurd de Reyer, acte I, scène V (page lao de l'édition Hartmann), on en trouvera un exemple où les tons employés sont précisément ceux qui viennent d'être utilisés pour l'explication précédente : à son arrivée devant Gunther, Sigurd salue ce prince dans dix mesures formulées en ré majeur, et se terminant sur l'accord parfait de ce ton. Puis Sigurd adresse àGunther un défi commençant par ces mots :
Je viens te défier, Giinllier, et me soumettre Le domaine opulent dont le ciel t'a fait maître.
Sigurd attaque ce défi dans le ton de si^ majeur, fauxcorrélatif de ré majeur, sousentendant ainsi le contre, ré mineur; mais ce contre apparaît bientôt, et c'est en ré mineur que Sigurd chante la fin du premier des deux vers qui viennent d'être cités.