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CHAPITRE II. — ANALYSE MUSICALE

précédé de l'accord de la dominante ou de l'accord de septième ou de neuvième de dominante.

764. Il est naturel qu'il en soit ainsi; en effet, les notes dont est composé un morceau de musique n'ont pas pour ainsi dire d'existence propre; elles n'ont de signification qu'en raison de leurs rapports plus ou moins simples à la tonique. Puisque c'est vers celle-ci que tout converge, il faudra, pour que la phrase musicale semble présenter un sens achevé, que sa cadence finale soit faite, savoir : dans la mélodie, sur la tonique, et, dans l'harmonie, sur l'échelle tonique.

Mais, de même que le compositeur est amené à faire son dernier accord (une ou plusieurs fois répété) sur l'échelle tonique de la gamme, c'est-à-dire sur l'harmonie qui forme avec la tonique les rapports les plus simples, de même il sera conduit à employer pour avant-dernière harmonie celle qui est la plus simple après l'harmonie tonique, ou celle qui annonce le mieux la tonique et rattache le plus énergiquement à elle. Or, les harmonies remplissant ces conditions sont précisément celle de l'échelle dominante, ou bien le mélange de cette échelle et de la dominée (l'échelle dominante étant généralement prise, s'il s'agit du mode mineur, dans une variante de genre alternant ou orné) ('). Il est donc tout naturel que les musiciens terminent d'instinct la plupart de leurs compositions par l'accord tonique précédé de l'harmonie de la dominante employée seule ou en combinaison avec la dominée.

g. — RÈGLES EMPIRIQUES DE M. JOSSET.

765. Dans sa très intéressante Encyclopédie Musicale, M. Josset énonce les quatre règles suivantes, qu'il donne comme ayant une origine empirique, mais n'en étant pas moins applicables quatre fois sur cinq {Conservatoire de l'avenir, p. 49 de l'édition Grus, Paris) :

Première règle : « S'il y a un intervalle de quarte dans un accord ou dans une mélodie, la note supérieure de cette quarte indique l'accord. »

Deuxième règle : « S'il y a un intervalle de quinte dans un accord ou dans une mélodie, la note inférieure de la quinte indique l'accord. »

Troisième règle : « S'il y a un accident ou une altération quelconque dans un accord ou dans une mélodie, la tierce au-dessous de cet accident indique l'accord. »

Quatrième règle : « S'il y a un intervalle de seconde dans un accord, la note supéi'ieure indique l'accord. »

766. Il est facile de voir pourquoi ces règles sont très fréquemment applicables, mais ne le sont pas toujours.

767. Première règle. — Si les deux notes distantes de quarte forment une harmonie consonante, elles appartiennent à une même échelle; dès lors, celle-ci peut servir d'accompagnement à la mélodie; et, comme sa base n'est autre que le sommet de la quarte, on peut dire que la note supérieure de la quarte indique l'accord.

768. Deuxième règle. — Si les deux notes distantes de quinte forment une harmonie consonante, elles appartiennent à une même échelle. Celle-ci pouvant servir d'accompagnement à la mélodie et ayant pour base la note inférieure de la quinte, on peut dire que cette dernière note indique l'accord.

(') La raison pour laquelle on a génuiaicmciit recours à ces variantes a été exiiosce plus haut (Uallachement.t,

4'o NEIVIEME PARTIE. — APPLICATIONS MUSICALES.

769. Troisième rèitLe. — Lorsque la note accidentée est médiante dans son échelle, la base de celle-ci n'est autre que la tierce au-dessous de l'accident; dès lors on peut dire que cette dernière note indique l'accord. Pour expliquer la présente règle, il suffit donc de faire voir que, très souvent, la note accidentée est médiante de l'échelle à laquelle elle appartient; pour y parvenir, observons que les accidents apparaissent seulement en cas d'oscillations ou modulations épisodiques, et considérons une à une les principales façons de moduler.

Homotonie. — Des gammes homotoniques ne différant que par le mode de leurs échelles constitutives, l'homotonie ne peut introduire d'accidents que sur les médiantes.

Équiarmure. — La modulation par équiarmure n'introduit en principe aucun accident; toutefois, si l'on utilise un équiarmé en modifiant son genre (ou même son mode), on se trouve amené à employer des signes d'altération; mais ceux-ci portent exclusivement sur les médiantes d'échelles.

Voisinage. — Si l'on module par survoisinage, sans aller à plus de trois quintes au delà du ton d'origine, les bases et sommets d'échelles restent sans altération, au moins en

mib sil» fa do sol ré la mi si fat* dott I I 1 I I .1 I i j I I

do la

apparence, et les accidents ne peuvent par suite atTecter que les médiantes d'échelles: mais il n'en est plus forcément ainsi lorsqu'on module, soit par survoisinage au delà de trois quintes, soit par sousvoisinage, ne fût-ce qu'à une seule quinte; dans ces deux derniers cas, il est possible (mais non nécessaire) que les notes accidentées ne soient plus médiantes d'échelles.

Connexion. — La connexion englobe deux cas, la relation et la corrélation. La relation rentre dans le cas de l'équiarmure, déjà examiné, et ne peut par suite introduire d'accident que sur les médiantes. Pour la corrélation, considérons par exemple le champ néant :

Fif.'. 399.

fa, corrélatif de la

do mi sol SI re fatt

m i , carrela (if de d o

On voit que mi, corrélatif de do, porte un accident au sommet de son échelle dominante, et que/«, corrélatif de la, porte un accident à la base de son échelle dominée; il peut donc se produire quelques cas où l'accident affectera une note n'étant pas médiante dans son échelle.

Conclusion. — Presque toujours, les notes recevant des accidents sont médiantes dans leur échelle, ce qui justifie la troisième règle de M. Josset (').

(' ) On pourrait aussi conclure de l'analyse précédente que, quand la troisième règle est en défaut, l'accord doit habituellement être fait, savoir : sur la note accidentée, si l'accident est un bémol (ou un bécarre de dièso); à une quinte plus bas que la note accidentée, si l'accident est un dièso (ou un bécarre de bémol).

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