‹ Essai sur la libertéChapitre 6 sur 32 · INSTINCT DE SYMPATHIE · texte numérisé non relu

INSTINCT DE SYMPATHIE

« L'homme, en un mot, n'est homme que parce qu'il ;i su su réunir à l'homme. »

BUPFOK.

L'instinct de sympathie, qui s'éveille dans l'homme si promplement après l'instinct de conservation, le met en rapport avec l'ensemble des choses, mais spécialement avec son semblable. L'attrait qui le rapproche des autres êtres, el surtout des animaux susceptibles d'éducation domestique, est souvent très-vif; toutefois il

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n'entre en communication intime et complète qu'avec la créature libre au même degré que lui, avec l'homme, son égal dans la hiérarchie terrestre, au moyen du langage, expression suprême de la liberté.

(i'est par lui et avec lui, en vertu de la l'acuité qu'il a reçue de s'identifier avec tous les sentiments et toutes les pensées et de se transporter par la mémoire et l'imagination à travers l'espace et la durée dans tous les lieux, chez tous les peuples, qu'il arrive à une complète conscience de soi et prend véritablement possession de la vie. Sans le développement collectif de la famille et de la société, la nature humaine rotait imparfaite; car, non-seulement l'homme isolé n'eût pas inventé cette multitude d'instruments et de machines qui ont centuplé la force et la subtilité de ses organes, non-seulement il n'aurait jamais traversé les mers, dirigé la foudre, calcule la marche des astres, connu le globe et soumis à

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