AVERTISSEMENT
Îc y à quelques années, une académie de province (l'Académie des Jeux Floraux) proposa pour sujet d’un prix littéraire laquestion suivante :« Quels sont les » caractères distinctifs de la littérature à laquelle on a » donné le nom de Romantique , et quelles ressources
» pourroit-elle offrir à la littérature classique ? »
L’écrit qu’on va lire fut rédigé dans l'intention d’être envoyé au concours , mais le temps manqua à l’auteur, qui, en donnant à la question proposée une solution qu'il jugeoit lui-même devoir s’écarter d’une opinion généralement reçue, crut nécessaire d’entrer dans des développemens qui seuls pouvoient justifier la sienne, et ces développemens le mirent dans l'impossibilité de terminer son ouvrage avant le terme prescrit.
À cette époque en effet (en 1820), quelques unes des idées que cet écrit renferme, pouvoient paroître non seulement neuves, mais paradoxales. Depuis lors, les réflexions des gens de lettres, en se tournant vers cette partie de la littérature, y ontapporté de nouvelles
lumières et ont préparé la tâche de l’auteur. C’est
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la conformité qu'il.a cru remarquer entre ses idées*et celles de plusieurs d’entre eux, qui l’engage aujourd'hui à soumettre son jugement au public. II Va laissé tel qu'il fut conçu à cette première époque; et, quel que soit le sort qui l’attende, son but ne sera point manqué, Si, en appelant sur le sujet qu’iltraite les méditations des hommes éclairés, il contribue’ à hâter la solution d’une question liée désormais aux progrès de notre littérature, et qui n’est peut-être pas étrangère à nos intérêts politiques.
Juillet 1824.